Farewell Sir Alex

08
mai
2013

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Catégorie : Europe

Ferguson quitte Manchester

C’est donc officiel, Sir Alex Ferguson tirera sa révérence à la fin de la saison. Un grand monument du football quitte la scène, laissant un héritage colossal à prendre en charge.

6 novembre 1986 : un jeune entraîneur écossais de 44 ans débarque sur Sir Matt Busby Way. Jugé prometteur pour avoir gagné 3 ans auparavant la C2 avec Aberdeen face au Real Madrid, cet homme se nomme Alexander Chapman Ferguson et prend la tête d’un club qui n’a plus gagné le championnat depuis 17 ans.

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8 mai 2013 : un grand entraîneur écossais de 71 ans annonce sa retraite à la fin de la saison, après avoir glané un 13eme titre de champion d’Angleterre, l’homme est devenu ”Sir” et est l’emblème d’un club depuis 27 ans, dont l’aura est passée de « nationale » à « planétaire ».

Un départ, mais pour combien d’arrivés ?

Cette retraite n’est pas une nouveauté. Après tout, cela fait 11 ans que Ferguson l’envisage. En 2002 déjà, Il avait émis l’hypothèse d’un départ mais les conséquences avaient été désastreuses sur les résultats et le moral de l’équipe. Depuis, les seuls à en parler

étaient les observateurs ou ses rivaux qui souhaitaient le mettre dehors, sans jamais y arriver.

Lui seul était à même de décider la date exacte, il n’a jamais laissé les autres clubs le faire, lorsque la domination des Liverpool, Arsenal, Chelsea puis Manchester City aurait pu en faire flancher des centaines, leur donner envie de dire que le moment était venu, lui a toujours vu cela comme un défi supplémentaire et l’a remporté à chaque fois.

Mais il est un adversaire contre lequel on ne peut rien, c’est le Temps. Sir Alex l’avait bien compris : « Je ne serai pas entraîneur de Manchester United à 70 ans » avait-il déclaré. Menteur. Il aurait pu continuer et finir sur un événement mémorable : une victoire en ligue des champions, un doublé ou même un triplé, voire pour plus de sûreté un départ pour ses trente ans au club. Mais la sûreté et la facilité n’ont jamais été son fort, il n’y a qu’à voir tous les paris qu’il a fait, tous les joueurs qu’il a fait émerger pour comprendre que ce qui le motivait, c’était la prise de risque et l’équipe. Il est le fondateur des deux générations qui ont marqué, et marquent encore pour certains, ce club mythique du nord de l’Angleterre : les Giggs, Scholes, Neville, Keane, Cantona, Beckham, Schmeichel, Butt, Brown et ensuite les Rooney, Fletcher, Cristiano Ronaldo, Evans, Rafael. Et beaucoup resteront à jamais marqués par lui.

La victoire comme seule volonté

Comment pourrait-on parler de Sir Alex Ferguson sans mentionner la réussite de son recrutement ? L’exemple le plus récent est Javier Hernandez mais il a réussi à parfaitement incorporer dans son effectif des Van Nistelrooy, Vidic, Carrick, Evra, Cole et Yorke, Dennis Irwin, Van der Sar et Rio Ferdinand. Bien sûr, il a aussi eu ses gros flops. Que ce soit avec l’épisode Juan Sebastian Veron, où il a voulu pour une fois changer son dispositif de jeu ; chose qu’il ne fera plus jamais, ou l’énigme Bébé et dans une moindre mesure, Anderson.

L’homme a insufflé une mentalité de gagnants à ses joueurs, une détermination à toute épreuve qui fait aujourd’hui le jeu de Manchester United. Ça ne flambe pas, ça n’impressionne pas réellement, voire ça emmerde un peu, mais c’est une équipe qui se sort toujours des pires situations, qui est intraitable et dont les individualités servent toujours un collectif qui prime par dessus tout. Rien de nouveau ni rien de spécial comme coaching ? Sûrement. Il n’a pas eu la créativité et l’ingéniosité des Rinus Michels, Herrerra, Sacchi, ou celle de Johan Cruyff mais il a su constamment s’adapter aux nouvelles exigences du football moderne avec efficacité et toujours avec la même grinta, la même envie : gagner, gagner, gagner.

L’Héritage

D’où la première interrogation au départ du maître, qui pour le remplacer ? Qui pour encaisser et soutenir un passé de 27 ans ? Doit on faire une logique de continuité en ne changeant rien et en gérant ce qu’il a laissé, ou alors amener un nouvel homme fort, avec de nouvelles idées et faire évoluer ce club dans une nouvelle dimension ? D’un côté on aurait donc un entraîneur peu connu, qui a peu gagné, à l’image d’un David Moyes (Everton), d’un ancien joueur du club qui a évolué sous les ordres de Sir Alex, comme un Solskjaer (Molde), Laurent Blanc voire Roy Keane. Ou une solution interne avec l’adjoint Mike Phelan, voire un début de carrière d’entraîneur pour Paul Scholes ou Ryan Giggs ?

Les désavantages de cette solution serait le manque de lumière pour une telle succession, Man U est un club mondial et rien ne ferait plus rêver qu’un entraîneur mondial. Beaucoup pensent à Mourinho pour le poste. Une solution pareille serait un échec. On ne peut faire changer un club comme Manchester en quelques mois, lui insuffler un nouvel esprit et abandonner les principes qui ont fait son succès. Gérer cet héritage de presque trente ans prendra du temps, de l’évolution, et cela doit être fait patiemment. Il y aura des échecs, des désillusions, mais le 6 novembre 1986, Manchester United a fait un pari sur un jeune entraîneur écossais. Celui ci a mis 4 ans avant de gagner un trophée. Avant de devenir un sir, un emblème, une statue, une Légende.

Auteur : Christophe.C GARNIER

Passionné de foot et spécialement fan de tout ce qui se fait outre-Manche depuis 10 ans.

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