Il y a 20 ans, l’OM était Champion d’Europe

23
mai
2013

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Catégorie : Culture foot

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Le 26 mai 1993, l’OM devenait le premier et unique club français champion d’Europe. Retour sur une époque où l’OM écrasait le championnat national et dominait la scène Européenne, de la fin des années 80 jusqu’à l’apothéose de Munich.

Bernard Tapie, l’ambition d’un Président bouillant

C’était un 19 février 1986 : à la demande du Maire de Marseille de l’époque, Gaston Defferre, Bernard Tapie accepte de venir au secours d’un OM qui stagne dans le ventre mou de la Première Division, et qui n’a plus remporté la couronne de champion de France depuis 1972. Le début d’une grande aventure qui mènera le club phocéen sur le toit de l’Europe.

A son arrivée, le plus grand patron de l’histoire du football français annonce la couleur : “Je me donne cinq ans pour faire de l’OM un grand club européen” … on connaît la suite, sa mission fut plus que remplie.

om-1991-jppDès sa prise de pouvoir, Tapie se donne les moyens de son ambition et la cité Phocéenne voit débarquer notamment Förster, Domergue et Giresse, mais surtout un certain Jean-Pierre Papin, qui vient de claquer 30 buts avec le FC Bruges. Si ses débuts lui coûtent quelques surnoms désobligeants tels que « j’en plante pas » ou « j’en peux plus », JPP devient rapidement la coqueluche du Vélodrome, marquant pas moins de 185 pions en six ans (1986-1992), glanant même le ballon d’or en 1991 (à ce jour, il est le seul à être honoré de cette distinction alors qu’il jouait dans un club français).

Durant ses deux premières saisons à la tête de l’OM, Tapie se contente d’une place de dauphin des Girondins de Bordeaux en 1987. Mais cette période peut se qualifier de transition, car Marseille ne va tarder à conquérir la France et l’Europe. Chaque intersaison est consacrée à améliorer l’effectif de façon à être de plus en plus performant. Ainsi, en juillet 1988, Sauzée, Huard, Cantona, Vercruysse et Di Méco rejoignent le vestiaire Olympien et offrent le titre aux supporters du stade Vélodrome, qui patientaient depuis dix-sept ans. Cette saison là, Papin leur ramène même la Coupe de France en s’offrant un triplé contre l’AS Monaco au Parc des Princes (victoire finale 4-3).

Mais Tapie ne compte pas en rester là. Son objectif est bel et bien de faire de l’OM la meilleure équipe d’Europe. C’est pourquoi il effectue un nouveau mercato de haut standing en recrutant Francescoli, Tigana, Amoros, Mozer et … Chris Waddle. Arrivé sur la Canebière dans le plus grand anonymat alors que les supporters attendaient Diego Maradona, l’anglais ne tarde pas à se faire un nom. Durant trois saisons, le gaucher à l’allure dégingandée va enchanter le stade Vélodrome et former l’un des meilleurs duos de tout les temps avec JPP, poussant même Francescoli vers la sortie. S’en suivra trois autres championnats de France de 1990 à 1992, une demi-finale de Coupe d’Europe des clubs champions perdue scandaleusement (but de la main de Vata) contre le Benfica Lisbonne, puis la fameuse de finale de Bari, où l’OM, bien que largement supérieur à l’Etoile Rouge de Belgrade, échouera aux tirs aux buts.

1993 : Chronologie d’une campagne victorieuse

A l’aube de la saison 92/93, les supporters Phocéens tremblent devant les départs très importants : Jean-Pierre Papin s’envole pour le Milan AC, Chris Waddle rentre au pays et Carlos Mozer retourne à Benfica. Côté arrivées, Rudi Völler et Alen Boksic sont chargés de faire oublier JPP, Marcel Desailly arrive de Nantes, de même que le jeune Fabien Barthez débarque de Toulouse pour jouer les doublures du spectaculaire Pascal Olmeta. Pour repositionner ce recrutement dans son contexte, il convient de préciser qu’à l’époque, les deux futurs champions du monde ne jouissent que d’un statut d’espoir du football du Français, au même titre qu’un Yohan Thuram ou Kurt Zouma aujourd’hui, par exemple … Bref, pas de quoi jubiler donc, d’autant que l’ennemi juré, le PSG, se découvre une vraie posture de grand club avec l’arrivée de Canal Plus. “Ce n’est pas avec çà qu’on va gagner la Coupe d’Europe” dit même Raymond Goethals à Bernard Tapie !

