Florian Thauvin : Marseille au cœur

29
janvier
2018

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Catégorie : Ligue 1

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A seulement 25 ans, Florian Thauvin s’est imposé comme le fer de lance de l’OM version Mc Court. Preuve de ce nouveau statut, l’ailier droit marseillais est même un des joueurs les plus impliqués dans les réalisations de son équipe à l’échelle européenne. Réussir à l’OM n’est pas donné à tout le monde. Marseille et Thauvin, c’est une histoire d’amour, chaotique, faite de sueur, d’abnégation et de générosité. Focus sur une idylle à l’origine du renouveau marseillais.

Marseille n’est pas une ville comme les autres. Toutes les émotions, réactions, échecs et réussites y sont amplifiées par l’atmosphère effervescent qui y règne. Etre joueur de l’OM, endosser la destinée et les émotions de tout un peuple avec le maillot blanc sur les épaules, exige un fort caractère et beaucoup d’efforts. En pleine réussite actuellement, devenu un pion essentiel de l’animation offensive des phocéens, Florian Thauvin goûte à des louanges amplement méritées. L’international français réalise une saison de tout premier ordre qui pourrait le conduire sur la route du mondial russe cet été. Pourtant, tout n’a pas été rose entre la cité phocéenne et le natif d’Orléans. Après une première saison honorable à l’OM, puis en perte de confiance dans l’OM de Bielsa, il sera pris pour cible par une partie du public. On le sait, la patience n’est pas le fort des supporters marseillais, cependant un homme avait vu juste à son sujet. Cet homme, c’est Marcelo Bielsa : « Je crois beaucoup en Thauvin, c’est l’un des joueurs qui m’a le plus impressionné dans ma carrière, parmi ceux que j’ai entraîné. Je sais qu’il n’est pas dans une très bonne période, mais j’ai confiance ».

Dans le troisième volet de sa célèbre trilogie, intitulé « Solea », le romancier marseillais Jean-Claude Izzo dépeint les zones d’ombre de la cité phocéenne sur fond de trafic de drogue et de grand banditisme. Comme il l’écrit si bien : « La vengeance ne conduit à rien. Comme le pessimisme […]. Il faut juste être déterminé ». Des mots qui illustrent parfaitement le parcours de Florian Thauvin sous le maillot blanc. Sa relation avec les supporters n’a pas toujours été au beau fixe – elle a même été parfois houleuse – son fort caractère et ses fantaisies capillaires ont pu être perçus à ses débuts comme de l’arrogance. Mais à force de courage et de détermination, le jeune talent français a su renverser la vapeur et connaitre la réussite qui est la sienne aujourd’hui. Pièce maîtresse de l’effectif olympien, l’ancien feu follet et jeune attaquant prometteur du SC Bastia pèse désormais de tout son poids dans le vestiaire marseillais. Très proche du taulier Steve Mandanda, son « grand frère », il a sa garde rapprochée, son clan, composé de Maxime Lopez, Morgan Sanson et Valère Germain, avec lesquels la complicité se traduit sur le terrain par une cohésion dans les déplacements et contribue aux bons résultats actuels de l’Olympique de Marseille. Curieux paradoxe, il est l’un des plus jeunes du vestiaire, mais aussi l’un des plus anciens sous le maillot blanc. Ecouté et respecté, il est un exemple pour les plus jeunes, une sorte de modèle de ce qu’il faut être pour réussir à l’OM. S’il est devenu indispensable sur le terrain, c’est non sans rappeler les trajectoires d’illustres olympiens comme Chris Waddle et Jean-Pierre Papin, décriés à leurs débuts puis devenus idoles de toute une génération. Régulièrement appelé dans le groupe France depuis Mars 2017 par Didier Deschamps, « Flotov » progresse donc à son rythme. Décisif depuis son retour d’une  parenthèse à Newcastle qui avait freiné sa progression, 22 matches, 10 buts et 10 passes décisives plus tard cette saison, il est devenu le symbole de cet OM régulier et conquérant.

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Généreux, sur le terrain comme dans la vie

« J’ai Marseille au cœur ». Cette simple phrase, préambule d’un de ses plus beaux textes, résume parfaitement l’attachement de l’écrivain Jean-Claude Izzo à sa ville. Garçon posé, intelligent et bien éduqué, Florian Thauvin a du encaisser sans broncher, à tout juste 20 ans, un long flot de critiques. Mais il s’est accroché, a mûri, et prouvé son insatiable envie de réussir à Marseille. Ses performances sur le terrain sont remarquables. Plus solide dans les duels que par le passé, il se distingue par un trait de caractère de plus en plus rare dans le football moderne : sa générosité. Grâce à son altruisme sur le terrain et sa proximité avec les supporters, le jeune ailier droit phocéen a ainsi su renverser l’opinion publique en sa faveur, et goûte désormais aux joies d’un amour réciproque avec le peuple olympien « Je remercie tous les supporters pour l’amour qu’ils me donnent » a-t-il récemment déclaré.

Le public marseillais aime son équipe de manière inconditionnelle, il est exigeant, intransigeant, il sait être à la fois dur et fantastique. Sans enlever le moindre mérite à ce que réalise Thauvin à l’OM, peut-être que la haute exigence du public lui a permis d’atteindre des paliers pour lesquels son talent seul n’aurait pas suffit. Marseille vous porte. Elle sait rendre ce qu’on lui donne au centuple. Simple et disponible, il a tout récemment répondu favorablement à l’appel d’une jeune supportrice et s’est rendu auprès de ses patients d’un service psychiatrique, tout sourire, rayonnant comme la chaleureuse lumière qui surplombe la cité phocéenne à longueur d’année. On ne naît pas marseillais, on le devient. Par sa générosité et sa bienveillance sur et en dehors du terrain, Florian Thauvin a prouvé qu’il a, plus que jamais, « Marseille au cœur ».

Comme énoncé en préambule de ce papier, réussir à l’OM n’est pas donné à tout le monde. S’imposer à Marseille demande une forte personnalité, une remise en question permanente. Des efforts quotidiens. De sa coupe de cheveux à son jeu, Florian Thauvin a su simplifier les choses et faire preuve d’humilité pour gagner en efficacité. Son talent, sa générosité et sa soif de vaincre ont fait le reste. Comme aimait l’écrire Izzo : « A Marseille, si on a du cœur, on ne peut rien perdre où qu’on aille. On ne peut que trouver ».

Auteur : Yannis Eleftheria

Méditerranéen rebelle et romantique baptisé à la religion footballistique. Le foot pour sa dimension sociale, la plume comme arme.

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