La fin de saison rêvée de l’OM

28
avril
2018

Auteur :

Catégorie : Ligue 1

om-el

Samedi 28 avril, 35ème journée de L1. Lyon reçoit Nantes avant que l’OM ne se déplace à Angers le lendemain. Forts de la décision plutôt clémente de la LFP envers Anthony Lopes, qui joue son dernier match de la saison sous les vivas du Parc OL, les Gones bombent le torse et n’ont besoin que de 10 petites minutes pour ouvrir le score face à de pâles nantais. Après avoir dribblé Lima, Pallois, Diego Carlos, puis re-Pallois, Fékir propulse le cuir en pleine lucarne. Le but de l’année, assurément. Durant toute la partie, les nantais plient mais ne rompent pas sous les vagues lyonnaises. L’OL ne parvient pas à doubler la mise et Fékir, encore à court de forme, est remplacé par Houssem Aouar à la 69ème minute. Dans la foulée, sur un centre désespéré de Jules Iloki, Lopes se troue complètement et le ballon arrive dans les pieds de Léo Dubois, seul face au but vide. Le futur lyonnais est obligé de pousser laborieusement le ballon au fond des filets et célèbre son but par un sourire gêné. Ensuite, Lyon multiplie les tentatives par l’intermédiaire de ses solistes, Depay, Traoré et Mariano, mais Tatarutsanu veille. Sans briller, les nantais prennent un point et Lyon marque le pas.

C’est toute la Canebière qui s’en réjouit. Les marseillais n’ont plus qu’à gagner sur la pelouse d’Angers pour retrouver le podium. Émoussés par leur victoire 2-0 contre Salzbourg trois jours plus tôt, les phocéens réalisent une entame de match dont ils ont le secret : catastrophique. Sur un coup franc lointain, Pavlovic reprend victorieusement le ballon au dépens d’un Rami, dont c’est aussi le dernier match de la saison en L1, complètement dépassé. Le stade Raymond Kopa exulte et c’est toute la capitale des Gaules qui retrouve le sourire. Les marseillais n’ont plus d’autre choix que de se livrer corps et âmes. Coupés en deux tout au long de la partie et avec un duo Thauvin-Mitroglou qui retombe dans ses travers, les olympiens encaissent un second but en contre signé Toko-Ekambi, sur un service de l’excellent Flavien Tait. Le match se termine sur un faux rythme avec des marseillais au bord de la rupture, encore fatigués par leur match d’Europa League. Jean-Michel Aulas, adoubé par tout le Rhône, tweete « OL plus constant et srx depuis qlq match mrs Garcia et Heyrot devraient se concentrer sur le jeu plutôt que arbitrage et décision LFP » dans un élan de confiance. L’OL compte 70 points, l’OM 69 avec une différence de but défavorable. Le coup est dur pour Marseille qui perd espoir d’accrocher le podium mais peut compter sur ses supporters pour se targuer d’être encore en course en Europa League.

Quatre jours plus tard, l’OM est de retour sur le pré pour la demi-finale retour à Salzbourg. Les autrichiens attaquent le match tambour battant mais ne marquent pas grâce au 3-4-3 reconduit par Rudi Garcia. Mieux, sur la première incursion marseillaise dans le camp autrichien, Ocampos reprend maladroitement un centre de Thauvin qui atterrit sur la tête de Mitroglou. Le grec lobe Walke et marque. Black out total dans un Vélodrome en feu devant l’écran géant installé par la mairie de Marseille. La cité phocéenne se pare de ses maillots, écharpes et drapeaux Ciel et Blanc. Au stade, dans les bars, les salons, les rues, les regards illuminés des marseillais se détournent des écrans et ne se vouent plus qu’à la ferveur qui s’empare de la ville. A tel point que les deux buts inscrits par Salzbourg en fin de match passent presque inaperçus. La nuit qui s’en suit est enivrante, du rond point du Prado à l’Estaque, on crie, on chante et on danse jusqu’au retour des joueurs qui s’abreuvent de la ferveur ambiante bien qu’ayant toutes les peines du monde à fendre la foule qui les accueille à l’aéroport de Marignane. La fête se poursuit jusqu’à ce que le petit matin rappelle qu’il reste encore une marche à gravir, la plus haute, avant que le trophée ne soit brandi par les hommes de Rudi Garcia au balcon de l’hôtel de ville.