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Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le début de saison de cet OM ne va pas contredire le Belge. Comme d’habitude, l’OM perd à Bordeaux, puis c’est Nantes qui vient s’imposer au Vélodrome pour la 11ème journée. Cette défaite sera fatale à Goethals, qui saute pour faire place à Jean Fernandez … qui ne redressera pas la barre et qui sautera à son tour un mois plus tard, remplacé par … Raymond Goethals ! A la trêve hivernale, les Phocéens occupe une « catastrophique » 5e place.

Mais cet OM-là a du caractère et surtout un talent insoupçonné en début de saison, à l’image de Fabien Barthez. Car depuis Novembre et une blessure à l’entrainement, Pascal Olmeta est en effet en disgrâce. Ou, plus exactement, le talent du “divin chauve” est tel, et son aisance à l’entraînement si impressionnante, que sa titularisation est devenue une évidence.

En même temps, Marcel Desailly explose au côté de Basile Boli pour former une charnière centrale infranchissable, et la doublette Alen Boksic/Rudi Völler se met à empiler les buts. L’OM va peu à peu fondre sur ses adversaires et vire en tête au soir de la 30e journée. Les hommes de Tapie ne lâcheront plus la place de leader jusqu’au terme du championnat, s’offrant une victoire de prestige contre le PSG, 3-1, avec un but d’extraterrestre de Basile Boli sur une tête à l’entrée de la surface, venu ponctuer une action collective de toute beauté ! Plus dur sera la chute, on entrera alors dans une autre histoire beaucoup moins romantique et l’OM sera déchu ce titre de champion. Peu importe, l’apothéose de Munich est passée par là pour faire chavirer les cœurs !

L’apothéose de Munich : à jamais les premiers 

Paradoxalement, l’Olympique de Marseille ne tremblera jamais pour se frayer un chemin vers le stade Olympique de Munich, lieu de la finale de la Ligue des champions 92/93.

Au premier tour, les protégés de Bernard Tapie ne font qu’une bouchée des modestes irlandais de Glentoran (8-0 sur l’ensemble des deux matchs). Si le Dinamo Bucarest offrira un peu plus de résistance, les Phocéens ne forceront pas leur talent pour accéder aux phases de groupe, s’imposant au Vélodrome 2-0 grâce à un doublé de Boksic, après un nul 0-0 en Roumanie. Héritiers des Rangers, du CSKA Moscou et du FC Bruges, les marseillais font la course en tête du deuxième au dernier match, écrasant au passage le CSKA Moscou 6-0 au Vélodrome et s’imposant à Bruges 1-0 pour se qualifier pour la deuxième finale européenne de leur histoire, un fameux 26 mai 1993.

Ce soir là, ce n’est peut être pas la plus belle équipe de l’OM qui se présenta face au grand Milan AC des années 90. Mais cette équipe là avait des c****** ! Et face à des Italiens favoris mais beaucoup trop sûr d’eux, pas question de rentrer bredouille cette fois-ci : l’équipe emmenée par le capitaine Didier Deschamps et « son minot » Eric Di Méco connaît le scénario et va réaliser le match parfait.

Logiqement, le début de rencontre est nettement à l’avantage des hommes de Silvio Berlusconi. L’OM souffre, mais Desailly musèle complètement Van Basten et Barthez repousse une à une les tentatives de Massaro. Suite à un choc, Basile Boli endure énormément et souhaite céder sa place. En tribune, le président Tapie ordonne à Goethals de ne pas sortir son défenseur. Le tournant du match, car la suite, on la connait : alors que les Phocéens n’ont fait que quelques apparitions dans la surface italienne, Abedi Pelé s’agite sur le coté droit et oblige Maldini à concéder le corner. Le Ghanéen s’en charge et dépose le ballon sur la tête du « malheureux de Bari », qui catapulte le ballon dans la lucarne de Sebastiano Rossi. Didier Deschamps pouvait donc soulever la « Coupe aux grandes oreilles », et Basile Boli effacer ses larmes de Bari : Marseille était sur le toit de l’Europe, pour la première fois dans l’histoire du football français.

“Elle n’était peut-être pas très belle, ma tête. Mais je l’ai dosée pour qu’elle dépose le ballon là-bas, au deuxième poteau. Je ne l’ai pas vu partir dans le but de Milan, mais dans l’histoire. ». Oui mon Basilou, comme s’est exclamé le regretté Thierry Rolland au moment de ton but.

Oui Basile, ta tête restera à jamais gravée dans l’histoire.

Car 20 ans plus tard, ton coup de boule magistral est toujours l’un des plus beaux fait d’arme du football français….et certainement pour l’éternité !

En complément, on vous conseille le reportage de Basile Boli sur ce “fameux” but :

Auteur : Loïc Denibaud

Intervenant d'action sociale le jour, amoureux du football et du beau jeu le jour et la nuit.

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