L’affreux style Garcia

24
avril
2017

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Catégorie : Ligue 1

Garcia

Le festival au Vélodrome face à Saint-Etienne n’était donc qu’une parenthèse enchantée dans une période bien morose pour l’Olympique de Marseille. Quatre matchs nuls (dont trois 0-0) sur les cinq derniers matchs et voilà les Ciel et Blanc qui avancent au ralenti regardant la 5ème place s’éloigner inexorablement à chaque victoire bordelaise. Les voilà en effet à trois points du club au scapulaire. Il est vrai que les Phocéens conservent leur destin entre leurs mains – entre leurs pieds plutôt – puisqu’ils iront affronter les Marine et Blanc à Bordeaux lors de la 37ème journée. Mais, dans la mesure où la dernière fois que l’OM s’est imposé sur les bords de la Garonne le Christ était encore vivant, il est fort possible que cette série catastrophique de matchs nuls face à des équipes bien faibles (Lille, Dijon, Toulouse, Nancy) aient raison des velléités de 5ème place sur les bords de la Méditerranée.

Malgré les dénégations communes de Jacques-Henri Eyraud et de Rudi Garcia, ne pas terminer à la 5ème place et, a fortiori, ne pas être européen la saison prochaine serait un échec monumental pour notre club. Notre effectif n’est, en effet, pas inférieur à ceux de Bordeaux et de Saint-Etienne (ou même de Nantes quand on voit la remontée spectaculaire qui est celle des Canaris depuis l’arrivée de Conceicão). En ce sens, ne pas être qualifié pour la Ligue Europa serait à la fois un échec sur la saison mais également une bien piètre manière de lancer le fameux « OM Champions Project » n’en déplaise au président et à ses adulateurs. Sur les réseaux sociaux je me suis déjà largement épanché sur ce que je considère être les limites tactiques du sieur Rudi Garcia mais dans ce billet je voudrais parler d’autre chose (je laisse à Monsieur Garcia le bénéfice du doute et le jugerai de manière juste la saison prochaine) : sa communication désastreuse et pitoyable depuis son arrivée au club.

Ambition où t’es ?

« Il ne peut [le verre] être qu’à moitié plein » ; « ça fait un but encaissé en 5 matchs ». Ces deux phrases ont été prononcées par notre entraîneur vendredi soir à la sortie d’un piètre match nul face au 17ème de Ligue 1. Cette sortie, si elle est déroutante au vu du match, est loin d’être un fait isolé de sa part . Depuis son arrivée, en effet, Garcia est coutumier de ces phrases qui dénotent un manque d’ambition criant. De la même manière après le piteux 0-0 au Stadium de Toulouse, il avait expliqué que le match était meilleur que les matchs précédents et qu’il fallait voir le bon côté des choses. Rudi Garcia ne semble pas avoir pris la mesure du club dans lequel il a mis les pieds. Il serait grand temps que quelqu’un lui dise que l’on ne se satisfait pas de miteux 0-0 entrecoupés d’un festival tombé là inopinément.

Vendredi nous avons concédé notre huitième 0-0 de la saison, record européen en la matière et Garcia n’a pas semblé le moins du monde alarmé d’avoir concédé un nouveau match nul contre le 17ème de ce championnat après l’avoir fait face aux 11, 12 et 18ème. Jusqu’à la semaine dernière et la victoire contre l’ASSE nous n’avions pas encore battu un membre du top 7 mais à écouter les déclarations de entraineur tout allait bien Madame la Marquise. Si ce manque d’ambition criant s’arrêtait à des conférences de presse d’après-match insipides le mal ne serait pas aussi profond. Non content de nous prendre pour des idiots après chaque contre-performance, Garcia s’est récemment permis de dire que la qualification en Ligue Europa aboutirait à des résultats moindres en championnat. C’est, en somme, la sempiternelle antienne du coach français que nous a sortis Garcia en conférence de presse. Peut-être faudrait-il que notre cher entraineur se réveille pour de bon et, s’il n’est pas prêt à jouer sur plusieurs tableaux, qu’il s’en aille rapidement afin de laisser un entraineur doté d’un autre état d’esprit s’installer sur le banc.

« L’enfer c’est les autres »

Toujours après le match de vendredi soir, Garcia a affirmé au micro d’OM Tv qu’il « [était] temps que l’arbitrage vidéo soit mis en place » pour « aider les arbitres ». Là encore notre coach a été fidèle à lui-même dans sa critique effrénée de l’arbitrage et ses jérémiades quasi-hebdomadaires. Dans Huis-clos, Jean-Paul Sartre écrit cette phrase demeurée à la fois célèbre et très souvent incomprise : « L’enfer, c’est les autres ». Pour beaucoup, ladite phrase signifie que le mal vient d’autrui et surtout pas de soi. En ce sens, l’attitude de Calimero adoptée à longueur de temps par Garcia revient, pour lui, à dire que l’enfer c’est bel et bien les autres. Pourtant, si l’on s’intéresse de plus près à la phrase de Sartre on se rend rapidement compte qu’elle n’aboutit pas à accuser autrui d’être le mal. S’insérant dans toute la philosophie sartrienne, la phrase « l’enfer, c’est les autres » signifie bien plus que c’est le regard d’autrui qui crée l’enfer de telle sorte que la même action exécutée devant une personne devient honteuse alors même qu’elle ne nous dérange aucunement si personne n’est au courant. Dès lors, « l’enfer, c’est les autres » explicite le fait que c’est par la médiation d’autrui que l’on se rend compte de nos fautes. Il faut croire que Rudi Garcia n’a pas lu cette pièce.