Dimanche 6 mai. La 36ème journée de L1 ramène les phocéens à la réalité. Les olympiens ont un point de retard sur l’OL et doivent affronter Nice, qui termine fort son championnat. Les lyonnais de leur côté affrontent Troyes. L’ESTAC joue sa peau et démarre le match prudemment sur le terrain du Parc OL. Pourtant, sur un contre, Saîf-Eddine Khaoui, prêté par l’OM, ouvre le score à la surprise générale. Le tunisien marque sur une frappe lointaine, un peu désespérée, et grâce à une grosse faute de main de Mathieu Gorgelin, qui remplace Lopes suspendu par la LFP suite aux incidents de OM-OL. Par la suite, l’attaque de l’OL retrouve son efficacité et permet aux Gones de l’emporter 5-1 grâce à un triplé de Fékir et des buts de Depay et Mariano. Les lyonnais ont le vent en poupe et les tweets « Fékir > Payet » fleurissent pour mieux signifier aux marseillais qu’ils sont en train de perdre le fil de leur championnat. Plus tard dans la journée, l’OM accueille Nice, privé des supporters du bas du virage sud du Vélodrome. Portés par la qualification en finale de Ligue Europa, le public répond présent malgré tout. Les joueurs, eux, surfent aussi sur la vague et Thauvin ouvre le score rapidement. Avec le même 11 que contre Salzbourg, les phocéens subissent le jeu séduisant des niçois et Mandanda, de retour de blessure, doit s’employer tout le match. Comme souvent dans les grands rendez-vous, les marseillais cèdent en fin de partie. Balotelli, étrangement seul, est à la retombée d’un coup franc de Less-Melou et égalise à la 87ème minute. L’attaquant italien ne célèbre pas son but et regarde le virage nord en ayant presque l’air de s’excuser. Par la même occasion, il lance l’un des feuilletons de l’été puisqu’il déclarera ne pas être insensible au projet de l’OM – et à l’ambiance du Vélodrome – quelques jours plus tard. Dans les faits, l’OM (70 points) a désormais 3 points de retard sur Lyon (73 points) et une différence plus que défavorable. Si les supporters marseillais feignent l’indifférence, ils sont conscients que seule une victoire en Europa League peut désormais satisfaire leurs ambitions de Ligue des Champions.

La journée suivante, l’avant-dernière du championnat, Lyon se déplace à Strasbourg, qui joue son maintien. L’OM quant à lui se rend à Guingamp en ce samedi 12 mai. Les alsaciens jouent leur survie et rentrent littéralement dans les lyonnais. Jean-Michel Aulas fait des bonds à chaque contact entre joueurs dans les travées d’un stade de la Meinau comble et bouillant. L’OL se procure des occasions mais ne maîtrise pas vraiment ce match un peu fou qui a tout du match piège. A l’heure de jeu, sur un corner alsacien, l’ancien lyonnais Bakary Koné trébuche dans la surface mais l’arbitre y voit une bousculade de Marcelo, récemment épargné par la LFP après les incidents d’OM-OL. Le strasbourgeois semble pourtant dire à ses adversaires qu’il n’y a pas faute mais rien n’y fait. Pénalty pour Strasbourg, Dimitri Liénard ne se prive pas de le transformer. L’OL ne reviendra pas. Dans le même temps, Marseille a souffert à Guingamp. Après l’ouverture du score prématurée – une spécialité marseillaise – d’un autre ancien lyonnais, Jimmy Briand, Mandanda a dû s’employer à nouveau face aux nombreux contres bretons. Néanmoins, Mitroglou et N’jie ont tout deux marqué des buts contre le cours du jeu dans les dix dernières minutes. Avant sa finale de coupe d’Europe, l’OM revient à hauteur de Lyon (73 points) mais reste derrière en raison de sa différence de but inférieure. Agacé, Jean-Michel Aulas tweete « arbitrage honteux suite à allégations du pdt OM et de mr Garcia OL clairement désavantagé bravo Strasbourg pr son match malgré tt ».

