La retraite des anglais

22
mai
2013

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Catégorie : Europe

paul-scholes-retraite

La saison de Première League bouclée, il est venu le temps des vacances. Prolongée pour certains qui prennent leur retraite. Outre David Beckham, c’est le cas de Paul Scholes, Jamie Carragher et Michael Owen.

Depuis ce week-end, l’Angleterre du football pleure David Beckham, jeune retraité. Mais pas seulement. Hormis Becks, trois autres légendes du football anglais ont décidé de raccrocher les crampons en cette fin de saison : Jamie Carragher le Reds, Paul Scholes le Mancunien et Michael Owen le Ballon d’or. Trois joueurs emblématiques du royaume qui ont une place bien particulière dans l’histoire de la Première League. Hommage.

Jamie Carragher, ministre de la défense à Anfield

Rien qu’en regardant le tifo dressé par les supporters de Liverpool lors de la dernière journée de championnat face aux QPR, on se rend compte de l’importance que Jamie Carragher avait pour eux et le club. En guise d’hommage (et d’adieux), les fans des Reds avait rempli le kop d’Anfield de papiers rouges et blancs pour former un «JC23», les initiales et le numéro du défenseur anglais. Après 21 ans de bons et loyaux et services pour son club de toujours, Carragher se retire le cœur gros comme ça et un palmarès bien garni.

carragher-liverpoolEn 2005, il prend part à cette fameuse finale de Ligue des Champions, où après avoir été mené 3-0 à la mi-temps, Liverpool remporte le sacre aux tirs au but. Carragher n’avait pas frappé dans cette séance fratricide. Ce n’est pas le genre de la personne. Pas très technique, pas au-dessus du lot mais un mental à toutes épreuves et de grosses qualités de batailleur. Représentant du «Fighting spirit» et prototype du bon joueur anglais de club comme on dit chez nous. D’ailleurs, un club, il n’en a connu qu’un. Même s’il est issu d’une famille qui supportait Everton, le voisin ennemi, il intègre le centre de formation de Liverpool dès l’âge de 14 ans. Et il n’a jamais quitté le club pour en devenir au fil des années un taulier, à l’instar de Steven Gerrard, avec qui il représente les valeurs du club.

Avec plus de 500 matchs de Championnat anglais au compteur, Carragher fait partie des cinq joueurs les plus capés en Premier League (avec Ryan Giggs, Gary Speed, David James et Franck Lampard). Seul ombre au tableau : il n’aura jamais remporté le championnat d’Angleterre, terminant deux fois à la seconde place et cinq fois troisième. Preuve de son attachement sans faille au club de la Mersey, Jamie Carragher devrait se voir proposer un poste dans l’organigramme des Reds. Une chose est certaine, il ne marchera jamais seul.

Paul Scholes, The Ginger Genius (le génie roux)

Sir Alex Ferguson vient de quitter son poste de manager de Manchester United. Les spécialistes se sont donc amusés à répertorier les très grands joueurs qu’il  a eu sous sa coupe. Cantona, Beckham, Giggs, Rooney, Ronaldo, Van Nistelrooy, et bien d’autres. La liste est trop longue pour tous les citer. Paul Scholes ne revient que trop peu souvent dans cette catégorie. Et pourtant ! Il devrait sans aucun doute paraître en haut de tous ces noms. Paul Scholes, Fergie’s Fledgling (mômes de Fergie – Alex Ferguson) ne sera jamais reconnu à sa juste valeur.

Sans doute à cause de sa timidité et sa capacité à briller dans l’ombre de ses coéquipiers. Le petit rouquin, véritable box-to-box, est l’un des joueurs les plus importants de Ferguson à Manchester. Si ce n’est le plus… Dépositaire du jeu, il a fait vibrer Old Trafford, le théâtre des rêves à coup de transversales millimétrées, de dribbles chaloupés en plein cœur du jeu et de reprises de volée surpuissantes.  Recruté à quatorze ans par Sir Alex himself, il a été de toutes les campagnes des Reds Devils depuis le début des années 1990. Championnat,  FA Cup, Coupe de la League anglaise, et surtout Ligue Des Champions. Même s’il ne joue pas la finale, il prend part à cette fabuleuse victoire en Ligue des Champions face au Bayern en 1999 (2-1). Cette année-là, membre du monstrueux carré magique de United au milieu de terrain en compagnie de Ryan Giggs, David Beckham et le pitbull Roy Keane, il réalise l’une de ses meilleurs saisons à Manchester et participe activement au triplé des Reds Devils (Premier League, Cup et Champions League). L’Union qui le lie à Ferguson est quasi fusionnelle. En 2012, après six mois de retraite sportive, il rechausse les crampons pour aider l’équipe à la demande du manager Ecossais. Et comme un symbole, ils prennent leur retraite ensemble.

Michael Owen, un canonnier aux jambes de coton

Le 30 juin 1998, en huitième de finale de la Coupe du Monde, un jeune anglais crève l’écran en plantant un but d’anthologie après avoir passé tout la défense argentine en revue, vous n’avez qu’à voir cette vidéo


But d’Owen

Michael Owen, avant-centre de dix-neuf aux qualités de vitesse indéniable entre dans le monde des grands et suscite de nombreux espoirs côté anglais qui voient en lui des qualités digne du roi Pelé, rien que ça ! Les années suivantes confirment ces attentes. Owen martyrise toutes les défenses du Royaume. En 2001, il réalise l’année parfaite avec Liverpool et remporte cinq titres (Coupe UEFA, FA Cup, League Cup, Supercoupe d’Europe et Community Shield). Son chef d’œuvre ? La finale de la Cup. Mené jusqu’à dix minutes de la fin, il offre à lui tout seul le trophée à Liverpool en marquant deux buts face à Arsenal (2-1). C’est donc tout logiquement qu’il glane le Ballon d’Or cette même année. Le souci, c’est qu’il est déjà à l’apogée de sa carrière. A seulement vingt-et-un ans.

Jamais, il ne réussira une saison aussi prolifique que ce soit au Real Madrid, où il signe en 2004, à Newcastle ou à Manchester United. Ses blessures récurrentes et graves ne lui permettent pas de retrouver son niveau d’antan. Qu’importe. Il conserve une énorme cote de popularité outre-Manche. Preuve en est, la réaction des supporters de Stoke City son dernier club, pour son ultime match de football, le week-end dernier. Vous pouvez voir cette pour les cotes sur bwin qui reflètent également ceci. Le principal intéressé en a été étonné lui-même: «Je n’aurais pas pu demander plus. Les supporters de Stoke ont été fantastiques, considérant que je n’ai pas eu beaucoup d’influence cette saison. Je me suis senti privilégié d’avoir reçu ces acclamations.»

Ces trois joueurs sont issus de la même génération et un point commun les rassemble: la sélection anglaise. Et contrairement à leur carrière en clubs qui a été pour les trois très fructueuse, leur parcours avec les Three Lions les laissera sur leur fin.

Pourtant, ce n’est pas le talent qui manquait à cette génération. En compagnie de Gerrard, Lampard, Beckham, Ferdinand, Terry, Rooney et compagnie, ils seront repartis bredouilles dans chacune des grandes compétitions auxquelles ils auront pris part. Les querelles internes, l’instabilité et les problèmes tactiques auront eu raisons de leur talent. Mais quoi qu’il arrive, ils resteront des perdants magnifiques tant ils avaient du talent à revendre…

Auteur : Antoine Raguin

Antoine, aspirant journaliste, amoureux de football et de sports en général et nostalgique de Zizou.

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