Forez Jump

02
septembre
2018

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Catégorie : Ligue 1

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A quelques heures de recevoir Amiens à Geoffroy-Guichard et plus d’un jour après la fin du mercato, les Verts suscitent de nouveaux espoirs auprès de leurs supporters. Après une saison mi galère – mi inespérée, le club a pris un nouveau cap sportif cet été en affichant clairement ses ambitions : retrouver la scène européenne dès l’an prochain. Mais les stéphanois sont-ils réellement si bien armés que ça réussir ce bond en avant espéré ?

On avait quitté les stéphanois en fin de saison dernière déçus après avoir échoué aux portes de l’Europe. La déception avait cependant un goût singulier : certes la qualification en C3 était un objectif (à demi avoué) au début de la saison dernière, mais à la fin de l’année 2017 plus personne n’y croyait, le spectre d’une possible relégation commençant alors à planer au dessus du Forez. Il a fallu l’arrivée de Jean-Louis Gasset aux manettes de l’équipe pro, ainsi qu’un mercato hivernal salvateur (Subotic, M’vila, retour de Beric…) pour remettre les stéphanois dans le droit chemin de la victoire qui les mènera à cette 7ème place (égalité de points avec Bordeaux, mais une moins bonne différence de buts).

Alors que le chantier de l’ère post-Galtier était censé s’achever l’été dernier, il semblerait qu’il ait pris du retard. À la fin de la saison 2017-2018, les Verts ne semblaient pas plus avancés qu’au début de celle-ci : cadres prêtés ou à un an de la fin de leur contrat, peu de visibilité à court terme… Le rachat du club devait permettre d’amener, enfin, l’ASSE dans une nouvelle dynamique, mais les négociations avec les repreneurs américains Peak6 ont finalement échoué (en partie, apparemment, à cause de la volonté des investisseurs de placer Ricardo à la tête de l’équipe, à la place de Jean-Louis Gasset). L’actuel entraineur du LOSC avait réussi à ramener Sainté en coupe d’Europe grâce à une recette mise au point avec les dirigeants, reposant notamment sur deux ingrédients : salary cap avec une forte part variable tant pour éviter les guerres d’égo dans le vestiaire que pour susciter une motivation supplémentaire mais également respecter les contraintes budgétaires du club, ainsi qu’une concurrence instaurée à tous les postes et un effectif conséquent (répondant aussi par ailleurs aux besoins d’une saison européenne). A ce modèle qui semblait être arrivé à bout de souffle, les dirigeants stéphanois et Jean-Louis Gasset ont décidé de tourner le dos cet été.

Ces dernières saisons l’ASSE avait un effectif quantitativement conséquent, mais dans lequel il y avait peu (voire pas) de joueurs réellement, décisifs, ceux capables de tirer l’équipe vers le haut. Jean-Louis Gasset semble avoir amené une nouvelle philosophie depuis son arrivée fin décembre dernier : faire mieux avec moins, l’idée étant de réduire la taille de l’effectif professionnel (et donc sa masse salariale), afin de pouvoir recruter des joueurs amenant une véritable plus value sportive. C’est également pour cette raison que le salary cap, longtemps loué à juste titre pour ses bénéfices, n’est aujourd’hui plus en vigueur dans le Forez. Ainsi, Léo Lacroix, Vincent Pajot, Oussama Tannane ou encore Kévin Théophile-Catherine ont, entre autres, été priés de faire leurs bagages afin de donner davantage de marge de manœuvre sur le marché des transferts. Le club a ainsi enregistré 13 départs[1], plus les deux retours de prêt de Hernani et Paul-Georges Ntep.

De l’autre côté de la balance des transferts seulement 4 arrivées : Rémy Cabella, Timothée Kolodziejczak (prêt), Wahbi Khazri et Yannis Salibur (prêt). Sur le papier ces recrues ont un profil très intéressant : il était inimaginable en début de mercato de penser que les Verts pourraient s’offrir Rémy Cabella et Wahbi Khazri, qui sortent tous les deux d’une très belle saison dans des clubs de haut de tableau. Parallèlement, également grâce au dégraissage massif effectué cet été, le contrat de Yann M’vila qui se terminé l’été prochain a été prolongé, tandis qu’il était toujours question d’en faire de même avec celui de Neven Subotic à la fin de l’été.

