Deutsche Qualität (2/2)

26
avril
2013

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Catégorie : Dossier

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Après leur démonstration en demi-finale face à Barcelone et au Real Madrid, le Bayern Munich et le Borussia Dortmund devrait, sauf cataclysme, se disputer la Ligue des Champions le 25 mai prochain à Wembley. Pourquoi le foot allemand, trop peu connu par la majorité d’entre nous, domine-t-il d’une telle manière la scène européenne ? Tentative d’explication…

Après avoir vu en détail la politique financière des clubs, APP se penche aujourd’hui sur les qualités intrinsèque des équipes allemandes.

Du grand spectacle

Encore plus que les tarifs avantageux ou les stades luxueux, c’est le spectacle proposé chaque week-end qui motive les spectateurs. Dans une ferveur quasiment unique sur le vieux continent, les équipes se surpassent pour offrir du beau jeu à leurs supporters. Avec une philosophie résolument portée vers l’offensive, les équipes enfilent les buts comme les perles. La saison dernière, la Bundesliga était le championnat d’Europe le plus prolifique en buts: 2,9 par match en moyenne. La qualité de jeu est également à louer. Chaque match voit son lot d’actions d’école et de contres rondement menés.

Ce championnat de haut niveau est également une compétition très disputée. Malgré le cavalier seul du Borussia en 2011 et 2012 et la balade du Bayern cette saison, la Bulli  est, parmi les cinq grands championnats d’Europe, avec la Ligue 1 celui qui a vu le plus de clubs soulever le trophée lors de ces dix dernières années : en plus des ogres précédemment cité, le Werder Brême (2004), Stuttgart (2007) et Wolfsburg (2009) ont aussi été sacrés.

Aussi, le suspense est généralement de rigueur. Depuis 1994, le  titre s’est joué pas moins de neuf fois lors de l’ultime journée avec des retournements de situations improbables comme en 2001 où Schalke perd le titre dans les arrêts de jeu de l’ultime journée au profit du Bayern.

Des joueurs de classe mondiale

C’est une réalité qui n’a pas d’explication mais qui est impossible à nier : le football allemand n’est pas assez médiatisé et terriblement sous coté. Pour les français, le club allemand a longtemps été le tirage idéal en match à élimination directe de Ligue des Champions. Trop longtemps. Comme si on avait plus de chance d’éliminer l’allemand plutôt que l’anglais ou l’espagnol. Faux ! Depuis toujours, les équipes allemandes possèdent d’aussi bons joueurs que les autres. Aujourd’hui plus que jamais. En France, quand on parle Bundesliga, ça se résume trop souvent à Ribéry et quelques autres.

Mais Lewandowski n’est pas un grand attaquant que depuis cette semaine et son quadruplé face au Real. L’attaquant polonais  vient derobert-lewandowski mettre 29 buts sur ses 27 derniers matchs. Il n’a rien à envier à Falcao ou Cavani, pourtant beaucoup plus connus que lui. Contrairement à ce qu’on pense, tous les joueurs de Dortmund et du Bayern auraient leur mot à dire dans n’importe quelle équipe d’Europe.

Même constat dans les autres formations du pays. Simon Rolfes, Stefan Kiessling, Kevin de Bruyne, Joel Matip sont les premiers noms d’une longue série de joueurs méconnus en France mais qui ferait pourtant tellement de bien à notre championnat.

Un recrutement rusé

En parallèle des situations financières saines et de la formation très productive, la politique de recrutement outre-rhin est également astucieuse. Mis à part quelques exceptions (Javi Martinez et Götze au Bayern pour 40 et 37 millions €), les allemands ne font jamais de folie sur le marché des transferts. Les scouts des clubs parcourent le monde à la recherche de jeunes talents, peu chers et avec une marge de progression conséquente. C’est cette manière de procéder qui a permis à Dortmund de dénicher Lewandowski,  Blaszczykowski ou Kagawa, illustres inconnus à leurs arrivées au club et qui comptent aujourd’hui parmi les meilleurs joueurs du monde.

