Diarra : « Puisque tu pars »

16
février
2017

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Catégorie : Ligue 1

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Mardi 14 février, jour de fête des amoureux, le divorce entre l’OM et Lassana Diarra a été officialisé avec la résiliation de contrat du milieu de terrain. La fin d’une histoire qui a démarré de manière idyllique et qui s’est mal finie. Comme souvent dans la carrière d’un joueur devenu un spécialiste des départs rocambolesques au fil d’une carrière qui ressemble de plus en plus à une succession de rendez vous manqués. Retour sur les départs et choix de carrière de Lass.

Après seulement une trentaine de matchs en L2 avec Le Havre Lassana Diarra rejoint à la surprise générale le Chelsea de José Mourinho. Le manager portugais des Blues veut alors « (..) finir le produit qu’on a importer de France, c’est un très bon produit, mais il a encore beaucoup de choses à apprendre » L’idée est des plus simple : Diarra a tout pour être le successeur de Claude Makélélé et il va apprendre aux cotés du maître. Sauf que deux éléments vont venir contrarier les plans du Spécial One. Tout d’abord des soucis récurrents au poste de latéral droit où son Paulo Ferreira est en difficulté et qui vont pousser Mourinho a repositionné Diarra. Le Français y est du reste très performant (Raymond Domenech qui l’a utilisé comme ça à Milan contre l’Italie en 2007 ne dira pas le contraire). Mais c’est là qu’intervient le deuxième facteur : le caractère et l’impatience de Lassana Diarra. Le joueur qui a alors 22 ans veut jouer au milieu. Problème pour lui le cœur du jeu des Blues à l’époque c’est Makélélé – Lampard – Essien. Passer derrière ces trois là n’a rien d’infâmant sauf pour le jeune Lassana. Du coup à la surprise générale le voilà qui quitte les Blues dans les dernières heures du mercato 2007 pour rejoindre Arsenal. Que serait il adevnu de lui si il avait la patience d’attendre encore un an dans l’ombre de Makélélé (parti au PSG l’été suivant) nul ne le saura jamais

Diarra débarque donc chez les Gunners à la fin de l’été 2007, avec le statut d’un titulaire en équipe de France mais sans avoir pu faire la pré-saison avec les Gunners. Problème pour lui Arsenal a démarré la saison tambour battant et l’équipe de Wenger s’articule autour d’un duo Fabregas – Flamini qui impressionne toute l’Europe. 2 défaites toutes compétitions confondues durant la première partie de la saison, Arsenal caracole en tête de la Premier League et Diarra doit se contenter d’entrées en jeu et des matchs de coupe, pas de quoi satisfaire son impatience. Alors une nouvelle fois il va demander à partir plutôt que d’attendre son heure, alors même que son statut de titulaire en équipe de France ne souffre en aucune façon de sa condition de remplaçant chez les Gunners (enfin un remplaçant qui a joué 10 matchs de Premier League sur 19 dont 7 comme titulaires) puisque durant la première partie de la saison 2007/2008 il est titulaire 4 fois lors des 6 matchs disputés par les Bleus de Raymond Domenech. Qu’à cela ne tienne Diarra quitte Arsenal dès le mois de janvier pour rejoindre Portsmouth. Ironie de l’histoire à l’issue de cette saison Mathieu Flamini va quitter Arsenal pour l’AC Milan. Un départ qui aurait offert à Diarra une place de titulaire et aux Gunners un duo Fabregas – Diarra des plus prometteurs, l’histoire aurait alors pu être très différente.

Dans une équipe de Portsmouth qui à ce moment là se situe dans le peloton derrière le Big 4 avec Tottenham Everton et Aston Villa, Diarra trouve enfin la place de titulaire que Chelsea et Arsenal ne lui offraient pas. Titulaire à tout les matchs sous les ordres d’Harry Redknapp le joueur ne rest qu’une année sous les couleurs de Pompey puisqu’au mercato hivernal suivant le voilà qui rejoint le Real Madrid. Peut être le seul transfert cohérent de Diarra sur l’ensemble de sa carrière. Au Real où il arrive pour palier les blessures longue durée de Mouhamadou Diarra et Ruben De La Red, le Français va vite se rendre indispensable à l’équilibre de l’équipe. Il joue tout les matchs de Liga de la 2e partie de saison et devient un titulaire régulier que ce soit sous les ordres de Juande Ramos, Manuel Pellegrini et José Mourinho qu’il retrouve à l’été 2010. Devenu “Lass” pour ne pas qu’il y ait de confusion avec l’ancien lyonnais, il va passer 3 ans et demi dans la capitale espagnole ce qui reste aujourd’hui son séjour le plus long dans un club. Mais après les arrivées successives de Khedira et Sahin et Modric son temps de jeu se réduit de plus en plus et en août 2012 il quitte le Real pour rejoindre le « projet sportif » de l’Anji Makatchkala du milliardaire Suleyman Kerimov, en même temps que Willian pour retrouver Eto’o, Roberto Carlos et les autres stars recrutés à prix d’or. Un choix purement sportif évidemment.

3ème du championnat la première saison le club prend un virage à 180 degrés quand Kerimov décide d’arrêter les frais. l’Anji doit donc vendre ses meilleurs éléments et surtout ses plus gros salaires dont le Français qui rejoint alors le Lokomotiv Moscou avec qui l’histoire se terminera encore plus mal que toutes les précédentes puisque Diarra doit toujours 10 millions d’euros à son ancien club après le jugement du TAS. Après un an sans jouer Diarra a donc retrouvé les terrains la saison dernière à l’OM où après six premiers mois exceptionnels qui lui ont permis de porter à nouveau le maillot bleu il a peu à peu décliné à partir de janvier gêné par une douleur au genou qui l’a finalement privé de l’Euro 2016 où il aurait du être titulaire. Entre temps on l’a annoncé avec insistance au PSG à l’Inter ou encore en Chine, des clubs susceptibles de lui permettre de s’acquitter de cette amende qui doit quand même bien lui pourrir la vie. Partant tout l’été il est finalement resté à l’OM où il a joué par intermittence et tout le monde s’attendait à le voir partir cet hiver, mais non, le soir du 31 janvier “Lass” était toujours un joueur de l’Olympique de Marseille, ou plutôt un salarié puisqu’il n’a joué que 2 minutes en 2017 sous les couleurs de l’OM, avant donc de résilier son contrat ce mardi 14 février.  Une fois de plus Diarra vient donc de quitter un club par la petite porte laissant un vrai goût d’inachevé derrière lui ce qui semble être la seule constante dans la carrière d’un joueur pourtant si brillant mais qui semble avoir fait sien la citation de Berthe Hamelin – Rousseau : « Un départ ça ressemble toujours à une désertion. »

Auteur : Antoine Morin

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