Farewell Captain

06
avril
2018

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Catégorie : Culture foot

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Après un accident cardiaque survenu le 30 Mars 2018, l’ex-adjoint d’Ancelotti à Chelsea, lors du doublé coupe-championnat de 2010, Ray Wilkins, est finalement décédé ce mercredi, non sans avoir livré un combat contre la maladie digne de ses luttes de milieu défensif lorsqu’il défendait les couleurs de Chelsea, Milan AC…ou PSG. Retour sur la carrière d’un footballeur qui a marqué son époque.

Si vous voulez tester la culture d’un supporter historique du PSG, demandez-lui quel joueur, international anglais, n’est resté que 4 mois dans le club de la capitale. S’il répond Ray Wilkins, vous pouvez chaudement le féliciter car le milieu de terrain britannique, arrivé en star à l’été 1987 n’a joué que 13 matches sous les couleurs rouge et bleu.

Le natif de Hillington (en 1956) avait déjà une carrière bien remplie depuis ses débuts à Chelsea au début des années 70, et sa réputation n’était plus à faire. Numéro 8 accrocheur, teigneux, dans le plus pur style anglo-saxon « Butch » était également un fin joueur, parfois même incompris chez ses compatriotes. En effet, son coach à Manchester, Ron Atkinson, où il évolua de 1979 à 1984 l’avait surnommé de façon péjorative le « crabe » pour sa tendance à jouer latéral, à une époque où le « kick and rush » commandait de rapidement amener le ballon dans la surface adverse. Mais ce quiproquo n’empêcha pas 3 sélectionneurs (Revie, Greenwood et Robson) de faire appel à lui entre 1976 et 1986, lui confiant même le brassard à dix reprises.

Avec le maillot des Three Lions il devint même un précurseur, peu flatteur certes, celui du premier joueur de l’histoire expulsé en coupe du monde ; cela se passait en 1986 au Mexique :

Au cours d’un match de 1er tour contre le Maroc, le fils de George, ex-pro lui aussi dans les années 50, perdit son sang-froid et, mécontent d’une décision contraire, jeta le ballon en direction de l’arbitre, qui l’exclut sur le champ. Les 2 matches de suspension qu’il encourra lui évitèrent, maigre consolation, de ne pas être réduit au rang de plot par Diego Maradona, lors du but du siècle que le génie argentin inscrivit en ¼, contre l’Angleterre.

Heureusement ses faits d’armes avec la national team ont connu d’autres moments plus heureux, tel son but tout en technique contre la Belgique lors de l’Euro 1980 ; un petit ballon pour lui-même à contretemps au-dessus de la défense, suivi d’un lob dans la lucarne de Jean-Marie Pfaff. Doit-on rappeler également sa présence contre les bleus de Platini en Juin 1982 pour le 1-3 final ? Ray aura également été parmi les pionniers dans deux autres domaines :

En effet, bien avant Mamadou Sakho ou Patrick Vieira (à ses débuts à l’AS Cannes), Wilkins fut un capitaine précoce. A 18 ans, le FC Chelsea lui confia ainsi le soin de choisir le toss, après que le club soit descendu à l’échelon inférieur et ait perdu ses joueurs majeurs. Cela s’avéra une réussite puisque les « blues » remontèrent immédiatement parmi l’élite.

Autre événement précurseur, il fit partie des premiers joueurs à émigrer hors d’Angleterre à l’été 1985, au Milan AC, juste avant l’arrivée de Berlusconi donc, mais son parcours ne connaîtra pas le succès escompté.

Après l’aller-retour au PSG, « Butch » poursuivra sa carrière aux Glasgow Rangers, avec lesquels il deviendra enfin champion national (et 3 fois vainqueur de la coupe), ce qui lui permettra de faire partie du Hall of Fame du club écossais. Actif jusqu’à ses 40 ans, Wilkins sera par la suite un consultant apprécié, puis entraîneur (titulaire ou adjoint), avec un retour à Chelsea jusqu’au doublé de 2010. Plus récemment (2014-2015) la Jordanie fit appel à ses services mais après une dizaine de matches et seulement 2 victoires, la collaboration cessa.

De nombreux joueurs anglais se sont souvenus de leur ancien coéquipier et rendent hommage à sa mémoire depuis ce matin, Chris Waddle est de ceux-là : “So sorry to hear about Ray Wilkins a great player and a true gentleman RIP” .

Auteur : Gilmon

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