Entraîneur/Joueurs : qui doit s’adapter à l’autre ?

05
mars
2018

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Catégorie : Editos

Cruyff-Guardiola

Pour les clubs comme pour les sélections nationales, l’aboutissement d’un projet de jeu et les résultats qui en découlent, passe, sur la durée, par une relation saine entre l’entraîneur, son staff et les joueurs. Mais qui doit s’adapter à l’autre ?

C’est évidemment une question subjective et tout le monde à son petit avis sur le sujet. Néanmoins, il apparaît important de distinguer deux cas de figure dans la manière d’aborder les relations entraîneurs/joueurs : le premier cas, lorsqu’un entraîneur arrive dans un club dans la continuité de ce qui a été fait précédemment. Le deuxième cas, lorsqu’un club souhaite lancer un nouveau projet en misant sur la méthode d’un entraîneur.

Un ADN à respecter.

Dans les grands clubs européens ou dans les clubs avec une forte identité, l’entraîneur devra toujours chercher à s’adapter aux joueurs, au club et à son ADN. Il est, par exemple, très difficile, voire impossible, de modifier l’ADN du Barça ou de l’Athletic Bilbao pour un entraîneur. Il est de toute manière recruté du fait de sa compatibilité avec le projet qu’il incarne. Il doit donc adapter sa tactique et sa gestion humaine au club qu’il entraîne pour respecter l’institution et tirer le maximum des joueurs composants l’effectif. Autre facteur prouvant l’importance de s’adapter aux joueurs pour un entraîneur, la durée de vie d’un coach n’excède pas un an au sein des premières divisions des cinq grands championnats européens selon une étude de l’Observatoire International du Football. La majorité des joueurs ayant des contrats d’une durée rarement inférieure à trois ans, et bouleverser l’effectif chaque année relevant de l’impossible ou de l’absurde, les entraîneurs sont forcés de s’adapter au matériel déjà présent au club.

De ce fait, il est primordial que l’entraîneur soit capable d’exporter ses idées et fasse preuve de pragmatisme sans se renier pour autant. L’importance du choix de l’entraîneur par le club est donc central. Le remplacement de Carlo Ancelotti par Rafael Benitez au Real Madrid en est un bel exemple. As de la gestion de groupe et de l’adaptabilité, l’italien a été remplacé par son exact opposer, un coach distant avec ses joueurs et beaucoup moins souple dans son fonctionnement. L’échec de Benitez au Real paraissait évident dès le départ, son remplacement par Zidane respectant bien plus l’ADN et le profil de coach nécessaire aux merengue. L’évolution de carrière de Pep Guardiola est aussi un exemple dans ce domaine. Il n’y a pas de meilleur exemple que son passage au Bayern pour expliquer l’importance de l’adaptation pour un entraîneur. Pur barcelonais, son arrivée à Munich a surpris au vu de l’alchimie improbable sur le papier. L’ADN si fort de Guardiola ne semblait en rien compatible avec l’ADN et l’histoire tout aussi forte du Bayern. Et pourtant. Guardiola prouvera pendant trois saisons qu’il n’y a pas de coach plus pragmatique que lui. Sans renier ses principes et son jeu de position, il réussit à l’adapter au Bayern et à la Bundesliga tout en respectant l’ADN bavarois et sans bouleverser l’effectif.

Guardiola, l’homme à tout bien faire.

Guardiola est également un exemple dans le cas d’un club faisant confiance à un coach pour lancer un nouveau projet. Il est nommé à la tête du Barca pour renouer avec l’ADN du club et ne cherche pas à s’adapter aux profils des stars déjà au club à son arrivée, les poussant même vers la sortie (Eto’o, Deco, Henry puis Ibrahimovic). Au départ d’un nouveau projet, d’un renouveau sportif ou d’un changement de propriétaire, les clubs misent régulièrement sur un homme pour poser la première pierre du projet avec carte blanche, ou presque, pour l’heureux élu. Si les clés du camion ont été données au directeur sportif, Leonardo, par QSI, l’OM de McCourt a, lui, préféré laisser la main à son entraîneur Rudi Garcia. Avec un effectif renouvelé quasiment entièrement, Rudi Garcia a pu recruter des joueurs aux profils compatibles avec son projet de jeu. L’Atletico Madrid s’est quant à lui appuyé sur Diego Simeone pour remettre les colchoneros en haut de l’affiche. Ces projets débutant par l’arrivée d’un coach permettent aux entraîneurs d’imposer leur style mais n’est pas sans risque dès lors que le profil d’entraîneurs nommé se révèle mauvais. De David Moyes à Manchester United à Villas-Boas à Tottenham en passant par Michel à l’OM, tous ont été choisis pour lancer un projet ou apporter leur philosophie, sans succès, n’ayant pas les épaules pour donner, à eux seuls ou presque, un cap a leur club.

Dans le football actuel, où le joueur devient plus important que le collectif, les relations entraîneurs/joueurs sont de plus en plus importantes. Si la tactique est évidemment toujours importante, le côté humain devient encore plus primordial. Des équipes peuvent encore avoir des résultats malgré un entraîneur contesté par les joueurs mais, comme une équipe parviendrait à remporter un match sur un hold-up, cela finira par se payer sur le long terme.

Auteur : Dylan Houeix

Rédacteur Au Premier Poteau pour servir Edinson Cavani.

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