Si l’on accepte cette définition alors je suis fondé à dire que pour Garcia l’enfer c’est bel et bien les autres dans la mesure où son ridicule est perceptible en regard d’autres entraineurs qui ne se cherchent pas d’excuse à longueur de temps. D’autant plus que la critique de l’arbitrage que Rudi Garcia fait presque à chaque match sans victoire est parfois plus que ridicule. On se rappelle qu’après la réception de Monaco au cours de laquelle nous avions été surclassés, il avait tout de même trouvé le culot de venir fustiger l’arbitrage en conférence de presse. Il ne faut toutefois pas croire que l’arbitrage est le seul à subir les foudres de Garcia lorsque les choses ne se déroulent pas comme prévu. L’entraineur n’hésite en effet pas à charger ses joueurs quand ça ne se passe pas bien ou même à oser dire, comme il l’a fait récemment, que le groupe ne vivait ensemble que depuis quelques mois. Ce tableau bien peu glorieux et tous ces exemples convergent en réalité vers un même point de fuite : Rudi Garcia n’assume jamais, absolument jamais, ses responsabilités. Quand ce n’est pas la faute de l’arbitre c’est celle de ses joueurs et quand ce n’est pas celle de ses joueurs c’est celle de la faute à pas de chance. Finalement, ces mots peuvent paraître cruels mais il me semble malheureusement justes, Rudi Garcia n’est rien d’autre qu’un Michel nouvelle génération.

A l’arrivée de Garcia on nous avait dit que nous verrions rapidement son style s’imposer, il était alors question de voir la patte Garcia. Plus de six mois après son arrivée force est de constater que sur le terrain ce style a bien du mal à se rendre visible. En revanche, s’il y a bien un domaine où Garcia semble imposer peu à peu son style – à mon plus grand désespoir – c’est dans la communication et dans les jérémiades. Vendredi soir Lopez a chouiné après l’arbitrage au micro de Bein Sport et partout dans la ville et sur les réseaux sociaux commencent à pulluler les analyses frileuses et chouineuses qui avaient presque disparu lors de la saison Bielsa. Amis supporters, tâchons de ne pas tomber dans la versatilité et gardons la tête haute en même temps que notre ambition. Le salut est à ce prix.

Auteur : Marwen Belkaïd

Qui a dit que le foot et la culture étaient antinomiques ? Mon (humble) ambition est de réunir Camus, Jaurès et Shankly et de montrer que non le foot n'est pas un monde de débiles et de brutes

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  • Radagast

    Bel exemple d’article à charge.

    “Notre effectif n’est, en effet, pas inférieur à ceux de Bordeaux et de Saint-Etienne “….
    Pour rappel en début de saison la très grande majorité des observateurs , supporters Marseillais compris, prévoyaient une saison à lutter pour le maintien, un dénouement dans le ventre mou au mieux….
    Payet et Sanson auraient-ils suffit à transformer l’effectif décadent de l’om prétendent aux places européennes?
    Je crois plutôt que vous cherchez à revisiter l’histoire pour étayer votre point de vue.
    Il est un peu facile actuellement de parler de catastrophe en cas de participation à une coupe d’Europe, on ne parle pas de la très lucrative C1 mais de l’Europa dont les dotations sont quasiment anecdotique.
    Être déçu oui, remettre le projet en cause pour cette raison non!

    “Rudi Garcia n’est rien d’autre qu’un Michel nouvelle génération.”….
    Là encore c’est une fadaise.
    Michel a passé la quasi intégralité de la saison à expliquer à son auditoire que son effectif n’avait pas la qualité nécessaire pour prétendre jouer l’une des 5 emes places, celui-ci était pourtant en début de saison supérieur à celui de l’actuelle saison (Diarra en forme, Nkoulou , Mendy, Mandanda…).
    Hors très vite , avec des moyens limités Garcia a fait de l’accession à ce top 5 un objectif clair voire une 4 eme place si les planètes étaient alignées.
    Puis l’ami Rudy s’est déjà remis en cause plusieurs fois contrairement à son prédécesseur (CF la défaite à Monaco ou il estime s’être planté) là ou le joyeux ibère n’en faisait rien trop soucieux de préserver son image outre Pyrénées.
    Donc venir comparer deux entraineurs aussi différents tant tactiquement qu’humainement c’est fort de café, j’espère que ce n’est pas Sartre qui vous a soufflé un tel procédé….

    Je vous rejoint tout de même sur la communication de Garcia autour de l’arbitrage, à mon sens cela manque de classe et ce serait plutôt à un dirigeant de relayer la frustration du club devant certaines erreurs qui plombent le bilan de l’équipe.

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