Dieu merci, dominer n’est pas gagner

11
novembre
2013

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Catégorie : Edito

Face au FC Barcelone, l'Inter Milan de José Mourinho avait été bousculé mais avait fini par gagner

Alors comme ça il faudrait dépasser les 50% de possession et faire tourner la chique avec quelques frappes en fin d’action pour gagner à coup sûr ? Tu te trompes cher ami, le football est un sport magnifique où le dominé peut éventuellement dominer. Vive le romantisme et le côté imprévisible d’un sport qui malmène des fois la logique. Le spectacle de la Ligue 1 n’en est que plus beau. 

La maîtrise du ballon serait, depuis les sacre européen des Espagnols en 2008, la condition sine qua non pour remporter un match. Un dogme que les Ibères ont imposé au monde entier avec leur jeu fait de passes, de mouvement, de redoublement. Sa diabolique efficacité en aura convaincu plus d’un. Mais ce serait oublié l’aléa qui fait la beauté de ce sport. La victoire à la Pyrrhus n’est-elle pas la plus belle des victoires ? Souffrir, être dominé, craindre puis redécouvrir l’ivresse et une joie décuplée par un ascenseur émotionnel qui serait fatal à un cardiaque. Avec moins de pertes que le général Grec, faut pas déconner non plus.

L’Inter de Mourinho en 2010 au Camp Nou pour la demi-finale retour de la LDC est un modèle du genre. Un avantage précieusement acquis au match aller, les Barcelonais étant arrivés à Milan en bus à cause de ce satané volcan Islandais, et une leçon d’héroïsme devant 90 000 socios en transe. Au-delà du talent presque mystique de Mourinho pour motiver ses joueurs, la défense de son équipe à 10 contre 11, dans ce qui ressemblait étrangement à un match de hand et ces interminables séquences d’attaque/défense, aura déjoué tous les pronostics. Et rendu la victoire plus belle car quasi-impossible selon les « observateurs ».

La surprise, les retournements de situations, les belles histoires font partie de l’ADN du football. Pourquoi s’en plaindre ? Si les Girondins seront évidemment hallucinés par une telle défaite sur leur pelouse face à Nantes (0-3), ils pesteront tous en zone mixte. En cause une efficacité des Canaris qui les aura fuit durant une demi-heure d’intense domination. Mais ce serait occulter l’immense joie des supporters extérieurs, galvanisés par un scénario qui ne présageait pourtant rien de bon. Et imaginer un sport dans lequel le meilleur gagne toujours, un règne sans partage. Dans quelques sports, cela existe quand de trop grands écarts subsistent entre équipes. Un cauchemar pour n’importe quel supporter, de n’importe quel camp d’ailleurs. Le vaincu perd vite espoir, ressource pourtant vitale pour suivre aveuglément son équipe. Et le vainqueur alignera les victoires comme des perles, sans vraiment trembler, ni se montrer fébrile. Pour supporter, il faut se morfondre, être régulièrement déprimé, histoire de profiter dignement d’une victoire. Amis socio du FC Barcelone, ça fait quoi de passer un match tout le temps débout et heureux ? Pas trop déprimant ?

Auteur : Fabien Burgaud

Fabien : motivation le journalisme sportif. Supporter du FCN et amoureux du football.

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