Faut-il en finir avec les matchs aller-retour ?

17
février
2018

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Catégorie : Editos / Europe

superligue-europenne

 

Derrière ce titre un brin provocateur, se cache pourtant une question d’une simplicité criante, faut-il revoir complètement le système des matchs aller-retour qui est actuellement la formule en vigueur dans les deux plus prestigieuses compétitions européennes que sont la Ligue des Champions et la Ligue Europa.

Comme je l’avais brièvement suggéré dans un article vieux de quelques mois,  je maintiens que la formule actuelle s’avère défectueuse pour bien des raisons. Néanmoins, en approfondissant un tant soit peu le sujet, il serait bien trop partial et partiel de ne pas reconnaître à la mise en place actuelle de ces compétitions certains avantages qui nous contraignent à nous plonger dans un raisonnement dialectique qui nous permettra de se remémorer nos plus belles dissertations.

Non, car les matchs aller-retour sont gage d’égalité

Assurant aux deux protagonistes la réception d’un match dans leur antre respective, ce format permet de tendre vers une sorte d’égalité, même s’il est reconnu que recevoir au retour octroie un léger bénéfice.

Oui, car les matchs aller-retour engendrent des stratagèmes pusillanimes

Avec cette formule, il n’est pas rare de voir l’équipe qui « mène » dans la confrontation -que ce soit en ayant gagné le match aller ou en ayant obtenu un score apparaissant comme favorable (1-1,2-2, 3-3, à l’extérieur) -adopter une stratégie ultra défensive dans le but nettement établi de conserver son avantage acquis à l’aller.

Non, car les matchs aller-retour permettent de mieux jauger l’écart véritable entre les deux équipes

En effet, il semble assez logique que deux matchs permettent de mesurer avec plus d’acuité le niveau qui sépare deux équipes, qu’une unique confrontation, même en terrain neutre.

Oui, car les matchs aller-retour ne font qu’alourdir un calendrier déjà surchargé

En enchaînant les matchs et donc les risques de blessures, les joueurs des clubs jouant tous les 3 jours gagneraient à un allègement d’un calendrier surchargé par l’abondance de matchs et de compétitions.

Non, car les matchs aller-retour permettent une rémunération supplémentaire pour les diffuseurs et donc pour les clubs

Souvent honnis par les supporters, les motivations financières sont pour autant un aspect non négligeable pour les trésoriers du foot européen. Que ce soit pour les clubs, et dans une moindre mesure pour les diffuseurs, la manne financière qu’implique cette duplication des matchs sera bien délicate à supprimer tend l’appétence de ces derniers pour les retombées financières semble inextinguible.

Oui car les matchs aller-retour annihile le suspense d’un match au profit d’un autre

Bien que de rares exemples de « remontada » démontrent l’inverse, les matchs pliés dès le match aller ou au contraire les matchs insipides à l’aller dans l’attente du retour sont bien plus fréquents. Dans les deux cas, l’émotion spontanée du football laisse sa place aux calculs d’épiciers et à un pragmatisme cynique, rendant caduc un des deux matchs.

Non, car il permet aux supporters de chaque équipe de vivre un match européen

Stade rempli, ambiance de feu et musique d’entrée mythique, tels sont les (presque) impondérables de tout match de Coupe d’Europe à élimination directe, a fortiori en Ligue des Champions. Dès lors, priver un supporter de cette rare opportunité, alors que son équipe favorite accéderait à ce stade de la compétition, briserait le cœur de nombres de passionnés. Encore faut-il qu’ils aient l’envie de venir au stade…

Oui, car il favorise les grosses équipes

Déjà infimes à ce niveau de la compétition, les surprises qui font le charme des coupes nationales, sont d’autant plus improbables si l’on double le temps de jeu. Ainsi, la formule actuelle avantage les grosses équipes, qui peuvent se permettent de passer au travers d’un match si elle passe la surmultipliée au retour. A l’instar de la confrontation entre Wolfsburg et le Real Madrid (2-0 à l’aller pour les Loups, 3-0 au retour pour les Merengues) en 2016.

Ainsi, chacun se fera son avis, et il est évident que cette liste d’arguments est bien loin d’être exhaustive tant les griefs restent nombreux et les atouts conséquents.

 Cela étant, la modeste ambition de ce papier est bien de démontrer que dans le football comme ailleurs, un débat apaisé construit autour d’argumentaires opposés n’est en rien l’apanage d’une question comme celle posée en prélude de ce texte, mais devrait être le dénominateur commun de toutes les discussions entourant notre cher sport, qu’il s’agisse de programmation de matchs, d’organisation des compétitions, ou plus encore lorsqu’il s’agit de discuter des libertés des supporters ultras, et notamment d’une utilisation raisonnée de la pyrotechnie dans les stades.

Auteur : Evan Risch

Marseillais d'adoption, amoureux de Bielsa et du QI foot de Valère Germain

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