J’étais à Bordeaux- Etoile Rouge de Belgrade : un match complètement fou !

31
août
2012

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Catégorie : En direct du stade

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Supporter des Girondins, je vais très régulièrement à Chaban Delmas, situé deux pas de chez moi. C’est donc tout naturellement que je m’y suis rendu hier soir, à l’occasion du match retour d’Europa League face à l’Etoile Rouge de Belgrade, qui marquait le retour des “Marine et Blanc” sur la scène Européenne après deux longues années d’absence. Je suis plutôt heureux et confiant de retrouver l’ambiance des matchs aux couteaux mais je ne m’attends pas à un spectacle exceptionnel, me référent à un match aller bien terne.

Comme d’habitude, je prends place dans les travées du Virage Sud, 5 minutes avant le coup d’envoi. J’aperçois rapidement les supporters Serbes, isolés dans le virage d’en face. Plus tard dans la soirée, j’observerai dans cette même tribune quelques fumigènes, et surtout des jets de projectiles sur un corner de Ludovic Obraniak, qui me confirmeront malheureusement la réputation houleuse du public Serbe. De mon côté, l’ambiance est appréciable à l’annonce des compositions d’équipe, mais je constate qu’il reste encore quelques sièges vides, malgré le tarif très attractif proposé par le club.

Une première période agréable, mais une douche Serbe

Quand Monsieur Clattenburg, l’arbitre de la rencontre, siffle le coup d’envoi, je ne me doute pas encore qu’il sera un des hommes du match, mais ça ne saurait tarder. Les « GIGIS » débutent sur les chapeaux de roue et Nicolas Maurice-Belay se fait faucher par un adversaire, dans la surface de réparation. L’arbitre ne siffle pas. Un premier fait de jeu qui aura simplement le mérite de réchauffer le stade qui se remplit à peu à peu.

Ensuite, on assiste à 20 minutes de faux rythme, comme on en a trop souvent l’habitude à Chaban Delmas. Les “Marine et Blanc” font tourner le ballon dans le sens de la largeur et manquent de mouvement. L’occasion tout de même d’admirer un coup du sombrero, puis un superbe extérieur du pied d’Henrique, qui nous avait certainement caché bien des arguments pendant ses 5 premières saisons sur les bords de la Garonne. J’en profite également pour apprécier le stade, qui est désormais à son comble, hormis le virage Nord réservé exclusivement aux supporters de l’Etoile Rouge. Gouffran me rappelle alors que le spectacle est bien sur la pelouse mais sa frappe frôle son montant droit. Aussitôt, l’Etoile Rouge va me donner quelques sueurs froides en obligeant Cédric Carrasso à sortir une très belle parade.

Une poignée de minute plus tard, Nicolas Maurice-Belay, me rassure en frappant sur la transversale, après avoir résisté au retour de deux défenseurs. L’opportunité pour moi de terminer la petite mousse qui m’accompagnait depuis le coup d’envoi, et de constater avec inquiétude que Mariano est systématiquement seul face à deux adversaires sur le côté droit de la défense Girondine.

Mon mauvais pressentiment se confirme et Miladenovic crucifie Carrasso sur une superbe frappe. Pendant que le public Bordelais fustige Monsieur Clattenburg qui n’a pas vu la main de l’attaquant Serbe, je donne un coup d’œil dans la tribune adverse. Non seulement je distingue toujours aussi bien les supporters rouge et banc, mais désormais je les entends : à quelques secondes de la pause, je m’en serais bien passé. Je me dis que ça va être très compliqué car il va falloir inscrire deux buts à des Serbes qui vont désormais évoluer à 11 en défense. Rapidement, je me rassure en pensant que le « Marabout » du Nord, Francis Gillot, va trouver la solution pour nous sortir de ce pétrin.

Une deuxième mi-temps de folie, ponctuée par un dénouement incroyable

Dès le coup d’envoi de cette seconde période, les “Marine et Blanc” me rassurent. Poussé par un public de plus en plus chaud, Bordeaux se crée de multiples opportunités et dès la 51e, Nicolas Maurice-Belay réalise un travail de très haute facture, avant de placer le ballon sur la tête de Gouffran, qui trompe Boban Bajkovic. Chaban Delmas s’emballe devant cette rencontre qui devient de plus en plus prometteuse. Mais alors que l’on pense que le plus dur est fait, Maurice-Belay, déjà averti, récolte un carton rouge stupide à la 64e minute. Je peste alors contre Nico, qui laisse ses coéquipiers à 10 dans un match déjà bien compliqué. Le jeu se durcit et l’arbitre de la rencontre continue son spectacle, laissant systématiquement les joueurs Serbes descendre les joueurs locaux, sans broncher.

Je regarde Françis Gillot, espérant qu’il apporte un peu de sang frais, voir un attaquant supplémentaire, même si les « GIGIS » évoluent à 10 contre 11.

Je vois alors d’un bon œil Henri Saivet et Miroslav Plasil sur le bord de la touche et aperçois les panneaux annonçant les numéros des joueurs sortant : à ma grande surprise, je distingue le 27 de Planus et le numéro 3 d’Henrique. Quel culot ! En infériorité numérique, Gillot sort ses deux défenseurs centraux à 20 minutes du coup de sifflet final. Déjà grand admirateur du Nordiste depuis bon nombre d’années, je suis définitivement conquis. Ce mec là a des « Coronnesse », excusez-moi du terme, et j’aime ça ! Ce dispositif audacieux ne mettra que quelques minutes à faire mouche, le temps pour Jussiê de donner l’avantage à Bordeaux en déviant un coup franc de Ludo Obraniak. J’en profite pour sauter une première fois dans les bras du supporter inconnu de devant, qui semblait aussi en transe que moi, et pour apprécier à nouveau le stade bouillant qui ovationne le Brésilien, sorti dans la foulée, pour laisser sa place à Marange … défenseur.

Bordeaux se qualifie en Ligue Europa au bout du suspense

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Il s’agit maintenant pour nos joueurs de préserver ce but d’avance. Portés par tout un stade, les « GIGIS » se battent comme des « chiens » et tiendront jusqu’à la 89e , lorsque Mikic pense offrir la qualification à son équipe après un cafouillage dans la surface Bordelaise. Stupeur dans le stade. Mais révolté par un arbitrage très discutable et un scénario injuste, le public continue à pousser ses joueurs, qui n’abdiquent pas. Sur un ultime ballon en profondeur, Ludovic Obraniak se bat et provoque la faute du gardien Serbe. Penalty ! Je retiens alors ma respiration et ressent quelques palpitations. Mais Yoan Gouffran, lui, ne tremble pas autant que moi : il libère tout un stade, dans une ambiance de folie. Je saute une seconde fois dans les bras de mon compère de devant et reste figé une bonne coupe de minutes à applaudir mes héros du soir.

J’ai eu l’occasion d’assister à un spectacle rare et je ne suis pas prêt de l’oublier. D’ailleurs, le scénario m’a presque fait zapper qu’il ne s’agissait, finalement, que d’un match du tour préliminaire de la Ligue Europa !

Edit : Les Girondins de Bordeaux ont hérité ce vendredi du FC Bruges, de Newcastle et du Maritimo Funchal pour la phase de poules de la Ligue Europa.

Auteur : Loïc Denibaud

Intervenant d'action sociale le jour, amoureux du football et du beau jeu le jour et la nuit.

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