Kluivert – Emery, par ici la sortie !

13
mai
2017

Auteur :

Catégorie : Ligue 1

kluivert-emery

Nommé au début de la saison pour faire passer un palier au PSG, le directeur du football et l’entraîneur parisien ont totalement échoué et abaissé le niveau de l’équipe au point de perdre le titre. Autopsie d’un suicide.

Le 12 avril 2016, le PSG s’incline 1-0 à l’Etihad Stadium et est éliminé de la Champions League par un Manchester City prenable. La déception est énorme et l’avenir de Laurent Blanc est scellé. Peu importe que le PSG n’est jamais atteint un tel niveau, soit devenu champion dès le 13 mars en perdant aucun match, jusqu’au titre au soir de la 30ème journée. Paris n’aura, d’ailleurs, perdu cette saison-là que deux matchs à enjeu : 1-0 à Bernabeu et à l’Etihad Stadium, donc. Paris devient le champion le plus précoce de l’histoire des cinq grands championnats, meilleure défense de l’histoire en championnat et finit avec 31 points d’avance sur le second. Mais c’est insuffisant pour les dirigeants qataris qui remercient Blanc en fin de saison, coupable d’avoir été sorti dès les quarts de la Ligue des Champions. Après Ancelotti, viré du Real après avoir gagné la Decima et avant Ranieri, viré après le titre de Leicester, Laurent Blanc fait les frais de l’impatience et l’amnésie du monde du football. Tant pis pour eux…

Les cinq erreurs de casting

Le sort de Blanc scellé, Nasser Al-Khelaifi nomme Emery comme nouvel entraîneur du Paris-SG. Fort de trois titres d’affilée en Europa League, le coach espagnol voit sa cote monter en flèche dans le monde du football. Star montante des bancs de touche, la capacité d’Unai Emery à s’adapter à l’exigence d’un club du niveau du PSG laisse alors perplexe. Son management rigide, ses séances vidéo à rallonge et ses consignes incessantes seront-ils acceptés par des grands joueurs comme Silva, Motta, Di Maria etc ? Les premiers doutes sur la gestion d’Emery ne tardent pas, la faute à une concurrence très floue au poste de gardien, au départ en toute fin de mercato de David Luiz, un des cadres du vestiaire et aux envies de départ pour la Juventus d’un autre cadre qu’Unai ne semble pas connaître, Blaise Matuidi, retenu in extremis par Nasser. Les prémices, déjà, d’une saison compliquée. Zlatan et David Luiz partis, le PSG recrute Jesé, Krychowiak, Ben Arfa et Meunier. Seul Meunier arrive à s’imposer, mais son recrutement n’est dû ni à Emery et encore moins à Kluivert, celui-ci ne connaissant même pas le joueur au moment de rejoindre l’équipe en stage aux États Unis. Pour les trois autres, l’arrivée de Ben Arfa est imputable à Nasser, mais le français n’est sans surprise pas devenu un grand joueur à 29 ans. Le recrutement de Krychowiak semblait bon en apparence, mais le polonais n’aura pas réussi à s’imposer, la faute à une entente sur le terrain inexistante avec Verratti. Paris n’était donc pas le bon club au bon moment pour Krychowiak. Le choix de Jesé relève pour le coup d’une incompétence totale de Kluivert et d’Emery en matière de recrutement. L’attaquant espagnol de 23 ans débarque à Paris pour jouer en pointe et soulager Cavani alors même que n’importe quel observateur peut voir qu’il n’en est pas du tout capable. Le transfert sentait l’arnaque à plein nez, et ça n’a pas manqué ! Le Real Madrid ne laisserait jamais partir un joueur de 23 ans pour 25 millions d’euros si celui-ci avait un réel potentiel, les dirigeants parisiens devraient le savoir…