Des équipes équilibrées, pas dépendantes d’individualités

C’est sans doute l’aspect le plus criant de la suprématie allemande lors de ces deux demi-finales de Ligue des Champions. Malgré le doublé de Muller pour le Bayern ou le quadruplé de Lewandowski pour Dortmund, ces deux équipes reposent sur des effectifs parfaitement huilés où chacun à son rôle et sait se mettre au service de l’équipe pour la sublimer. La prestation de Robben, autrefois critiqué pour son individualisme, mais ne ménageant pas sa peine dans les corvées défensives contre le Barça en  est le parfait exemple.

C’est ce qui a cruellement manqué aux deux formations espagnoles. Trop dépendants du talent de Messi et de Ronaldo, Blaugrana et Galactiques n’ont su trouver la solution alors que leur génie respectif était dans un jour sans et parfaitement muselé par les défenses adverses.

Des clubs qui prônent la stabilité

C’est aussi un argument décisif dans la bonne tenue des clubs allemands sur la scène européenne. Chacun à leur façon, les deux bulldozers germaniques ont subi une désillusion el Ligue des Champions la saison dernière. Dortmund, virevoltant en championnat n’a pas réussi à passer le premier tour, se faisant même corriger 3-0 au Vélodrome. Le staff aurait pu décider de tout changer et construire une machine de guerre pour rivaliser avec les grands d’Europe. Il n’en est rien. Aucun changement dans l’équipe type. Pari gagnant, cela fonctionne à merveille cette saison.

Le même souci s’est posé en Bavière où le Bayern a loupé de peu la coupe aux grandes oreilles face à Chelsea alors qu’il était grandissime favori. Malgré une manne financière beaucoup plus importante que celle du Borussia, les dirigeants Munichois n’ont pas choisi de chambouler l’effectif. Seul Javi Martinez, Mario Mandzukic et à moindre importance Xherdan Shaqiri sont venus étoffer un groupe déjà bien garni.

Même leitmotiv à Schalke 04, troisième club présent au second tour de la Ligue des champions cette saison.

Un calendrier plutôt bien ficelé

Si à l’arrivée des principales joutes européennes, les allemands sont plus frais que leurs homologues des autres pays, ce n’est pas un hasard. La répartition du calendrier national y est pour beaucoup. La Coupe de Ligue, qui se joue entre les six premières équipes du championnat en guise de préparation au mois d’août ne fait pas perdre de force inutilement aux joueurs.  Et surtout, le championnat à 18 clubs, contrairement à celui à vingt clubs présents dans les pays voisins, permet de désengorger le calendrier. Quatre matchs de moins que dans les autres championnats qui permettent une longue trêve de plus d’un mois en plein cœur de l’hiver. Idéal pour se reposer et reprendre des forces quand les autres équipes européennes bataillent une à deux fois par semaine entre championnat et coupes nationales.

Tous ces arguments laissent donc penser que cette domination naissante du football allemand est partie pour durer. Même si Dortmund n’a pas les arguments financiers pour tutoyer les sommets à long terme, la qualité de son centre de formation et de son entraîneur  le charismatique Jurgen Klopp permettent de croire en n’importe quel miracle.

Quant au Bayern Munich, on tient peut-être là le futur rouleau compresseur amené à dominer l’Europe. Le club, en course pour un retentissant triplé (Championnat, Coupe D’Allemagne et Ligue des Champions) est déjà tourné vers l’avenir. Dès le début de l’année 2013, Uli Hoeness, le président du directoire avait déjà frappé fort en annonçant l’arrivée de Pep Guardiola à la tête de l’équipe pour l’année prochaine. Mardi matin, le club a validé le recrutement de Mario Götze, jeune crack du Borussia Dortmund et de la sélection allemande. Et ce n’est pas fini. Disposant de plus de 250 millions €, Guardiola s’apprête à faire son marché. On parle déjà de Luis Suarez (Liverpool), Robert Lewandowski (on ne le présente plus),  Radamel Falcao (Atlético Madrid) ou encore Vincent Kompany (Manchester City)…

Mais si outrageuse domination il y a, elle finira elle aussi par s’effriter. Comme les clubs italiens au début des années 2000, les clubs anglais ensuite et le Barça jusqu’à maintenant, le Bayern trouvera son maître. Pourquoi pas un club français? Faites vos jeux…

A lire : Deutsche Qualität (1/2)

Auteur : Antoine Raguin

Antoine, aspirant journaliste, amoureux de football et de sports en général et nostalgique de Zizou.

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