Ligue des Champions : Et Barcelone redevint Barça !

15
mars
2013

Auteur :

Catégorie : Europe

Le FC Barcelone affronte le FC séville dans le cadre de la 15ème journée

À l’aube du match retour entre le FC Barcelone et l’AC Milan, les chances de voir le Barça se qualifier étaient infimes, et à vrai dire, personne n’y croyait vraiment.

Pourtant les joueurs de Vilanova se pourvoyaient de messages positifs, assurant qu’ils savaient qu’ils se qualifieraient, qu’ils sauraient retrouver leur niveau pour « le grand soir ». Et ce fut le cas, loin des anticipations journalistiques et à l’opposé de toute conformité statistique, le Barça a éteint Milan et signé une prestation hors normes pour se qualifier pour les 1/4 de finale de la Ligue des Champions.

Il y a des soirs comme ça… Comme un sixième sens, l’on sent que quelque chose va se passer, que le foot ne sera pas qu’un sport, qu’il va se muer en spectacle, en exhibition. Mardi soir, dès l’arrivée des joueurs dans le couloir, quelque chose flottait dans l’air… Le tifo impressionnant du Camp Nou, la pelouse magnifique, l’hymne du Barça à l’entrée des joueurs sonnait comme un prélude au récital catalan ! Des frissons, déjà. C’est pour ça qu’on aime le foot, pour ce genre de sensation, pour ce genre d’émotion. Et que l’on soit français, allemand, anglais, italien, espagnol… que l’on se berce dans les vagues footballistiques, on ne peut qu’être saisi, comme figé, au-delà des animosités, par instinct tout simplement. Au coup d’envoi, le frisson qui nous parcourt l’échine témoigne de notre admiration, de l’effet incontestable, de l’emprise qu’une telle rencontre peut avoir sur nous, pauvres spectateurs impuissants.

En fin de cycle le Barça ? C’est un fait, les performances catalanes étaient bien inférieures à la réelle qualité de l’équipe depuis quelques matchs, restait cependant à le prouver. En deux, trois minutes, on sent, on voit, on constate que le jeu est là, bien posé, propre, que même les supporteurs catalans, reconnus pour leur flegme, se prennent au jeu, chantant comme rarement. Porté par 99 000 spectateurs, il ne manquait plus qu’une étincelle pour que l’alchimie se fasse, pour que le jeu se fasse or, pour que le grandiose devienne magique, impalpable. 5ème minute de jeu, au terme d’une action collective de grande classe, « à la catalane », c’est un génie qui enflammait la cité barcelonaise, dont les Ramblas tremblent encore. Un contrôle impeccable et, au milieu de 5 défenseurs, une frappe de l’intérieur du pied après un rebond pour placer la balle en lucarne. Un but magique dans la conception, dans la finition, dans le contexte, dans la folie… l’Histoire est en marche. Le feu brule et le monde entier sent que cette équipe s’est retrouvée, que le phénix est en train de renaître de ses cendres naissantes. La fin de l’Hégémonie vient de s’éteindre, la mort du grand Barça n’est plus une réalité, seules restent aux sceptiques l’incertitude, la peur, la frustration.

Après 35 minutes de maîtrise totale du jeu, de démonstration de force, de pressing ahurissant, de précision technique, les Catalans sont pourtant éliminés et si le jeune M’Baye Niang trouve le poteau, il faut bien y voir un signe, la chance milanaise, la seule, l’unique vient de disparaitre, place à l’exploit, place aux maîtres. Deux minutes plus tard, sur une nouvelle action construite, côté droit cette fois, le quadruple ballon d’or justifie son statut en ramenant les deux équipes à égalité, marquant sur une nouvelle frappe des 20 mètres, à raz de terre, avec une rapidité d’exécution aussi impressionnante qu’irréelle. On le sentait, la soirée serait historique ou ne serait pas, et voici qu’elle devient bien plus, car au-delà du score, c’est une véritable prouesse collective que réalisent les Barcelonais, c’est une démonstration de football, c’est ce que l’on attend de la « meilleure équipe du monde », comme l’appelleront les vaincus du soir, victimes du réveil des titans. La deuxième mi-temps se déroule au même rythme, Milan s’étouffe et le Barça s’envole. Iniesta semble plus fort que jamais, Xavi redevient maître, Busquets excelle tout simplement, Messi est la cible de tous les Milanais, il essuie les coups de 3 ou 4 joueurs sur chaque prise de balle mais ne perd jamais le ballon, le collectif catalan est au-dessus de tout, pour cette nuit au moins. Devenu improductif, même David Villa se retrouve, sur une nouvelle récupération de Sergio Busquets, la défense lombarde est prise de vitesse, dépassée tout simplement, la passe millimétrée de Xavi trouve l’attaquant espagnol seul au second poteau, il ajuste Abiatti d’un superbe intérieur du pied gauche. La joie qui s’en suit témoigne de la frustration accumulée par la « Maravilla » depuis quelque temps, c’est son heure, c’est son moment, ce troisième but qualifie le Barça. Au bord des larmes, David Villa exulte, saute, tourne, il communie avec le Camp Nou, moment saisissant, instantané d’une merveille redevenue humaine l’espace de quelques secondes…

Les changements effectués, l’équilibre est quelque peu perdu, la relance de Puyol n’est pas celle de Mascherano, et fatalement Milan pousse, joue son va-tout. Mais si la défense centrale continue de confirmer son rang de point faible en se montrant étrangement fébrile, la réaction milanaise est trop tardive, trop faible, les Lombards sont épuisés et ne se montreront pas réellement dangereux malgré les flottements de Piqué ou de Puyol. Il était écrit que la soirée serait parfaite, comme un symbole, c’est le petit nouveau Jordi Alba qui donnera le coup de grâce aux Milanais sur un contre Barcelonais, Messi décale parfaitement Alves qui centre au deuxième poteau et l’international espagnol ajuste Abiatti délivrant la centaine de milliers de spectateurs du Camp Nou. La dernière note du chef d’oeuvre catalan vient d’être jouée, le Barça a joué avec son âme, dos à un mur colossal, les blaugranas ont tout simplement écrit l’une des plus belles pages de l’Histoire moderne de la Ligue des Champions. Le roi est mort vive le roi ! Battu trois fois en quatre rencontres, on pensait que le Barça ne retrouverait plus son niveau… mardi il a, peut-être, joué le meilleur match de son histoire, criant son talent unique à la face du monde !

L’âge est un fait, le talent en est un autre, l’heure du déclin catalan n’est pas arrivée, la magie blaugrana existe encore, le football peut s’en réjouir.

Auteur : Damien Jaud

Damien, 31 ans, passionné de foot. Ex-joueur de foot. Fan d'esthétisme plutôt que de puissance. Amoureux du foot.

Vous avez aimé cet article ? Partagez-le !

Les derniers articles de la catégorie Europe

Plus dans Europe
le-times-le-qatar-et-le-football,M106559
“Time’s” Up

Lors d'un article paru le 13 Mars, le grand "Times" anglais et son responsable sport, Oliver Kay, ont révélé le...

europa league tirage au sort
Europa League : Tirage au sort des quarts de finale

Ce vendredi midi se déroulait le tirage au sort de la prestigieuse Ligue des Champions mais également celui de la...

Tirage au sort de la Ligue des Champions ce midi
Ligue des Champions : Tirage au sort des quarts de finale

Le Bayern Munich et Malaga ont obtenu les deux derniers tickets qualificatifs pour les quarts de finale de la fameuse...

Fermer