Imbula, sacrifié sur l’autel de l’incompétence à la française

21
mars
2014

Auteur :

Catégorie : Ligue 1

Retour sur l'échec de Giannelli Imbula à l'OM. Un échec symptomatique d'une France du foot qui ne sait pas gérer ses jeunes !

«Le prendre était pour nous une garantie et une certitude d’avoir un joueur dont on minimise l’échec au maximum» signé José Anigo à propos de sa, alors toute fraîche recrue, Gianelli Imbula. C’était le 23 Juillet 2013 et 8 mois plus tard, on est en position de dire que  l’échec n’était pas assez «minimisé». Le talent du n°25 olympien n’est pas remis en cause, sa gestion, par contre…. Retour sur un crash, symptomatique du foot français.

Pourtant, tout avait si bien commencé…

Premier match officiel sous ses nouvelles couleurs ? Imbula se voit proposer un retour sur ses terres, à Guingamp. Le minot «marche» sur le milieu de terrain, l’OM s’impose 3 buts à 1 et D.Bravo, Menès, Dugarry et les autres n’en peuvent plus de s’extasier devant son talent sur Canal.

Premier match de Champion’s League ? Tout pareil, il ne tremble pas et livre une prestation de haut vol malgré la défaite baupienne face à Arsenal (1/2). Ça donne dans l’équipe du lendemain, «ses percées plein axe ont souvent fracturé les lignes adverses. Et les milieux anglais ont peiné à rivaliser avec sa puissance». Au sortir du match, Arsenal réitère son intérêt bientôt suivi par le Chelsea de Mourinho, lui aussi sous le charme. On parle d’offre de 30 millions d’Euros.

Explosif, puissant, technique, récupérateur, accélérateur, il a tout pour plaire.

Un vestiaire miné, un staff incompétent et un prodige mal géré

Son temps de jeu est alors conséquent, il n’est absolument pas ménagé par le roi du turn over alors en place, Elie, le petit rentier. Son rendement sur le terrain s’en ressent, ce qui l’agace et le fait dérailler lors d’un match avec les espoirs. Alors que Sagnol se décide à le sortir, l’olympien lâche un «de toute façon, je m’en bats les co…» avant d’envoyer paître de manière impolie, un kiné.

Il n’en fallait pas plus pour lui coller l’étiquette de jeune footeux atteint de melonite aigüe, étiquette si populaire dans nos contrées.

Le mal était fait et l’excuse enfin toute trouvée pour remettre sur le terrain le syndicaliste Cheyrou. Même s’il n’apporte plus rien sur le pré, il reste la figure clé de ce vestiaire marseillais verrouillée par quelques egos mal placés  qui n’apprécient rien de moins que le changement.

Retour sur l'échec de Giannelli Imbula à l'OM. Un échec symptomatique d'une France du foot qui ne sait pas gérer ses jeunes !Les «cadres» marseillais se réjouissent du retour du vieux qui leur garantit une sécurité au moins en matière d’exposition personnelle. Bien entendu, la pilule passe mal chez celui que l’on appelle désormais «Imboulard». Son implication à l’entrainement n’est plus la même et toutes les composantes du club ne se gênent pas de le souligner  en off  à des journalistes jamais avare de raccourcis facile. A sa décharge, il doit se farcir toutes les prestations insipides de son remplaçant (souvent ponctués par des défaites) en sachant pertinemment que son coach est trop apeuré par le pilier du vestiaire pour désormais le sortir du 11. Le climat se détériore, Baup est viré un soir d’embrouilles entre jeunes coqs (lui et Thauvin) à la sortie d’une énième défaite sans envie contre Nantes.

L’arrivée d’Anigo ne changera pas grand chose, le ressort semblant cassé. Pendant des mois, il erre sur le terrain comme une âme en peine lors de ses rares entrées en jeu. Et lorsqu’il semble finalement de retour après une prestation majuscule contre Bastia (première victoire par plus de trois buts d’écarts pour l’OM en deux ans), il est renvoyé sur le banc pour les cinq matchs suivants. Sur le banc, voir en CFA2 comme  le week-end dernier.

