Haletant, temps additionnel

18
février
2013

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Catégorie : Editos

temps-additionnel

En marquant contre Valenciennes à la 94e minute (1-0), le Marseillais Rod Fanni a inscrit le 37e but au-delà du temps règlementaire en Ligue 1 cette saison.

Soit 6% des buts. Pourtant ces réalisations sont souvent les plus décisives dans un match. Ce qui peut-être cruel. Comme miraculeux. Focus sur les minutes les plus stressantes, les plus intenses d’une partie.

« Allez siffle…Allez….». Que celui qui n’a jamais dit cette phrase me jette la première pierre. Devant un match, la frustration, la joie, la colère, le doute, l’euphorie, la détresse sont des sentiments qui nous transportent. On ne regarde pas simplement une confrontation entre deux équipes, on le vit. Intensément. Et lorsque l’enjeu grandit, ces dernières minutes, annoncées par le quatrième arbitre, peuvent être les plus éprouvantes. Et c’est surement là qu’on réalise que, putain, que c’est long une minute.

Si l’on se penche plus attentivement sur la question, on peut y trouver une sorte de rituel dans cet arbitre qui, à l’aide, de son panneau indique le nombre de minutes de temps additionnel. Comme un bourreau qui annonce une mise à mort. Comme une bombe qui menace d’exploser à tout instant. Le génie qui a inventé ce laps de temps après les 90 minutes devait sans doute être quelqu’un de malsain. Un sadique qui doit encore s’amuser aujourd’hui encore des (télé)spectateurs qui se rongent les ongles, pleurent, rient, chantent avant les trois coups de sifflet de l’arbitre. Si court, mais si long, le temps additionnel possède cette remarquable flexibilité, il n’a pas la même durée selon la situation dans laquelle se trouve son équipe.

Je m’explique, il paraît interminable quand on mène au score et que la menace est grandissante, et il passe à une vitesse fulgurante quand, au contraire, on convoite le but. Les efforts sont décuplés, et difficile de rester lucide dans ces derniers instants où chaque prise de décision peut avoir des effets plus ou moins dramatiques. Comme un compte à rebours, les secondes défilent, et inexorablement, on court après le temps. On ne calcule plus, on jette ses dernières forces dans l’arène, on balbutie les règles les plus élémentaires du football pour arriver à ses fins. Les passes se transforment en longs dégagements désespérés dans la surface en priant le bon Dieu pour qu’un joueur dévie le ballon dans les filets. De la tête, du pied, de la main, de la hanche… Qu’importe la manière, pourvu qu’on ait le but.

Un but dans le temps additionnel est un supplice, comme une bénédiction. Encore une fois, la vision change radicalement selon le camp. Les Marseillais ont exulté samedi soir, les Valenciennois ont été dépités. La dure loi du hasard fait basculer le match dans une tragédie grecque. Ne disposant pas d’assez de temps pour égaliser, l’équipe qui encaisse le but dans les ultimes secondes lève les yeux au ciel. « Pourquoi ?  Pourquoi nous ? ». Cruel dénouement. Une détresse infinie. Comme un boxeur qui reçoit un uppercut, et qui tombe K.O., sans avoir eu le temps de répliquer. Qui contraste avec une joie indéfinissable, proche de l’extase. C’est en tout ça que le temps additionnel est un moment à part. Un moment rare qui procure une palette sensationnelle d’émotions. Et franchement, revivre un but comme celui de Giroud avec les Bleus, le 16 octobre dernier, en Espagne, alors que le temps additionnel avait été franchi (1-1)… La joie indescriptible, ce match nul au goût de victoire, vivement un nouveau temps additionnel aussi trépidant.

Auteur : Fabien Burgaud

Fabien : motivation le journalisme sportif. Supporter du FCN et amoureux du football.

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