Gourcuff, l’enfant chéri

05
novembre
2012

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Catégorie : Editos

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On est triste quand il est blessé, on s’enflamme dès qu’il enchaîne deux matchs corrects, on l’attend comme le Messie chez les Bleus. Probablement surcoté trop tôt, Yoann Gourcuff porte en lui les espoirs d’un après-Zidane. Mais c’est un « prodige », bien que frappé par la malchance, qui ne laisse pas indifférent.

Trop vite propulsé sur le devant de la scène, il ne perce pas en Lombardie

Il a le parcours du joueur français que l’on traque tôt. Trop tôt. Que l’on surveille d’un œil avisé dans les centres de formation et les matchs quasi-anonymes du championnat de CFA. Les recruteurs guettent, gribouillent leurs carnets et passent des coups de fils. Et ne tardent pas à remarquer un jeune de 17 ans, alors au Stade Rennais. Il y fait même ses débuts en Ligue 1. C’est donc l’AC Milan qui tire le gros lot et lui fait les yeux doux alors que le Breton n’a que 20 ans. Trop vite propulsé sur le devant de la scène, celui qui détonne par sa timidité ne perce pas en Lombardie. Deux ans sous le maillot Rossonero, 36 matchs et deux buts en championnat, le bilan est bien maigre pour celui que les observateurs décrivaient comme le futur Zidane. Un fardeau bien trop lourd, qui résume toute l’envie et l’attente du football français de retrouver un 10 de génie après le départ en 2006 de Zizou.

Bordeaux, le retour de la confiance

A un si jeune âge, il faut avoir les pieds sur terre pour supporter une telle comparaison. Maldini ne s’y trompe pas en affirmant que c’était « une erreur à 100% que d’être venu à Milan » et que Gourcuff devenait « étranger au groupe ». A l’intégration manquée s’ajoute l’image écornée d’un joueur supposé lisse et sans histoire. Le solitaire Yoann s’enferme dans son cocon et agace par un comportement à l’opposé de la notion collective du football. A Bordeaux, il trouvera un réconfort. En plus de retrouver son père qui entraîne à Lorient, il retrouve son pays et parvient enfin à dénicher ce qui semble être son leitmotiv : la confiance. On l’aime, on le chouchoute, Laurent Blanc lui fait sentir que l’on a besoin de lui. Une équation gagnante puisqu’il illumine le championnat de France. Son but face au PSG en janvier 2009, un mélange parfait de technique et d’audace, montre bien que le joueur est enfin bien dans ses baskets. Assortie d’un titre de champion de France, du trophée de meilleur joueur UNFP et d’une nomination dans la liste des 30 au Ballon d’Or, 2009 est bien l’année du Breton. En témoigne son but en équipe de France un an plus tôt, en Roumanie. Une frappe de 30 mètres qui permet aux Bleus de revenir d’Europe de l’Est avec un point (2-2). La confiance on vous dit.

2009 – 2012 : 3 années ponctuées de blessures

Mais le cercle vertueux s’arrête brutalement, YG enchaîne dès lors les prestations médiocres et les blessures. Habitué des salles d’infirmerie depuis maintenant trois ans, celui pour qui Aulas déboursa près de 20M d’€ au mercato 2010 ne joue que par intermittence et ressent l’impatience autour de lui. On fustige aussi bien son absence que ses pâles copies rendues durant ses deux premières saisons dans le Rhône.

Mais 2012/2013 pourrait bien être son année. Sa fin d’exercice est correct avec deux buts, son emprise sur le jeu est notoire et il fait enfin une préparation physique entière. Tout semble disposé pour qu’il réalise enfin une saison pleine. Si son talent est indéniable, il est distillé à chacune de ses prestations sous la forme de centres, buts, où son rôle de régulateur est précieux. Son énième blessure en début de saison contre Troyes (2e journée) est un nouvel aller-retour vers l’infirmerie, qu’il connaît trop. Sa récente titularisation contre Bastia (11e journée) devrait enfin signifier pour lui un renouveau A 26 ans, Gourcuff revient enfin sur les pelouses. Il n’est alors par étonnant que l’on souligne si ce dernier tire un coup-franc qui amène le but de Gonalons contre les Corses. On s’enflamme sur chaque action, chaque but pour y voir le signe d’une seconde jeunesse. Le talent est là, le mental peut-être encore un peu friable. Mais qu’importe, on se réjouit intérieurement du retour d’un joueur que l’on espère voir secrètement mener les Bleus vers Rio. Au vu de son potentiel, ce ne sera pas une tâche herculéenne. Et d’ici là, on le scrutera avec attention. Il a l’habitude maintenant, voilà dix ans qu’on le regarde avec attention.

Auteur : Fabien Burgaud

Fabien : motivation le journalisme sportif. Supporter du FCN et amoureux du football.

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