Labrune, l’inéduqué du ballon rond

23
mai
2014

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Catégorie : Ligue 1

Retour sur toutes les décisions abracadabrantesques du président Labrune depuis sa prise de fonction à la tête de l'Olympique de Marseille.

Personne n’a compris. Mais vraiment personne. En marge du dernier match de la saison, Vincent Labrune annonce que le numéro 21 de Souley Diawara sera retiré définitivement. Pourtant, on était le 17 mai, pas le 1er Avril. Souleymane Diawara, le meilleur défenseur du championnat il y a quatre ans et qui depuis s’illustre entre boulettes, blessures et imitations de Patrick Sébastien ? Ce petit bonhomme pas en mousse aurait marqué tant que ça un club qui a vu passé Benbarek, Zatelli, Magnusson, Skoblar, Trésor, Bosquier, Salif Keita, Jairzinho, JPP, Desailly, Waddle, Stojkovic, Fransescoli, Voller, Boli, Cantona, Pirès, Blanc, Barthez, Drogba, Ribéry… On continue, ou ?  Non ? Parce que ça peut continuer ? Non, on va s’arrêter là parce que ça ne rime à rien. Comme cette décision en fait. La énième d’un gars, président du club français le plus populaire mais qui ne pige absolument rien au piedballon.

10 Janvier 2009 : l’interview téléguidée qui pousse Gerets à partir

«Je pars de l’OM à cause de Robert Louis-Dreyfus !». Voilà l’explication qu’Eric le brave donne au peuple marseillais au moment de son départ. Après des mois d’intrigue, l’adoré coach belge explique n’avoir que peu goûté à une interview parue dans l’Equipe du 10 Janvier 2009. Une interview dans laquelle le pourtant pas très bavard RLD mettait la pression à Diouf et son coach. Dans laquelle, il expliquait qu’ils (Diouf et Gerets) avaient choisi des joueurs quand lui voulait Alex et Gourcuff et qu’il faudra qu’ils assument à la fin. Bref, une interview qui ressemble moyen à du RLD.

Encore moins à du RLD dans son lit d’hosto. Ben ouais, le milliardaire suisse était à l’étranger durant cette période au milieu de sérieuses procédures médicales et pas vraiment la tête à son club de foot. Il est de notoriété publique que ces mots étaient ceux du conseiller de la famille et président du conseil de surveillance de l’époque, un certain Vincent L. Une entrée en matière réussie qui, aura peut être coûté le titre (ça, ou le départ poussé de Djibril Cissé en Août) et foutu une belle pagaille dans une institution qui retrouvait enfin de sa splendeur économique et sportive.  Strike one !

22 Juin 2009 : intronisation de Dassier comme président

Après sa guerre médiatique estivale d’avec Diouf qui l’a affiché comme un vil personnage à toute la cité phocéenne, il est hors de question de passer immédiatement dans la lumière. Il lui faut tout de même un président, si possible un gars qu’il pourra manœuvrer tranquillement. Va donc pour Jean-Claude Dassier. Vous auriez mis un patron de PMU à la tête d’une multinationale, vous ? Vince l’a fait.

Le gars respire l’incompétence entre son désir d’inclure le traître Bernès dans l’organigramme, ses déclarations sur la « présidence à l’africaine », sa gestion «ultra rigoureuse» de la masse salariale… Mais le bougre gagne ! Enfin, Deschamps, Lucho, Heinze et… ha tiens Diawara gagnent. Dassier lui, endosse le crédit. Mais n’y comprend toujours rien. C’est quand la réunion de la rédaction ? On a gagné un 7 d’or ?

