Il était à Nantes – Boulogne

18
mars
2012

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Catégorie : En direct du stade

Nantes boulogne

Pour un supporter du FCN, aller à la Beaujoire est comme un pèlerinage. Il y a des rites, des coutumes et des codes à respecter. Un peu comme partout me direz-vous. Oui mais voilà, ce stade n’est pas n’importe lequel.

De l’excitation dès le réveil. Une journée en cours à penser au ballon rond, et à compter les heures avant le coup d’envoi, il y a des signes qui ne trompent pas. Un peu comme empocher l’écharpe des Canaris juste avant de partir et chantonner l’hymne du club avant de retrouver les compagnons de route. Sur Mappy, il faudrait 1h11. La réalité est toute autre. Aussi intelligent soit-il, Internet ne prend pas en compte les bouchons avant les grands rassemblements tels que les matchs. Oui, oui même ceux de Ligue 2.

En fait ce ralentissement, plutôt insupportable en temps normal, se transforme en « avant-match » durant lequel la pression monte et les pronostics fusent. C’est donc un moment du match à part entière. Une sorte de transition entre la routine de la semaine et l’excitation hebdomadaire lorsqu’apparaît au loin la Beaujoire Louis Fonteneau (pour les romantiques). Même le capharnaüm aux abords du stade et la difficulté de trouver une place de parking n’entament pas l’euphorie naissante. Au contraire.
Aussitôt le fouillage effectué, le speaker annonce la compo des équipes. Cette voix, on n’a pas fini de l’entendre. Elle annonce, en effet, les changements et surtout les buts. L’entrée des équipes sur un fond rock’n roll chauffe le public, venu en masse. Pleine à craquer, la Tribune Loire passera le match, à chanter, sauter, supporter, courir, acclamer, siffler. Tout un art. Mais plus que les chants, le « Kop » vit le match. Qu’ils mènent (2e 1-0 et 57e 3-2) ou qu’ils soient menés (25e 1-2), les Canaris ont pu compter sur un soutien de poids tant la tribune s’est égosillé pour encourager ses protégés. Entre deux discussions avec des inconnus, qui ne le sont plus vu que la passion FCN est commune, les descentes vers la « fosse » à chaque but ont rythmé la soirée. Avec pas moins de trois buts Nantais, la vague déferla autant de fois. Une façon de se rapprocher du rectangle vert et d’être le plus prêt possible de ses héros.

Des idoles qui ont fait vivre à leurs supporters un véritable ascenceur émotionnel. Tout d’abord la joie, avec un but précoce, conjuguée à la surprise. L’euphorie naissante laisse place à l’exultation lorsque le point de penalty est désigné par l’arbitre. Le souffle coupé et les yeux rivés sur Raspentino, un silence de cathédrale reigne. « La balle de match » pour certains, une « simple » balle de break pour d’autre. Mais les affabulations ne trouvent pas preneur. Le penalty est manqué, le stade soupire et se prend la tête à deux mains. L’occasion d’enfoncer le clou est manquée. On espère ne pas devoir le regretter. Nous ne sommes qu’à la cinquième minute. Et c’est loin d’être fini.

Ce n’était qu’une mise en jambe. S’en suit de la perplexité, tout de suite complétée par de l’agacement lorsque Boulogne renverse la situation. « C’est impossible, on avait la balle du 2-0 ! » lance un supporter, dépité par cette folle demi-heure. Aussi cruelle soit-elle, la réalité du terrain laisse la TL pantois, sans voix et passablement surprise par le sursaut d’orgueil du relégable. Les chants, repris par des milliers d’afficionados résonnent dans le stade et galvanisent les hommes de Chauvin. La joie retrouvée, et le soulagement règnent lorsque Veretout égalise. Juste avant la mi-temps, le plus dur est fait.

Acclamé à sa sortie, Wiltord bouclera son match parfait par une passe décisive pour Pancrate. Une manière de remercier des ultras toujours là, quelque soit le résultat. Après avoir pris l’avantage, c’est tout le stade qui scande ses couleurs et exhibe un large sourire. Officieusement sur le podium, c’est pourtant un ancien Canari qui sèmera le trouble. Capoue, cible de la soirée, est copieusement insulté. Revenchard, il transformera un penalty qu’il aura provoqué avant de chambrer la tribune. Pas du goût des supporters puisque les stadiers ont fort à faire pour éviter une intrusion en masse sur le terrain. Une haine inexplicable à la hauteur du culot affiché par Aurélien Capoue. C’est finalement dans ce climat tendu et délétère que le match se termine. La frustration est grande, la déception de ne pas avoir rejoint le trio de tête minent les visages. C’est un peu comme si on avait perdu. Non, je ne suis pas défaitiste, je suis juste abattu par ce scénario rocambolesque, qui me laisse un goût amer. Heureusement que je ne suis pas cardiaque.

(Photo Presse-Sports)

Auteur : Fabien Burgaud

Fabien : motivation le journalisme sportif. Supporter du FCN et amoureux du football.

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