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Pourtant, et Jean-Louis Gasset l’a répété ces dernières semaines, malgré un recrutement séduisant sur le papier, la stratégie stéphanoise semble être à double tranchant. Le fait que l’effectif professionnel ait considérablement été réduit quantitativement cet été, constitue en effet une petite ombre au tableau des Verts. En défense, le coach de l’ASSE ne dispose réellement que de 5 joueurs : Perrin, Kolo, Gabriel Silva, Subotic et Debuchy ; au milieu 3 joueurs (M’vila, Selnaes, Diousse) pour 2 postes, et si l’ancien adjoint de Blanc peut faire appel à 8 joueurs (Cabella, Diony, Khazri, Nordin, Salibur, Hamouma, KMP et Beric) pour composer sa ligne offensive de 4, il a plus ou moins clairement fait savoir durant l’été qu’il n’aurait pas dit non à un joueur supplémentaire correspondant plus au profil recherché.

Ainsi, Saint-Étienne dispose d’un 11 de très bonne qualité, armé pour disputer cette 5ème place. Pour atteindre cet objectif, il faudra néanmoins compter (un peu) sur une bonne étoile veillant sur la santé et les performances des joueurs stéphanois, tant les solutions de rechange peuvent paraître limitée d’un point de vue quantitatif et/ou qualitatif. Jean-Louis Gasset a néanmoins intégré 3 jeunes au groupe professionnel (Saliba, Camara et Gueye), tout en soulignant que ces joueurs peur expérimentés ne pouvaient avoir qu’un rôle de joker, à l’image du but égalisateur de Gueye à Strasbourg sur son premier ballon touché. Enfin, quelques incertitudes sur le niveau de jeu de certains joueurs planent encore en ce début de saison : Loïc Perrin et Neven Subotic n’ont pas totalement rassuré lors de leurs premières sorties, le très prometteur Dioussé doit franchir un pallier cette année, Loïs Diony est apparu bien plus en jambes que l’année dernière mais après un an sans marquer et en jouant peu personne ne connaît son véritable niveau aujourd’hui, Hamouma et Beric ont connu de nombreux problèmes de blessures ces dernières années… Il faut bien entendu espérer de bonnes surprises, mais le fait que la saison pourrait être plus difficile que prévue (en raison de la taille de l’effectif) si cela n’était pas le cas, amène à garder la tête froide vis à vis de ce mercato plutôt prometteur.

Faut-il pour autant être inquiets pour les Verts ? Rennais et Bordelais ont effet réalisé également des emplettes estivales plutôt bien senties, et il y a fort à parier qu’il faudra compter une nouvelle fois sur les Niçois qui ont réussi à conserver Mario Balotelli. Il est difficile de jauger les équipes les unes par rapport aux autres en ce début de saison, mais si le tendon d’Achille des Verts est la profondeur limitée de leur d’effectif, les trois concurrents cités en ont également. Les bretons vont jouer les poules d’Europa League ce qui peut, et les stéphanois l’ont appris à leurs dépends, pomper une grosse partie de l’énergie d’un groupe et valoir quelques points perdus le week-end. Par ailleurs, Wahbi Khazri aujourd’hui en vert a été un véritable homme fort de la qualification rennaise l’année dernière, et Sabri Lamouchi a du reconstruire presque toute sa ligne offensive (Siebatcheu, Niang, Grenier, Ben Arfa ?). Les Girondins sont également européens, et ont en prime hérité de déplacements à l’autre bout du continent. De plus, le climat après le départ de Poyet et alors que le rachat est encore en cours, est quelque peu lourd sur les bords de la Garonne. Les Aiglons ont quant à eux un profil similaire aux stéphanois : un très beau 11 de départ, mais un effectif professionnel limité. N’oublions pas enfin les Lillois qui sous les ordres d’un Christophe Galtier disposant d’un effectif de qualité, sont peut-être les principaux favoris pour cette fameuse 5ème place (voire plus…).

Quoi qu’il en soit la saison devrait être belle dans le Forez, et cette lutte pour les places européennes s’annonce une fois de plus palpitante. Mais le meilleur atout des stéphanois se trouve peut-être sur le banc, en la personne de Jean-Louis Gasset qui a véritablement réveillé cette équipe. C’est également lui qui par le discours a réussi à faire venir, et à conserver, tous ces beaux noms. L’effectif des Verts n’est peut être pas pléthoriques, mais si il est en tous cas entre de très bonnes mains, et ce n’est peut-être pas si mal comme ça.

[1] Ce chiffre ne prend pas en compte la situation de Franck Honorat : arrivé de Clermont Foot et prêté dans la foulée en Auvergne.

Auteur : Raphaël G.

Enfant du Chaudron, c'est avant tout la ferveur du peuple vert qui m'a rendu fou de foot. Pour un football populaire et le respect des libertés des Ultras. (A gagné le 100ème derby).

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