Jérémy Perbet : l’aventurier

22
mai
2013

Auteur :

Catégorie : Europe

jeremy perbet

Inconnu des radars en France, Jérémy Perbet est l’illustration parfaite qu’on peut réussir à l’étranger, après plusieurs saisons en Belgique où il a explosé, le jeune Auvergnat a posé ses valises l’hiver dernier en Espagne, plus précisément à Villareal.

Auteur de 10 buts en 15 matchs, le Français rayonne en Segunda Division, mais sa carrière n’a pas toujours été facile, retour sur un parcours digne d’un Koh-Lanta.

Originaire du Puy en Velay, Jérémy est passionné dès son plus jeune âge par le football. Durant toute sa jeunesse il évolue dans les équipes amateurs de la région Auvergnate. Mais il ne parvient pas à percer véritablement, une chance lui est donnée en 2003. En effet, il arrive dans le milieu professionnel à 18 ans, un peu par hasard comme il le dit lui-même : «Je n’ai jamais fait de centre de formation en France. Je suis arrivé dans le milieu pro à 18 ans par la petite porte. Je venais du monde amateur où je n’avais que deux entraînements par semaine là, immédiatement, je passe à deux par jour. C’était un peu difficile ». A l’été 2003, il rejoint donc Clermont où il restera deux saisons qui seront marquées par un très gros temps de jeu, mais peu riche en buts (9 réalisations en 68 matchs de championnat de Ligue 2).

Les dirigeants Clermontois décident alors d’envoyer Perbet en prêt à Moulins, club de National. Cet exil marque un tournant dans la vie de Jérémy. Il explose littéralement en National, en étant meilleur buteur du championnat avec 23 buts en 33 rencontres, malheureusement, malgré son poids, il ne parvient pas à maintenir l’équipe qui descend en CFA.

Un observateur qui suivait Moulins se souvient : «  il a tenu son équipe à bout de bras et ils ont failli se maintenir malgré une 1ère partie de saison catastrophique dû au fait qu’il ne savait pas au début de l’exercice qu’il jouerait à l’ASM, il avait débuté lors de la 3ème journée de championnat, ce qui avait particulièrement compliqué le recrutement du club Auvergnat». Néanmoins à cette époque, Jérémy avait le sang chaud comme le rapporte notre témoin : « il était surnommé “le casseur de rétro”, car parfois il s’en prenait aux rétroviseurs de certains automobilistes»

Malgré ce prêt enrichissant, Clermont ne le conserve pas et il atterrit à Strasbourg qui vient tout juste de descendre. perbet-strasbourgLe club Strasbourgeois caracole à l’époque en tête de la Ligue 2. Jérémy Perbet n’arrive pas à s’adapter à son nouvel environnement et ne dispute que 7 rencontres pour 1 but inscrit, il reconnaît alors son mauvais choix : « Je n’étais pas forcément prêt à arriver dans ce type de club. J’y suis arrivé sur la pointe des pieds. J’ai éclaté plus tard que les autres, car je ne connaissais pas toutes les contraintes que demandait un tel niveau. J’ai alors dû faire parler ma force de caractère ». Il enchaîne ensuite une année à Angers où malheureusement pour lui une grave blessure coupe sa progression (blessure au genou). Suite à cet échec, l’Auvergnat retourne à Strasbourg, mais le club Alsacien décide de le prêter en Belgique au Sporting Charleroi, il y dispute encore très peu de rencontres, seulement 13 matchs. Mais cette aventure Belge lui permet d’être repéré par plusieurs formations de Jupiler League.

Le Français prend une décision importante pour la suite de sa carrière : « J’ai choisi la Belgique pour plusieurs raisons. D’une part, la Jupiler est plus médiatisée que la Ligue 2. Et d’autre part, je voulais changer cette image de joueur de seconde zone et m’imposer dans un bon championnat. Parce que des clubs comme le Standard, Anderlecht, ça jouent… » La suite lui donnera raison …

Après quelques galères à Tubize et Lokeren où il ne s’impose pas (en cause, quelques blessures). Jérémy Perbet part de nouveau en prêt, mais cette fois-ci au RAEC Mons, un choix plutôt surprenant, sachant que le club Wallon est en seconde division Belge et n’est pas particulièrement reconnu. Mais le challenge c’est ce qui a attiré le Français depuis le début de sa carrière.  Dès la première saison, il affole les compteurs en inscrivant 14 buts en autant de rencontres disputées. La même année, il connaît les joies de la montée avec le RAEC qui décide de lever son option d’achat. La saison 2011-2012 va être un énorme tournant dans la carrière de Jérémy, il explose littéralement en Jupiler League et devient meilleur buteur du championnat avec 25 buts en 35 matchs. Suite à cette saison stratosphérique, il est élu par ses pairs joueur de l’année. Malgré les convoitises de plusieurs clubs, Perbet décide de rester à Mons, club qui l’a fait découvrir aux yeux du football Belge : « Je dois énormément à ce club : lorsque Lokeren ne me faisait plus confiance, ils m’ont accueilli et m’ont fait confiance. Le fait de terminer meilleur buteur dans ce club a eu un impact vraiment positif sur ma carrière ». Après un bon début de saison, marqué par 15 buts en 21 matchs, le président de Mons décide de prêter le français à Villareal, alors que lui-même ne souhaitait pas voir partir Perbet auparavant.

« Prêt à continuer l’aventure Ibérique? »

jeremy-perbet-villarealDepuis le début de l’année, l’Auvergnat s’est donc exilé dans la banlieue de Valence, après une adaptation compliquée (environnement, accouchement de sa femme, nouvelle culture). Jérémy se sent beaucoup mieux et cela se ressent dans ses prestations sur le  terrain avec le sous-marin jaune, 15 matchs et 10 buts pour l’heure en Segunda Division. Mais pour l’heure, son avenir reste flou. Le Français hésite à rester en Espagne. En effet Villareal est dans la course à l’accession, mais le classement est très serré (au 21 mai, l’El Submarino amarillo est 2ème, mais il ne dispose que de 3 points d’avance sur Alcorcon 5ème). Toutefois il n’exclut pas un retour en France : « Bien entendu que cela pourrait m’intéresser, c’est mon pays. La Ligue 1 reste un très bon championnat, mais ce n’est pas encore le niveau de la Liga qui est un ton au-dessus ». Malgré un futur incertain, Jérémy Perbet empile les buts, son talent est reconnu hors de nos frontières. Après des années de galère, il peut rêver aujourd’hui de jouer contre les meilleurs du monde. Alors que sa vie n’était pas destinée à cette réalité …

Auteur : Thomas Bernier

Amoureux du football, supporter du FC Nantes et fan de Norwich City.

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