Football & cheveux longs : Mario Yepes

23
mars
2018

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Catégorie : Am. Sud

Mario-Yepes

Il est 20h30, nous sommes le 20 Juin 2003, au Stade de Gerland se déroule un match de la Coupe des Confédérations opposant la Nouvelles-Zélandes à la Colombie. Tignasse au vent, Mario Yepes vient de marquer un somptueux but d’un geste acrobatique. Retour sur la carrière du Cafeteros.

La passion a un nom, elle se nomme Cali

Le jeune Mario grandi dans une Colombie où l’instabilité politique règne. Il a cependant la chance d’être issu d’un milieu aisé et sa passion pour le football lui vient en se rendant à l’Estadio Deportivo Cali. Tout gosse il se prend véritablement d’amour pour les Verdiblancos. Cependant c’est à cent bornes de là qu’il effectuera ses débuts professionnels sous la tunique du Corporación Club Deportivo Tuluá. Dans la ville située à l’Ouest de la Colombie et régulièrement baptisée El Corazón del Valle, Mario Yepes arrive de l’usine à talents qu’est l’école Sarmiento Lora avec l’étiquette du joueur offensif à tout juste 17 ans. Cependant son coach de l’époque, et actuel sélectionneur du Chili, Reinaldo Rueda va le replacer comme un libero et faire décoller sa jeune carrière professionnelle.

Le juvénile Mario va rapidement, à sa grande joie, taper dans l’œil du Deportivo Cali et de son président de l’époque Óscar Astudillo. Sérieux et travailleur, Mario Yepes se donne à cent pour cent sous les couleurs de son club de cœur. Son adaptation est d’autant plus faciliter qu’il arrive avec son entraîneur dans la ville de la salsa. Bien que Reinaldo Rueda ne reste qu’une saison au Deportivo Cali, la suite se passe à merveille pour Mario Yepes sous les ordres de José Eugenio Hernández. En effet avec la conquête du titre en 1998 du championnat colombien, les Verdiblancos s’enthousiasment de disputer la Copa Libertadores l’année suivante. Malheureusement pour eux ils échoueront en final face à la Sociedade Esportiva Palmeiras aux tirs au buts.

Pour Mario cet échec est signe d’une fin de cycle. En signant pour River Plate, il donne à sa carrière une envergure internationale. Il vient remplacer numériquement Eduardo Berizzo qui s’est envolé pour le vieux continent et plus particulièrement l’Olympique de Marseille. C’est donc sous une certaine pression, et dans un club qui enchaîne les titres dans les tournois d’ouverture et de clôture en cette fin des années 90′, que Mario Yepes va démontrer ses qualités de défenseur et ainsi s’ouvrir les portes des championnats européens. Le directeur sportif du FC Nantes Robert Budzynski tombe sous son charme et, malgré l’intéressement de plusieurs écuries italiennes, Mario Yepes signe en faveur des Canaris à tout juste 26 ans.

« Sa grande passion, c’étaient ses cheveux ! Il mettait énormément de temps à les préparer. Il se regardait dans le miroir pour voir si tout était bien en place. C’est un peu le Emmanuel Petit colombien. Et puis c’est quand même lui qui porte le mieux l’élastique à cheveux…  » Bernard Mendy à propos de Mario Yepes (1)

La suite on la connaît, il fera chavirer les cœurs nantais, se perdra quelque peu dans un PSG en fin de cycle et ira vivre la dolce vita italienne en compagnie de son ami Iván Córdoba. Il confiera que « mon plan était de terminer en Colombie sous les couleurs du Deportivo Cali, malheureusement ça n’a pas été possible ». Si en club Mario Yepes a fait une carrière somme toute honorable, c’est en sélection qu’il a véritablement dépassé sa condition de joueur.

 

Mario-Yepes

 

La fièvre jaune

En 1999, Mario Yepes intègre une équipe nationale de Colombie qui ronge son frein n’ayant toujours pas acquis le moindre trophée majeur. Pourtant séduisante dans les années 90′, la Colombie n’arrive pas à atteindre le match décisif d’une compétition notoire, n’atteignant qu’une seule fois la finale de la Copa America en 1975. Cependant elle accueille en 2001 la compétition continentale d’Amérique Latine et fait des gamins de Rionegro sa charnière centrale. Mario Yepes et Iván Córdoba se sont déjà côtoyés par le passé dans les classes biberons du club aujourd’hui connu sous le nom d’Itagüí Leones Fútbol Club. C’est un pari gagnant pour le coach Fransisco Maturana puisque le verrou colombien ne cédera pas une seule fois lors de la compétition.

Avec ce titre la génération les observateurs s’enthousiasment devant la génération colombienne. Cependant la sélection va retomber dans ses travers et enchaîner les désillusions qui affecteront particulièrement Mario. Ainsi entre 2002 et 2010 les Cafeteros n’accéderont jamais à la phase finale de la Coupe du Monde. Lors des qualifications pour l’édition 2014, l’éclosion de James Rodriguez et la confirmation du statut de star de Radamel Falcao permet à la Colombie de valider son ticket pour le Brésil. A 38 ans Mario à alors la chance de représenter son pays en tant que capitaine à une Coupe du Monde de football. L’événement prend des tournures symboliques lorsqu’il devient le second joueur le plus capé de la sélection derrière un certain Carlos Valderrama puis lorsque la Colombie atteint pour la première fois les quarts de finale de la Coupe du Monde. Sa fin de carrière aurait même pu tourner à la légende si, en cette fin d’après midi du 4 juillet 2014, l’arbitre assistant n’avait pas refuser le but de Mario pour une position passive de hors-jeu face au Brésil. Cheveux détrempés par la sueur et la rage de gagner, Mario Yepes quitte sa sélection avec la sensation du devoir accompli.

 

Source

(1) SoFoot.com , le 27.01.2015, Yepes, l’amour dure 40 ans par Paul Bemer et Ronan Boscher

Auteur : Leo Dellier

La passion a débuté au stade Léon Bollée, elle demeure intacte aujourd'hui.

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