Les marseillais ne boudent pas leur plaisir d’avoir rattrapé l’OL mais ce qui les intéressent surtout, c’est la finale de Ligue Europa qui arrive le mercredi suivant. Arsenal s’est qualifié – miraculeusement – aux dépends de l’Atlético Madrid. Un résultat qui n’arrange pas vraiment les lyonnais puisqu’une victoire des madrilènes auraient permis aux Gones de se qualifier directement pour la lucrative Ligue des Champions en cas de 3ème place en L1. Une horde de supporters de l’OM débarque donc à Lyon pour l’évènement. Jean-Michel Aulas est alors inquiet de voir son Parc OL saccagé. Il n’en sera rien, les groupes de supporters olympiens ont eu la leçon faite par le président Eyraud qui promis des sanctions exemplaires pour les coupables de débordements. En revanche, les abords du stade et les hauts lieux de la ville sont recouverts de tags aux couleurs de l’OM. Ancien maire de Lyon et actuel ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb s’en indigne tôt dans la journée, ce qui amuse particulièrement les supporters marseillais prompts à amplifier la provocation. A l’approche de la rencontre, on frôle de violents affrontements entre les groupes supporters de l’OL et ceux de l’OM. Les services de sécurité décident alors d’installer plus tôt que prévu les marseillais au sein du Groupama stadium. L’ambiance devient rapidement électrique et la pression est à son comble lorsque la rencontre débute.

Sur le terrain, l’OM débute mal malgré sa défense à 5. Arsenal enchaîne les beaux mouvements et rappelle les plus belles heures de l’ère Wenger. Les phocéens plient et finissent par rompre sur une action d’école conclue par Alexandre Lacazette. Le natif de Lyon célèbre allégrement son but devant le kop marseillais et c’est tout Lyon qui respire – que dis-je ? Qui exulte – de voir s’éloigner le spectre d’une victoire de l’OM en terres rhodaniennes grâce à un enfant du pays. Comme il en a l’habitude, Arsenal produit du beau jeu sans parvenir à creuser l’écart. Adil Rami réalise un match hors normes et contre toutes les tentatives londoniennes sous les yeux du Parc OL. Le miracle se produit à la 78ème minute lorsque l’OM parvient enfin à aligner 4 passes en contre. Payet sert Germain, qui n’avait plus marqué depuis des semaines, qui égalise d’un tir sec dans le petit filet de Petr Cech. Sonnés, les hommes de Wenger réagissent de manière confuse et sont à deux doigts de se faire punir à nouveau sur une occasion complètement manquée de Kostas Mitroglou. Fin de match sur se score de 1 but partout. Les prolongations entre deux équipes exténuées et à cran ne donnent rien. Il faudra s’en remettre aux tirs au but. Un exercice dans lequel les marseillais ont souvent été malheureux, d’autant que Cech est un monstre en la matière.

A l’opposé du kop marseillais, c’est le buteur lyonnais d’Arsenal qui s’élance le premier. Après avoir transpercé Mandanda – et les filets par la même occasion – il retourne vers ses partenaires les yeux rivés vers la tribune réservée aux supporters de l’OM le doigt sur les lèvres. Une attitude qui rend dingues les 30 000 marseillais qui ont fait le déplacement. Valère Germain, premier tireur olympien, s’élance alors dans un contexte plus qu’électrique. L’ancien monégasque transforme son pénalty malgré un tir timide et faiblard. Phénomène rare, les marseillais (Payet, Gustavo, Sanson) marqueront tous leur pénalty. En face, Danny Welbeck est le seul à manquer sa tentative et c’est Rami, privé de L1 depuis 3 semaines, qui catapulte le ballon dans les cages faisant ainsi chavirer kop et banc olympiens. L’OM, au bout de ses efforts, remporte une nouvelle coupe d’Europe ! Sous le sourire forcé et crispé de Jean-Michel Aulas, l’envahissement du terrain est évité de peu. Après quelques minutes qui ont semblé durer des heures, Dimitri Payet soulève le trophée aux côtés d’Adil Rami, héros du jour et d’un Steve Mandanda en pleurs d’avoir remporté un trophée européen avec son OM. A Marseille, ce 16 mai est une journée qui ne veut pas se terminer. Des papés aux minots des quartiers, on descend dans les rues et sur les places en brandissant maillots et écharpes. Jusqu’à ce que le levé de soleil embrase de nouveau la cité phocéenne, les scènes de liesse se multiplient sur le Vieux Port.

