La légende des canaris nous a quittés

24
avril
2018

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Catégorie : Editos

Henri-Michel

Alors que le FC Nantes célèbre ses 75 ans d’existence, l’une de ses figures emblématiques vient de nous quitter. Henri Michel, qui avait porté le maillot jaune à 532 reprises, et venait même d’être élu « canari du XI de légende », est décédé ce 24 Avril à Aix-en-Provence, autant dire qu’un monument du football français vient de s’éteindre.

Le « Neymar nantais »

Si la comparaison avec le néo-parisien peut paraître excessive, elle émane de Coco Suaudeau, l’entraineur historique du FC Nantes, à qui le club avait demandé son témoignage pour l’hommage qui a été rendu à l’ex-capitaine des canaris la semaine dernière. Il faut dire que le natif d’Aix-en-Provence (le 28 Octobre 1947) avait de quoi impressionner équipiers et adversaires, son regard périphérique, son buste droit, sa technique sans faille étaient une publicité vivante pour le football. Arrivé en “Haute Bretagne” en 1966, alors que le club venait d’être sacré champion de France, le provençal allait progressivement s’imposer comme un joueur majeur au milieu de terrain. Suaudeau, titulaire du poste à l’époque, avouait même s’être senti concurrencé par ce jeune homme « beau comme un Dieu » (certains le comparaient à Alain Delon), et « d’une élégance rare », il allait même s’avouer dépassé par le nouvel arrivé, à qui il allait laisser peu à peu son poste de numéro 8.

Devenu international dès ses 20 ans, Henri allait malheureusement connaître la pire époque des bleus, échouant systématiquement dans les qualifications aux phases finales européennes et mondiales entre 1968 et 1978 (58 sélections). Sa renommée allait donc se construire essentiellement dans l’hexagone au moment de la concurrence avec Saint Etienne, les canaris remportant les titres de champion en 1973, 1977 et 1980 et une coupe nationale en 1979, Michel devenant capitaine puis libero en fin de carrière. Presque trentenaire, le nantais se retrouvait cependant homme de base de l’équipe de France, et participait même à l’éclosion d’un jeune nancéien lors de sa première sélection. Le 27 mars 1976, en effet, pour la réception de la Tchécoslovaquie (champion d’Europe en titre), Michel Platini lui dit à l’oreille lors d’un coup-franc indirect dans la surface : « passe -moi, je marque ! ». Henri Michel s’exécuta et la légende « Platoche » pouvait commencer ! Participant à son unique coupe du monde 2 ans plus tard (éliminé au 1er tour), l’aixois connaîtra l’épilogue de sa carrière en bleus en 1980, à 32 ans.

Entraineur “oublié par le football français”

L’heure de la retraite ayant sonné, Michel Hidalgo, sélectionneur national, fit d’Henri son héritier, et le prépara en conséquence. On lui confia la sélection olympique pour les jeux de Los Angeles en 1984, la médaille d’or obtenue (la seule pour le football français aujourd’hui encore) semblait annoncer une ère dorée. Malheureusement, la carrière d’Henri Michel sélectionneur connu des hauts et des bas, si le ¼ de finale gagné contre le Brésil à Guadalajara en 1986 demeure un moment de gloire nationale, la suite fut plus difficile, elle coïncidait avec la fin de la génération Platini, Rocheteau, Bossis, Tigana, Giresse, etc…et allait se terminait en eau de boudin.

Déjà mis à mal par l’intervention de Cantona, qui, vexé de ne pas avoir été appelé en 1988, traitait son coach de « sac à m… », l’ex-nantais allait être victime d’un « putsch » commandité par le « patron » en sous-main du football français, Claude Bez, qui imposera Platini en responsable des « A » pour tenter une qualification pour la coupe du monde 1990 (en pure perte, Hélas). Dès lors, Henri devint un entraineur itinérant, éphémère coach du PSG (1990-92), il alla tenter sa chance en Afrique, d’abord au Cameroun, puis avec le Maroc qu’il qualifia pour le mondial 1998, puis Les Emirats, la Tunisie, etc… Si l’on excepte le titre olympique de 1984 (et coupe intercontinentale 1985), son palmarès sur le banc est famélique (coupe de la Caf en 2003 (le Raja Casablanca), finaliste de la Can 2006 (Cote d’Ivoire)), lui qui a été délaissé par le football français (Maxime Bossis : «Henri Michel a souffert d’être oublié par le football français»). Marié en 2009 à une hôtesse de l’air libanaise, il partageait sa vie entre Beyrouth et Aix-en-Provence, sa ville où il vient de décéder d’une « longue maladie”.

 

Crédit Photo : Onze

Auteur : Gilmon

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