La Chine, nouvel eldorado des footballeurs

18
janvier
2013

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Catégorie : Reste du Monde

Le football chinois, un nouvel eldorado

Apparu seulement depuis 1994, le football professionnel en Chine en est pourtant déjà à sa deuxième vie. Lorsque l’on s’intéresse de plus près au ballon rond en Chine, le constat est sans appel : l’année 2010 constitue un véritable tournant.

Le football en Chine, une renaissance récente

En effet, avant cette période, le football au sein de l’Empire du Milieu est gangrené par de sombres histoires de paris truqués, de corruption et d’arrangements en tout genre. Des dizaines d’arbitres, de dirigeants de clubs, d’entraîneurs et de joueurs ont depuis été arrêtés. Marqué également par des affaires de violence, le championnat Chinois intéressait peu et ne s’inscrivait aucunement dans la culture Chinoise.

Xie Yalong et Nan Yong, 2 anciens présidents de la Fédération Chinoise de football ainsi que plusieurs anciens joueurs de l’équipe nationale ont d’ailleurs été condamnés à des peines de prison ainsi que de fortes amendes en 2012. Ce procès marque le renouveau du championnat de football Chinois. Assaini et contrôlé, le championnat a démarré son expansion, dopé par la manne financière des investisseurs et le développement économique du pays.

Qu’est-ce qui attire tant les footballeurs ?

Nicolas Ouedec, le bourlingueur, a été l’un des premiers occidentaux à installer ses crampons en Chine. Il a depuis été imité par de nombreux noms ronflants avec en tête de liste Drogba, Anelka, Kanouté, Conca, Keita, Barrios, etc.

Indéniablement, l’argent constitue la raison principale de cet exode. Profitant de la croissance économique soutenue du pays depuis les années 80, la CLS (Chinese Super League) s’appuie sur des investisseurs richissimes qui ont révolutionné le paysage du ballon rond local. Ce n’est pas Marcello Lippi ou encore Dario Conca, qui a fait le bonheur de Fluminense qui s’en plaindront, ce dernier étant payé annuellement à hauteur d’environ 10 millions d’euros. Promoteurs immobiliers ou ayant fait fortune dans l’informatique, les propriétaires de clubs Chinois se livrent une véritable bataille pour attirer les meilleurs footballeurs en fin de carrière. Le fond de cette bataille « sino-chinoise » est pourtant bien internationale. Ainsi, la Chine souhaite rattraper son retard par rapport à la J-League (championnat Japonais), l’éternel rival qui a su par le passé faire venir des stars du ballon rond telles que Zico ou Lineker.

L’envers du (riche) décor, le challenge sportif

Derrière cet aspect, financier, certaines des stars débarquées en Chine ont affirmé vouloir également relever le « challenge sportif ». Langue de bois ou réelle ambition sportive? Ce qui saute aux yeux quand on analyse le championnat de football Chinois, c’est tout d’abord l’instabilité chronique qui y règne. Le Guangzhou Evergrande, champion en 2011 en 2012, avait par exemple été relégué administrativement en 2010 (le club était alors appelé Guangzhou GPC). Les changements de nom, justement sont monnaie courante en CLS et varient au gré des rachats successifs. Plus fort encore, et digne du Guinness Book des Recors, le Guangzhou R&F : ce club a porté en 25 ans 8 noms différents et son siège a été situé dans successivement 4 villes différentes. Cette « anarchie » peut s’expliquer par un désir certain de grandir vite, très vite. Trop vite peut-être au regard du manque de lisibilité qui en découle pour les supporters qui peinent à s’identifier à un club qui change de nom et de couleurs régulièrement.