Le Paris Saint-Germain démarre mal sa saison, accumulant les mauvaises décisions dans le secteur sportif. Côté terrain, l’équipe d’Emery manque d’identité, de sérénité et les choix tactiques du coach posent question. Blanc avait en son temps imposer un vrai style à son équipe, une identité très forte dont les joueurs ont du mal à sortir avec Emery et si le changement d’entraîneur était déjà une erreur, vouloir une telle révolution alors que l’équipe fonctionnait parfaitement est une nouvelle erreur grossière. Les supporters, les médias, les dirigeants et les joueurs laissent du temps à Emery, mais la situation est critique à la trêve. Paris n’est pas en tête du championnat et a manqué la première place de son groupe abordable en Ligue des Champions, la faute à un nul au Parc face aux ogres de Ludogorets… À la fin de l’année civile, la pression est mise sur le coach pour que les résultats soient enfin au rendez-vous. En parallèle, Draxler débarque pour 36 millions d’euros et apporte un nouveau profil d’attaquant à l’équipe. La concurrence se fait plus féroce et le niveau s’élève un peu. Plus en confiance, le groupe aborde son huitième aller à domicile face au Barça dans de bonnes conditions et les résultats dépassent toutes les espérances. Une raclée à l’ogre barcelonais qui marque les esprits et une folie que l’on croit alors véritable déclic. Et patatra… l’insouciance d’Emery à l’aller laisse place à l’inexpérience de l’espagnol à un tel niveau. Paris passe d’un des plus beaux matchs de son histoire à sa plus grande débâcle. Le fiasco remet tout en question, les joueurs en premier alors même que la même équipe écrasait tout sur son passage l’année précédente. En championnat aussi les résultats sont décevants, Paris ne prenant que 2 points sur 12 contre Nice et Monaco, dans les matchs primordiaux pour le titre de champion. La défaite à Nice a anéanti tout espoir de finir devant Monaco et le PSG se dirige vers une saison vierge de titre majeur. Alors quoi faire ? Que changer ?

Un secteur sportif a reconstruire

Le doute sur le maintien d’Emery est permis uniquement grâce au fait que celui-ci n’est sur le banc que depuis une saison, les dirigeants lui laisseront donc peut-être encore plus de temps pour s’installer. Mais comment le maintenir à la tête du PSG ? Comment les Qataris pourraient remercier un coach qui remporte tout sur son passage (hormis la Champions League) et fait tomber tous les records et maintenir un coach qui enchaîne les mauvais choix dans la gestion ou le mercato et qui ne remporte aucun titre majeur ? Kluivert est de son côté vraiment sur la sellette et Paris recherche activement un vrai directeur sportif de renom, pas un fantôme qui n’impose pas le respect et ne détecte aucun joueur comme Leonardo l’a fait en son temps. Alors que Paris était le premier à se placer sur des cracks comme Verratti, Lucas, Marquinhos, T.Silva, Cavani, Aurier ou Pastore grâce au travail de Leonardo, la direction sportive amenée par Kluivert aujourd’hui semble incapable de détecter les futurs cracks du football mondial.

Mais qui pour les remplacer ? L’échec d’Emery prouve que tout le monde n’est pas capable de diriger une équipe comme le Paris-SG. Les cadors tels que Conte, Guardiola ou Mourinho sont inaccessibles pour le moment et Simeone ne représente pas le style de jeu et l’identité parisienne. Un autre nom encore jamais évoqué, mais qui serait une excellente idée pour le PSG, c’est celui de Mauricio Pochettino, actuel entraîneur de Tottenham. L’argentin connaît bien le PSG et la Ligue 1 pour y avoir joué deux ans et demi et il correspond parfaitement à l’identité parisienne insufflée par Laurent Blanc. Sa nomination serait enfin une vraie évolution et plus une fausse révolution… L’entraineur argentin s’est construit une vraie expérience, enchaînant les succès à l’Espanyol dès 2009 puis à Southampton et aujourd’hui à Tottenham qu’il a ramené en Champions League et installé à la deuxième place de la Premier League devant les Manchester, Arsenal ou Liverpool. Influencer par Bielsa, Pochettino est un adepte du beau jeu et de la possession, en phase totale avec les joueurs parisiens.

