Le Hellas Verone, vers la fin d’une tragédie grecque ?

25
octobre
2013

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Catégorie : Europe

Pour beaucoup, Vérone est la ville de Roméo et Juliette. Pour les autres, c'est surtout la ville qui abrite le Hellas Vérone actuel 4ème de Série A.

Pour beaucoup, Vérone est la ville du romantisme et de Roméo et Juliette. Pour les autres, c’est surtout la ville qui abrite deux clubs, le Chievo et le Hellas. Et en ce moment, c’est surtout le Hellas.

«Magico Verona», c’est comme cela que la prestigieuse Gazzetta Dello Sport qualifie le Hellas Verone dans ses colonnes lundi. Il faut dire que le club de Vénétie est pour l’instant 4ème du championnat italien. Devant des habitués du poste comme l’Inter, la Fiorentina, le Milan AC ou encore la Lazio. Concours de circonstance ? Chance que connaît toute équipe promue arborant un maillot jaune (Nantes et Villarreal sont aussi 4eme. l’Eintracht Brunswick est l’exception qui confirme la règle…) ? Ou peut-être juste une équipe historique qui retrouve enfin sa place ?

“Hellas”, Tifosis et Serie A

Car à Vérone, le club le plus ancien n’est pas le Chievo, mais bien le Hellas. Nommé ainsi en 1903 par les étudiants fondateurs qui voulait faire plaisir à leur professeur de lettres, Hellas voulant dire «Grèce» en grec, l’équipe est celle qui compte le plus de tifosi dans Pour beaucoup, Vérone est la ville de Roméo et Juliette. Pour les autres, c'est surtout la ville qui abrite le Hellas Vérone actuel 4ème de Série A.la ville. Et elle s’impose en Italie dans les années 80. D’abord double-finaliste de la Coupe d’Italie en 83 puis en 84, le Hellas Verone remporte le championnat d’Italie en 1985. C’est la dernière fois qu’une ville n’étant pas une capitale régionale est sacrée chez les transalpins.

Entraînée par Osvaldo Bagnoli, l’équipe comptait sur des joueurs aujourd’hui méconnus. Les attaquants Pietro Fanna, Giuseppe Galderisi et Preben Elkjaer-Larsen (deuxième du Ballon d’or 1985 !) menaient la danse. Les tifosi étaient parmi les plus fervents de la Botte. Preben Elkjaer-Larsen peut en témoigner : «Quand tu as la chance de connaître et d’apprécier qui souffre avec toi le dimanche et qui partage tes joies et tes douleurs même en étant dans les tribunes, tu t’attaches à lui. (…) Et pour cette raison, par respect pour qui m’a aimé et m’a célébré jusqu’à m’invoquer comme Maire de Vérone, je n’ai jamais accepté de porter un autre maillot en Italie. Leur respect méritait le mien…».

Le Hellas tique

Mais si les performances sportives étaient intéressantes, rien n’allait en interne pour le Hellas Verone. De nombreux dirigeants du club eurent des démêlés avec la justice, entre trafic de drogue, prostitués et transferts un peu illégaux… Les années 90 furent rudes pour les Gialloblu, les années 2000 pas plus réjouissantes. De 2000 à 2003, les Véronais se maintinrent au premier échelon, avec des joueurs bien connus comme Oddo, Gilardino, Mutu, Tommasi ou encore Sébastien Frey. Mais ils retombèrent ensuite dans les limbes de la Serie B. Avant de connaître une chute encore plus lourde. En 2007, le club descend en Série C/1, l’équivalent du National, 64 ans après son dernier passage.

Heureusement la remontée ne dure pas aussi longtemps. D’abord en 2008 pour l’accession en Serie B, puis en 2013 au plus haut niveau. Un événement concrétisé le 18 mai dernier, après un nul 0-0 face à Empoli lors de la dernière journée. 30 000 tifosi étaient là pour célébrer cette remontée tant attendue.

Seulement 10 confrontations dans le derby de Vérone !

Pour éviter de faire l’ascenseur, les dirigeants ont vu les choses en grand. Ils se sont payés l’increvable Luca Toni, auteur d’un doublé assommant le Milan AC lors de la première journée. Mais également des promesses sud-américaines comme Juan Manuel Iturbe ou le jeune milieu argentin Ezequiel Cirigliano, tous les deux prêtés. Sans oublier la perle du centre de formation : Jorge Luiz Frello Filho, alias Jorginho. Le jeune meneur, né au Brésil mais italien grâce à son arrière-arrière grand-père originaire de Vénétie, est convoité par beaucoup de monde. La sélection italienne et le Brésil tentent chacun de l’attirer, tandis que la Fiorentina, mais aussi la Juve et Arsenal suivent de très près le garçon de 21 ans, déjà auteur de 5 buts en 8 match. Mise à prix : 10 millions pour l’entraîneur du Hellas, Mandorlini.

Pour l’instant, la stratégie marche. Le Hellas a battu le Milan AC dès le début de la saison, a posé pas mal de problèmes à la Juve avec

une défaite 2-1, et vient d’enchaîner trois victoires consécutives en marquant 9 buts. De quoi aborder avec confiance le derby du 23 novembre, contre le Chievo Vérone. Appelé le «Derby della Scalla», il est populaire puisqu’il fait partie des 5 « vrais derbys » en Italie, avec ceux de Rome, Gênes, Milan et Turin. Enfin, il est surtout célèbre parce que Vérone est une ville historiquement faite pour un derby, avec les affrontements entre Montaigu et Capulet.

En tout cas, il n’est sûrement pas connu pour sa régularité. La première confrontation n’a eu lieu qu’en 1994, pour un total de 10 rencontres ! Comment ce nombre peut-il être si bas ? C’est très simple. Le Chievo Vérone, crée en 1929, n’acquiert le statut professionnel qu’en 1986. Depuis, les deux équipes se sont évitées entre les divisions. Mais cette année, il y aura deux nouvelles confrontations, deux nouveaux derbys pour partager Chievo et Hellas à Vérone. Pour l’instant c’est l’égalité parfaite : 4 victoires chacun, pour deux nuls. Si le Hellas Vérone veut s’installer dans le haut de tableau et rompre avec son histoire de tragédie grecque, il sait ce qu’il lui reste à faire.

Auteur : Christophe.C GARNIER

Passionné de foot et spécialement fan de tout ce qui se fait outre-Manche depuis 10 ans.

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