La divine Atalanta.

07
décembre
2017

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Catégorie : Europe

esultanza a fine gara Atalanta

Totalement inconnue du grand public sur la scène européenne, l’Atalanta Bergame joue ce soir une finale face à l’Olympique Lyonnais pour la tête de son groupe en Europa League. L’occasion d’en découvrir davantage sur le club lombard.

Surprise de la dernière saison de Serie A, l’Atalanta Bergame tente depuis quelques saisons de se faire une place dans les équipes de tête du Calcio. Situé à Bergame, ville de 100 000 habitants dans la région lombarde, le club attire de plus en plus malgré l’énorme concurrence des deux clubs milanais dans la même région. Quatrième la saison passée, les bergamasques ont réussi à devancer leurs deux voisins milanais et décrocher leur ticket pour l’Europa League. Demi-finaliste de la Coupe des Coupes en 1988, alors que le club évoluait en Serie B, les nerazurri n’avaient plus goûté à l’Europe depuis 26 ans. L’Atalanta et son budget bien loin des meilleures équipes italiennes (difficile d’avoir des chiffres précis mais autour de 50M€), surperforme dans son championnat et sur la scène européenne où le club jouera la première place d’un groupe relevé face à Lyon (Everton, Apollon Limassol et Lyon, donc).

Sans grand moyen, la Dea (la Déesse le surnom du club) compte sur son centre de formation pour avoir une équipe compétitive à moindres coûts. C’est de son centre que sont sorties les Pazzini, Montolivo ou autre Donadoni dans le passé puis Conti, Kessié, Gagliardini ou Caldara l’année passée. Une génération dorée qui aura hissé le club dans le top 5 italien avant de vite voguer vers d’autres cieux. Le jeune milieu de 22 ans Roberto Gagliardini est parti dès l’hiver dernier pour l’Inter, Conti et Kessié sont partis cet été monnayer leur talent au Milan tandis que Spinazzola et Matteo Caldara ont tous deux signé à la Juve avant d’être laissés en prêt à l’Atalanta pendant deux ans. Tous ces départs auront au moins permis de renflouer les caisses du club (plus de 90M€ bonus compris) d’Antonio Percassi, le propriétaire et président de la Dea, lui-même ancien joueur formé au club, qui a fait fortune dans l’immobilier après sa carrière et possède aujourd’hui, entre autres, la marque de cosmétiques Kiko.

 

Jeune et jolie, la Dea.

 

Les nombreuses ventes auraient pu faire rentrer dans le rang les nerazurri. C’était sans compter sur le bon travail des dirigeants bergamasques. Sitôt partis, les enfants du club ont été remplacés par Castagne, De Roon, Hateboer, Freuler ou Illisic, des recrues à fort potentiel et à moindre coût aux vues de l’inflation terrible sur les derniers mercatos. Dans un Calcio traditionnellement assez conservateur, où les jeunes peines à se faire une place, l’Atalanta dénote également par la confiance faite aux jeunes par le Mister Gian Piero Gasperini, dont la moyenne d’âge de l’effectif tourne autour de 25 ans. Un coach, d’ailleurs, qui correspond parfaitement à ce club, avec une philosophie très joueuse qui a fait de la Dea l’une des équipes les plus attrayantes d’Italie.

Dans un 3-4-3 ou 3-5-2 tourné vers l’avant et modulable comme aucun autre, l’animation passe par des triangles sur les côtés, où les défenseurs centraux cherchent un latéral qui prendra appui sur un attaquant à l’intérieur avant de lancer à nouveau sur l’aile le milieu qui aura plongé dans le dos du latéral adverse. Le jeu passant énormément sur les côtés, mais l’équipe manquant de taille devant (seul Petagna peut rivaliser dans les airs), les nombreux centres sont faits à raz de terre fort au premier poteau ou à l’entrée de la surface où se projettent les milieux de terrain pour tenter une frappe lointaine. A la perte du ballon, l’Atalanta place son bloc équipe à mi-hauteur, les défenseurs n’ayant pas une vitesse très élevée, ils comptent avant tout sur leur lecture du jeu et leur qualité d’anticipation, n’hésitant pas à suivre très haut les attaquants adverses. L’animation des hommes de Gian Piero Gasperini passe donc par une grande variété de déplacements, un grand nombre de centres, une projection en masse dans la surface adverse et un marquage quasi individuel à la perte du ballon avant de faire redescendre le bloc si l’adversaire parvient à se défaire du pressing. Avec une moyenne d’âge si basse, il n’est pas étonnant de voir que l’équipe manque, toutefois, encore de réalisme offensif.

Dans cette Serie A actuelle beaucoup plus offensive et joueuse que par le passé, les bergamasques, avec cette équipe pleine de talents en devenir, un coach réputé et offensif, un propriétaire fidèle et l’achat, il y a peu, de son stade (l’Ateti Azzurri d’Italia), ont de quoi espérer s’installer durablement dans le top 8 italien.

Auteur : Dylan Houeix

Rédacteur Au Premier Poteau pour servir Edinson Cavani.

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