La raison ? Toujours la même, il s’agit de le faire grandir….

De la gestion des jeunes en France….

Par où commence t’on ? La virée des espoirs ? Ben Arfa ? A l’OL ? A L’OM? En équipe de France? Non, ça remonte à plus loin. Knysna ? Ou ptet’ bien, le PSG «banlieue» du début des années 2000 ?

La France du foot a un problème avec sa jeunesse. C’est un fait qui ne remonte pas à hier mais qu’on ne s’emploie absolument pas à régler. Les éducateurs bleu/blanc/rouge  appliquent toujours la bonne vieille méthode de la carotte et du bâton façon «Guy Roux». Pire encore après ce drame sans nom (dont il faudrait quand même penser à se remettre un jour) que fût Knysna, les médias se régalent à l’idée de casser du jeune. C’est facile, ça plaît bien puis on trouvera toujours un glorieux ancien pour appuyer ses dires.

On est sincèrement désolé pour Jean-Michel Larqué et Olivier Rouyer mais non, les jeunes ne nettoient plus les crampons des anciens après l’entrainement. Quand aux coachs français, il serait temps qu’ils comprennent qu’ils ont à faire à des individus différents des jeunes d’il y a 20 ans.

Lorsque des Imbula ou  Thauvin arrivent en grande pompe, on ne peut attendre d’eux qu’ils se comportent comme des poussins promulgués chez les moins de 16. Puis ni le poussin, ni le moins de 16 ne touchent de tels salaires. Les punir «pour leur mettre du plomb dans la tête» (pilier du système Guy Roux) ne rime à rien  quand ils se savent suivis par Mourinho ou Wenger…. Les valeurs du foot à la papa qui font plaisir à tout le monde échouent systématiquement depuis une quinzaine d’années en France. Il serait temps de changer son fusil d’épaule !

Un entraîneur français a eu la jugeote de le faire à un moment critique pour son poulain. Il s’agit d’Alain Casanova qui après «la virée nocturne des espoirs», a maintenu sa confiance en Ben Yedder. “Vous savez très bien que nous, on permet, on autorise tout le temps le droit à l’erreur. On n’oublie pas aussi qu’on a affaire à de jeunes joueurs”. Résultat ? 15 buts pour le franco tunisien la saison dernière, bien partie pour réitérer la perf’ cette année (11 pour le moment). L’exemple inverse ? Ce grand psychologue d’Antonetti qui au même moment fustige ses joueurs (M’villa, Mavinga) impliqués dans le grand psychodrame du foot français cuvée 2012. Résultat ? Les deux seront bradés en Russie, Rennes terminera quand à lui à une piteuse 13ème place… Deux poids, deux mesures. Une réussite, un gâchis.

Auteur : Mourad Aerts

Joue en troubadour sur tout le front de l'attaque. Amoureux du foot et de ce qu'il représente partout dans le monde

Vous avez aimé cet article ? Partagez-le !

Les derniers articles de la catégorie Ligue 1

Plus dans Ligue 1
Focus sur le club "bouffée d'air frais" de la Ligue 1! Avec à la place de Sonic le hérisson, Pascal le montagnard!
L’ETG, c’est comme Sega, c’est plus fort que toi parce que…

Ils nous permettent de ne pas sentir le poids des années qui passent lors des retransmissions de leurs matchs. « Laquait...

Ils sont encore 8 en course. Alors qui d' Ajaccio, Sochaux, Valenciennes, Evian, Rennes, Nantes, Guingamp, Montpellier et Nice sauvera sa tête en Ligue 1
Ligue 1 : La course au maintien

Ils sont huit, huit équipes à ne pas vouloir descendre. Si Ajaccio paraît définitivement condamner avec seulement quinze points, sept...

Comme la direction de l'OM semble patauger à l'heure d'élire un nouveau coach, APP se propose de leur filer un coup de main.
10 entraîneurs pour l’OM

Grand club français recherche coach motivé. Dans le « fameux contexte marseillais », vous essayerez de singer le modèle Dortmund avec nos...

Fermer