L’instabilité évoquée précédemment se retrouve aussi dans le fait que le championnat Chinois est clairement un championnat à deux vitesses. En effet, la plupart des joueurs de la CLS galèrent. Les garanties de salaires varient du tout au tout entre Nicolas Anelka et un joueur étranger lambda. Les clubs Chinois ont clairement fait leur choix : ils préfèrent posséder une grande star dans leur effectif plutôt que 2 ou 3 joueurs étrangers un peu moins côtés. Cette stratégie s’explique notamment par certaines restrictions touchant les clubs quant au nombre autorisé de joueurs extra-communautaires à faire jouer.

Que vaut le championnat Chinois sportivement ? Il est toujours difficile de comparer les championnats, les paramètres étant souvent trop différents pour permettre d’analyser objectivement. Cependant, les Coupes Continentales sont là pour nous aider à mettre à jour une hiérarchie. Concernant la Ligue des Champions d’Asie, le bilan n’est pas flatteur pour la Chine. Celle-ci ne compte qu’une seule victoire finale (en 1990 grâce au Liaoning FC) dans cette compétition et pointe par exemple derrière des pays comme la Thaïlande ou le Qatar (2 victoires chacun)  et loin derrière la Corée du Sud (10 victoires). De plus, l’équipe nationale Chinoise éprouve également les pires difficultés à exister au niveau international. 86ème au classement FIFA, l’Empire du Milieu semble subir les conséquences de la stratégie de ses clubs. En 2011, 10 des 16 équipes de la CLS étaient dirigés par un technicien étranger et la formation de jeunes joueurs Chinois est tout sauf une priorité actuellement. Des éléments qui mettent en relief le niveau du championnat Chinois, qui reste faible.

Nous sommes en 2027 et…

Scénario 1 : La CLS a replongé du côté obscur. La corruption, les pots-de-vin et la violence ont fait leur retour. Le niveau est déplorable, les stades sont vides, le championnat tourne à la mascarade. Drogba et Anelka co-entraineurs du Shanghai Shenhua démissionnent. Marcelo Lippi, 79 ans et président de la Fédération Chinoise de football dissout la fédération et supprime le ballon rond du pays.

Scénario 2 : Le Costa Rica et le Panama sont devenus les nouveaux championnats « hype », dopés pas les richissimes investisseurs ayant fait fortune grâce à un puits de pétrole gigantesque découvert en 2020. Tous les joueurs du gratin mondial en fin de carrière y sont, Hazard, Thiago Alcantara, Oxlade-Chamberlain et Munian ont tous la trentaine bien tapée et se croisent sur les terrains. Le football en Chine est retombé dans l’anonymat, Didier Drogba est sélectionneur de l’équipe de Chine et pleure à chaque rassemblement.

Scénario 3 (scénario chauvin) : Grâce au fair-play financier mis en place par la Fifa, la Ligue 1 a tiré son épingle du jeu et a pris de l’ampleur par une gestion parfaite des comptes des clubs professionnels (oui, c’est fictif). Plombés par les déficits astronomiques de certains de leurs grands clubs, la Premier League et la Liga ont vu leurs meilleurs éléments partir vers Marseille, Paris, et Créteil (oui, Créteil devient une place forte du foot en Ligue 1). Le championnat Français est devenu LE championnat Européen. Le PSG, Marseille et Lyon ont gagné 2 fois chacun la Ligue des Champions. Lionel Messi a 40 ans mais continue de planter sa vingtaine de buts par saison pour l’Olympique Lyonnais. Cristiano Ronaldo, 42 ans, a pris sa retraite et suit l’OL sur toute la saison. Il hurle au complot à chaque but de Messi, incendiant les arbitres n’ayant pas signalé un supposé hors-jeu du lutin Argentin. Lionel fête chacun de ses buts en montrant son tee-shirt représentant ses 19 Ballons d’Or.

PS : La France a remporté la coupe du monde 2022 organisée au Qatar, bien évidemment !

Auteur : Franck Chantereau

Accro au football depuis toujours. Le beau jeu, c'est bien ; la victoire c’est mieux. Les deux, c’est le Graal.

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