Cet OM triomphant est alors qualifié pour la prochaine Ligue des Champions. L’OL, de son côté, doit terminer 3ème pour jouer les barrages de la reine des compétitions européennes. Pour y parvenir, les lyonnais ont les cartes en main : ils doivent battre Nice sur leur pelouse. Les marseillais quant à eux reçoivent Amiens dans un match qui semble compter « pour du beurre » puisque l’OM a rempli son objectif européen et que les picards ont assuré leur maintien. Pourtant, les phocéens donneront tout devant leurs supporters. La confrontation contre l’OL en mars dernier, et surtout la fin de match, leur reste en travers de la gorge. Face à des amiénois visiblement venus pour prendre des selfies dans un Vélodrome en fusion, célébrant la victoire en Europa League, les olympiens sont intraitables. Sublimés par leur maillot collector de la victoire européenne de 1993, ils l’emportent 3 buts à 0 au cours d’une soirée parfaite, prolongeant ainsi l’allégresse qui règne encore dans toute la ville. Au Parc OL, les lyonnais mènent 2 buts à 0 à 20 minutes de la fin du match grâce à leur armada offensive et sont en passe de conquérir le podium. Le virevoltant  Alassane Pléa réduit la marque sur une mauvaise passe en retrait de Marcelo mal appréciée par Gorgelin, encore hésitant durant son intérim, puis plus rien pour l’OGC Nice. Plus rien, jusqu’à ce que Mario Balotelli ne décoche une frappe monumentale à 35 mètres du but de Gorgelin. Soucieux de soigner sa sortie niçoise, l’italien trouve la lucarne du gardien lyonnais et envoie Nice à la 5ème place du championnat, synonyme de qualification pour l’Europa League. L’OL aussi jouera donc l’Europa League, privé de Ligue des Champions par un Balotelli désormais adulé à Marseille, dont il se rapproche un peu plus à quelques semaines du mercato d’été. Pour faire passer la pilule et adresser ses remerciements pour l’accueil réservé à l’OM lors de la finale l’Europa League, Jacques-Henri Eyraud fait parvenir une caisse vin blanc d’Alsace à Jean-Michel Aulas, afin d’immortaliser les souvenirs de son périlleux déplacement à la Meinau.

Auteur : Pierre Foucault

Le cœur noyé dans la sueur de Mamadou Niang, c'est enivré par la douceur d'Andrea Pirlo, bercé au jeu à la nantaise et fasciné par le couloir d'Highbury que j'ai commencé à flirter avec le foot.

Vous avez aimé cet article ? Partagez-le !

Les derniers articles de la catégorie Ligue 1

Plus dans Ligue 1
di-maria
Di Maria, l’ange gardien parisien

Alors qu’Angel Di Maria marche de nouveau sur l’eau depuis plusieurs mois, l’argentin laisse un sentiment mitigé chez les supporters...

OM-Leipzig
OM : Marseille et le temps des amours

Pour la première saison pleine de l’américain Franck Mc Court à la tête du club, l’Olympique de Marseille a renoué...

flavien-tait-angers-sco
Tait prometteur

Grand artisan de la remontée du SCO d’Angers au classement, Flavien Tait réalise la saison la plus aboutie de sa...

Fermer