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Puis le mec qui vient de ramener les titres commence sa guerre larvée avec le gars qui contrôle les tribunes. Qui écouter ? La wine légendaire du coach ou la sournoiserie amateur de l’inutile directeur sportif ? Luis Fabiano ou Gignac ? La vente du capitaine à quelques encablures de la fin du mercato ou pas ? Un coup de bigot de Vince lui rappelle qui faudrait aussi faire gaffe aux finances parce que la moitié des gars sous contrat émergent désormais aux alentours des 200k/mois.  Ben ouais, mais c’est toi qui signe les chèques, Vincent ! Pas moi ! 

Bon, ok, on va faire des économies sur le PQ à la Commanderie (renommé centre RLD…), vendre le vieux Niang, court-circuiter notre entraîneur et prendre Gignac à 18 millions. Il en vaudra bien 30 après sa saison à 50 buts avec nous. 10 mois plus tard, les finances (prospères sous Diouf) sont aux abois. C’est la guerre au club et Vince est obligé de prendre la place de Jean Claude. Such a shame, alors qu’il était tout juste en train d’apprendre l’endroit où les taureaux pissent.

Juin 2011 : Un projet financier, jamais sportif

“J’étais allé discuter avec Dassier. Mais il m’a parlé d’argent, et pas de projet ni de football.” Cette phrase est d’Heinze à propos de son départ de l’OM. Un départ que le guerrier sentait nécessaire alors que le sportif devenait secondaire au club. Sous les ordres de Labrune, les restrictions budgétaires sont à l’ordre du jour. L’argentin laissera un trou béant dans la cohésion de l’équipe. La vraie fin de l’OM de Deschamps.

Vincente, encore une fois n’a rien compris et soulignait, alors, l’exemplarité (financière) de Gaby : “Il a fait un geste exceptionnel, qui n’a pas été assez souligné de mon point de vue. A 33 ans, alors que c’est le plus gros salaire de la Ligue 1 et probablement de l’histoire de notre championnat, qu’il nous fasse cadeau de sa dernière année de contrat… Primo, c’est du jamais-vu, et on ne peut pas dire que tout le monde se comporte comme ça dans notre club ; deuxio, vu la situation financière de l’OM, c’est une bouffée d’oxygéne. D’ailleurs, si on est en mesure aujourd’hui de faire venir Amalfitano et peut-être Diarra, il ne faut pas se raconter d’histoires c’est seulement grâce au comportement de Gabriel Heinze. Un mec unique, un monsieur…”

Yes ! Un Heinze de perdu, un Diarra et un Amalfitano de gagné ! Merci, papa Labrune. Au fait quelqu’un sait pourquoi on utilise encore le 4 de Diarra à Marseille ?

Janvier 2012 :  « Cette saison, il nous a fait gagner quoi ? Le match aller face à l’Olympiakos, c’est tout. »

Du Labrune dans le texte à propos de Lucho après son départ. By the way, un modèle de négociation où le FC Porto ne déboursera pas un centime pour récupérer le joueur le plus cher de l’histoire olympienne ! Yes ! Here comes the wolf of wall street  ! Mais bon, on reste loin de son chef d’oeuvre : Azpilicueta, futur A espagnol vendu à un club pleins aux as (qui lâchait des 20 millions pour des Moses) pour 5M€ effectif et quelques bonus.

Pour en revenir à la citation en question, on touche ici aux cimes de l’expertise footbalistique ! Quelque part entre Luis Fernandez et Francis Lallanne.

Sérieusement, on ne pouvait pas espérer qu’un tel inculte puisse comprendre ce que tout les consultants du CFC n’ont pas pu comprendre (le jeu de l’argentin) en 3 ans mais cette phrase…

Ça ressemble à un truc que votre petite amie qui n’y connait pas grand chose au foot vous dirait . Ou alors votre petit frère de 5 ans qui vient avec vous au stade et qui n’a d’yeux que pour Gignac ou Valbuena. Celui qui marque le but c’est celui qui te fait gagner ? Ben ouais, hein…..

Exit le tampon au coup d’envoi contre Paris, exit le retour en boulet de canon de l’équipe depuis et exit l’incroyable série de défaites suite à son départ… Parce que oui, il dit ça alors que l’équipe est en train de couler.