Une recrue par ligne

La gestion des cadres du vestiaire est aussi attendue lors de la trêve et si pas mal de monde demande des bouleversements et des changements dans les grandes largeurs, la réalité du marché est tout autre. Réclamer la tête de Di Maria ou Thiago Silva c’est bien mais quels joueurs susceptibles de rejoindre Paris cet été, ont leur niveau ? Aucun ! Peu de joueurs peuvent s’imposer au PSG et ces joueurs-là sont pour la plupart déjà sous contrat dans de grandes écuries. Les dirigeants parisiens doivent donc conserver les tauliers et redonner confiance aux Matuidi, Aurier, Silva, Kurzawa, Di Maria, ou Verratti. Les changements doivent être avant tout des ajustements comme le remplacement d’un Motta ou d’un Maxwell vieillissant et trouver un remplaçant à Cavani. Mais le recrutement est une affaire de professionnels, chose que n’est pas Kluivert. Et ce doit être le chantier prioritaire des dirigeants qataris et de Nasser : trouver enfin un vrai directeur sportif au carnet d’adresses digne de ce nom et au courant de toutes les opportunités et pépites sur le marché. Le nom de Leonardo revient avant chaque mercato depuis son départ et les suiveurs du club parisien en rêve. Son retour serait un énorme coup mais Leo vient de mettre fin aux rumeurs en annonçant qu’il ne retournerait pas au PSG. D’autres profils méritent d’être mis en avant, notamment du côté de la Serie A où un jeu de chaises musicales se déroule en ce moment et bon nombre de directeurs sportifs bougent sans que le PSG n’entre dans la danse, au risque de se retrouver le cul par terre. Monchi, longtemps annoncé à Paris, signe à l’AS Roma. Son arrivée engendre le départ de l’emblématique Walter Sabatini. Qui rebondit dans la foulée à l’Inter Milan. Massimo Mirabelli, en poste à l’Inter, part pour le rival milanais pour combler le départ à la retraite du mythique Adriano Galliani. Autant de noms pour certains méconnus du grand public mais qui ont tous prouvé leur savoir-faire en matière de recrutement. Sans oublier Beppe Marotta, référence mondiale en poste à la Juve depuis 2010, qui a réussi à recruter Pirlo et Pogba gratuitement, Barzagli pour 0,5M€, Arturo Vidal pour 10M€ ou Tevez pour 9M€. Si le dernier cité semble difficile à arracher des bras de la vieille dame, les dirigeants qataris auraient dû se positionner sur l’un d’entre eux, d’autant plus que le projet parisien est le rêve de tous directeur sportif avec une enveloppe de recrutement quasi illimité.

L’idéal pour Paris serait de trouver son directeur sportif en Italie, dans un championnat truffer de très bons joueurs, qui correspondent à l’identité parisienne et plus facilement recrutable qu’en Angleterre ou en Espagne. Dans l’optique du remplacement de Thiago Motta, des profils comme Marchisio, en manque de temps de jeu à la Juve, Pellegrini (Sassuolo, 21 ans), Locatelli (Milan, 19 ans) ou Gagliardini (transféré cet hiver à l’Inter Milan, 22 ans) doivent ou devaient être étudiés, tout comme le profil d’Andrea Belotti (22 ans), attaquant du Torino, actuel vice meilleur buteur du Calcio avec 25 buts. Mais Kluivert et Emery connaissent-ils ces joueurs-là ? Le doute est permis aux vues des derniers mercato…

Après une saison catastrophique en tout plan, le Paris-SG doit rebondir au plus vite en refondant complètement son secteur sportif, dans l’idéal autour de profil comme Pochettino et d’un directeur sportif de renom. La gestion des joueurs doit, quant à elle, se concentrer sur la remise en confiance des cadres et le recrutement d’un joueur par lignes pour combler un vide ou des fins de contrats.

Crédit photo : http://www.le-onze-parisien.fr

Auteur : Dylan Houeix

Rédacteur Au Premier Poteau pour servir Edinson Cavani.

Vous avez aimé cet article ? Partagez-le !

Les derniers articles de la catégorie Ligue 1

Plus dans Ligue 1
Chelsea kit 2012
Historical Kit Icons

Elliott Sharp a récemment réaliser un travail sur les maillots qui ont marqué l'histoire du football. Riche en couleurs et...

lyon-besiktas
Lyon-Besiktas : quand la violence refait surface à l’intérieur des stades

Le 13 avril 2017, l’Olympique Lyonnais affrontait le Besiktas Istanbul en quart de finale de la Ligue Europa. Cette rencontre,...

Garcia
L’affreux style Garcia

Le festival au Vélodrome face à Saint-Etienne n’était donc qu’une parenthèse enchantée dans une période bien morose pour l’Olympique de...

Fermer