Dries Mertens, ce géant

27
septembre
2017

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Catégorie : Europe

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Comme on pouvait s’y attendre, le Napoli a démarré la saison tambour battant en Serie A capitalisant 6 victoires en autant de matchs. En Europe, seule la Juventus et le FC Barcelone en ont fait autant. Avec 3,8 buts de moyenne par match en ce début de saison, les partenopei devancent même des équipes comme le PSG et le Barça. Si la force du collectif napolitain est évidemment à mettre en avant, un homme symbolise cette efficacité offensive : le petit attaquant belge Dries Mertens. Gros plan sur ce little big man.

Propulsé avant-centre suite à la blessure de Milik à l’automne 2016, le petit lutin belge s’est révélé être un prolifique buteur. Auteur de 34 réalisations toutes compétitions confondues la saison dernière, dont 28 en Serie A, il a terminé l’exercice précédent deuxième meilleur buteur du Calcio derrière le très efficace buteur de l’AS Roma, Edin Dzeko. Positionné en faux numéro 9 par Maurizio Sarri, sa vitesse, son audace et son sang froid font des merveilles au sein du collectif napolitain et martyrisent les défenses d’Italie et d’Europe.

Pourtant tout n’a pas toujours été simple pour le natif de Louvain. En Belgique, le club de La Gantoise ne lui fera jamais confiance en raison de son gabarit, et il ne s’exprimera pas avec l’équipe première. C’est donc aux Pays-Bas qu’il prendra son envol, à Apeldoorn et au FC Utrecht tout d’abord puis au PSV Eindhoven durant deux saisons où il inscrira la bagatelle de 45 buts en 88 rencontres. Arrivé à Naples en 2013 pour la modique somme de 9 millions d’euros, ses trois premières saisons sous le maillot azzurro laissent un sentiment mitigé. Utilisé comme ailier, il se montre intéressant lors de ses entrées en jeu mais ne parvient pas à se faire une place de titulaire indiscutable. Entre-temps il cumule 61 sélections avec les diables rouges de la Belgique depuis 2011 pour 13 réalisations et change petit à petit de dimension. La donne à Naples a désormais bien changé, et aujourd’hui, avec la tragique et toute nouvelle blessure aux ligaments croisés de l’attaquant polonais Arkadiusz Milik, Dries Mertens est plus que jamais un incontournable du secteur offensif napolitain. Bien sûr, on serait tenté de croire que l’expression collective des partenopei est tellement parfaite, qu’il serait facile pour n’importe quel avant-centre de s’y exprimer. Et c’est vrai, le jeu du Napoli est une symphonie. C’est un secret pour personne, le Naples de Maurizio Sarri pratique certainement le jeu le plus attrayant du Vieux Continent. On assiste à chaque match à cette répétition de gestes et d’enchainements fluides, à cette justesse technique et ces assauts répétés du but adverse, souvent dévastateurs. Mais ce serait faire injure à l’envie et à la fougue qui anime l’attaquant belge, ingrédients clé de sa réussite. Il l’avoue lui même, sa maturité tardive et sa grande capacité d’adaptation, dues aux difficultés rencontrées au début de sa carrière, peut en grande partie expliquer cette réussite à un poste qui n’est pas le sien.

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Cette réussite aurait pu néanmoins mettre un terme à son histoire avec le Napoli lors du dernier mercato car l’Europe du football lui fait désormais les yeux doux. De plus, derrière chaque joueur il y a un homme, et derrière chaque grand homme il y a bien souvent une femme. Ainsi, l’élue de son cœur depuis très longtemps, Katrin Kerkhofs, rédactrice pour une chaîne de télé flamande, avait fermement émis le souhait de quitter l’Italie cet été. Fort de son exercice 2016/2017 exceptionnel, et courtisé cet été par le Manchester United de José Mourinho, le petit diable rouge a ainsi longtemps hésité mais a fini par rester sur les bords du Vésuve, pour le plus grand bonheur des tifosi.

 

“Diego Armando Mertens”

 

Prompte à ériger en idole ceux qui la font vibrer, la bouillante cité napolitaine n’a pas tardé à oser la comparaison avec l’idole locale, Diego Maradona. Après son fabuleux quadruplé face au Torino le 18 décembre dernier, Mertens a reçu une pluie d’éloges de la part de la presse et le Corriere dello Sport ne s’était pas fait prier pour titrer en une, un touchant « Diego Armando Mertens » qui a eu le don de faire sourire autant que de faire rêver. Il faut admettre qu’entre leur petite taille, leur efficacité sous le maillot azzurro et leurs initiales « DM », l’attaquant belge et le dieu argentin partage quelques points communs. Comparaison bien vite relancée le week-end dernier suite au but de Mertens face à la Lazio. Sur la pelouse du Stadio Olimpico, alors que les partenopei, menés 1-0 à la pause par un but de De Vrij, sont en train de renverser le cours du match en inscrivant coup sur coup deux buts au retour des vestiaires par Koulibaly et Callejon, Mertens clôt le suspense en signant le troisième but des siens d’un lob aussi intelligent qu’audacieux de l’extérieur de la surface de réparation. Quand on a été bercé par les exploits du Pibe de Oro sous le maillot napolitain, on ne peut s’empêcher de penser à cet instant au but inscrit par l’argentin face à cette même Lazio lors de la saison 1984/1985. Même endroit du terrain, même inspiration, même gestuelle et même efficacité, les plus fous d’entre nous se seront sans doute laisser aller à parler de réincarnation. Si Dries Mertens tient au bout de ses crampons une grande partie du rendement offensif du Napoli, on se prend à penser qu’il est par moments tout simplement transcendé par l’histoire du maillot qu’il porte.

Dans le fond, Mertens ressemble à Naples. Il est comme une claque à la fois douce et ferme faite au Calcio et à l’Europe. A l’image de la chaleureuse mais si violente capitale de la Campanie, l’attaquant azzurro sait se montrer à la fois intraitable par son froid réalisme devant le but et doux par son perpétuel et angélique sourire. Un tueur à la joie communicative en somme. Pour parfaire ce destin onirique, il ne lui reste plus qu’à décrocher ce que tout Naples attend depuis bientôt trente ans : le Scudetto.

Photos : Compte Twitter Everything Napoli @NaplesAndNapoli

Auteur : Yannis Eleftheria

Méditerranéen rebelle et romantique baptisé à la religion footballistique. Le foot pour sa dimension sociale, la plume comme arme.

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