Mercato 2013 : le projet Dortmund

Passons l’épisode Anigo/Deschamps où il fût incapable de trancher pour finalement s’accrocher à la vermine. Cela résulte plus d’une incompétence managériale que de son manque de connaissance du milieu.

Grisé par cette deuxième place obtenue, comme il le croît, grâce au petit rentier de L1 et à son Tony Soprano local, il se transforme soudain en directeur sportif. Malin comme pas deux, il a regardé la finale de LDC (ou au moins lu le résumé du match dans Le Parisien) et se dit : « Oula, Bayern, j’peux pas faire pareil puis Robert a déjà essayé, ça marche pas. Par contre, Dortmund ? Hé, on a presque le même budget ! Y’a peut être moyen » Ni une, ni deux, son consigliere lui explique : « c’est pas dur, il faut acheter des jeunes français (ingérables) qui coûtent un peu cher maintenant, après boum ! Ils deviennent Lewandowski et ont les revend super cher au Real. Mais pas au Péseugé ? Mon vier, j’ai des principes ! » Il le sent bien ce plan, alors il s’occupe de tout lui même, foutant la merde dans la moitié des clubs de l’hexagone (Lille, Rennes…). Ouais c’est lui qui pose avec Thauvin le dernier jour du mercato. Celui là, à 15 millions, ça doit au moins être une fusion entre Gotze et Reus.

Genau, ils oublient Harry Potter sur le banc et gardent le psychologue Baup. Natürlich ! , Le fiasco prend forme. Scheiße, 0 punkt en LDC ! Le moment pour dire Auf Wiedersehen à Elie (et faire passer le mot que lui, il y croyait pas vraiment au casquetté). Re- Scheiße, ça s’arrange pas, les tribunes grondent, ça sent pas bon, il est même poussé à offrir des congés payés au Maroc à José.  Avant que finalement Gracias a Dios, l’archange Bielsa accepte finalement ses avances…

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Retour sur toutes les décisions abracadabrantesques du président Labrune depuis sa prise de fonction à la tête de l'Olympique de Marseille.

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Mai 2014 : Le grand numéro des numéros

Les tribunes se calment, toute la cité phocéenne attend avec impatience de voir Bielsa. Même la non qualif’ en coupe d’Europe pour la première fois en 10 ans passe comme une lettre à la Poste. Mais voilà, Vince annonce ! Le numéro 21 de Diawara sera retiré définitivement. Une décision qui passe mal notamment chez quelques glorieux anciens comme Di Méco. Réponse de Vince ?

“Que certains anciens ne soient pas contents, je peux le comprendre. Si j’avais été président à leur époque, j’aurais peut-être enlevé leur maillot”

Un truc mêlant le mépris pour cette figure historique du club et les réflexions encore une fois, d’un gamin dans la cour de récré. « Si t’étais avec moi, ben ouais ptet même le tiens de numéro je l’aurai enlevé ». D’ailleurs, il a depuis annoncé que le 28 de Valbuena pourrait aussi être retiré. « Ben quoi, lui je le coze »

Tout le monde espère désormais que Vincent Labrune s’écartera un peu des lumières et laissera à l’argentin et sa clique, la gestion sportive du club. Sa méconnaissance totale des us et coutumes du foot lui font répéter les décisions abracadabrantesques. S’il masque le tout en graissant habilement la patte des journalistes avides de «off», son portrait robot commence tout de même à dangereusement ressembler à une improbable fusion entre Titeuf et Donald Trump. Allez, je sais que c’est pô juste, mais il faut laisser faire les pros maintenant. Si tu veux, il reste quelque gars au club à qui tu peux aller dire « You’re fired ! ».

Auteur : Mourad Aerts

Joue en troubadour sur tout le front de l'attaque. Amoureux du foot et de ce qu'il représente partout dans le monde

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