De quoi le roudisme est-il le nom ?

26
novembre
2017

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Catégorie : Ligue 1

Garcia main poche

Au cœur des critiques au lendemain des prestations indigestes à Bordeaux et face à Konyaspor, Rudi Garcia ne semble pas comprendre les critiques négatives qui s’abattent sur lui et sur sa manière de faire (dé)jouer son équipe. Pour autant, il suffit de regarder de plus près les compositions d’équipes et les changements tactiques du coach marseillais pour s’apercevoir du niveau de réflexion inquiétant qui anime ses choix et ses réactions au cours d’un match.

 

La primauté du nombre

En premier lieu, il faut se remémorer la fameuse rouste subit à Monaco pour bien comprendre ce qu’il en est de la vision du foot de ce monsieur Garcia. Lors de cette rencontre, il décide d’aligner la bagatelle de 7 joueurs à vocation défensive, à savoir cinq défenseurs et deux milieux de terrain défensif (Gustavo et Sertic). Sans doute Rudi Garcia pensait-il que l’accumulation de joueurs défensifs permettrait de mieux défendre. Il n’est donc guère surprenant de voir l’ancien lillois en faire de même pour le secteur offensif lorsqu’il pense que son équipe devra prendre le jeu à son compte, ou tout du moins essayer de le faire…

Dès lors, Rudi Garcia renvoie l’image d’un tacticien limité, offrant aux supporters un spectacle désolant et incompréhensible. Non, monsieur Garcia, un défenseur supplémentaire ne suffit pas à gommer la médiocrité du secteur en question, tout juste ne fait-il pas l’inverse en ajoutant un joueur médiocre à une ligne de quatre déjà bien limitée. De ce fait, il paraît inconcevable, pour une majorité d’entre nous qu’un entraineur de Ligue 1, champion de France à fortiori, soit doté d’un sens tactique aussi simpliste que cela.

 

Quand frilosité rime avec porosité

 

De plus, Rudi Garcia accentue les réprobations à son égard par le biais d’un coaching frileux et bien trop souvent perdant. Perdant au niveau du jeu, perdant pour les supporters, pour les spectateurs, et parfois même, perdant d’un point de vue comptable, celui qu’il, pourtant, semble tenir pour Dieu unique et tout puissant de son football.

Bien évidemment, Rudi Garcia n’est pas le seul à effectuer des remplacements craintifs, ceci étant, il semble ignorer quelque chose d’assez simple pour autant : la devise du club qu’il coache depuis désormais plus d’un an. Celle d’un club, mais surtout de milliers de supporters.

Ces derniers sont les premiers à s’insurger devant ce coaching frileux qui fait reculer le bloc équipe, et par conséquent galvanise des adversaires en quête d’un but salvateur. Si cet état d’esprit pusillanime agace autant qu’il ennuie, il peut s’avérer fatal pour l’équipe étant donné qu’il lègue à l’équipe sur la pelouse un sentiment de peur qui paralyse et gangrène les esprits les plus fougueux, et ragaillardi les adversaires les plus stériles, découvrant alors une soudaine appétence pour la maitrise du jeu et la mise en danger d’un OM aux pieds d’argile, foulant au pied sa fameuse devise.

 

 

L’empilement offensif indigent

 

Sans doute agacé par les critiques l’accusant de couardise, notamment dans son coaching en cours de match, Rudi Garcia s’est essayé à une petite recette indigeste un soir de purge au Matmut Atlantique (1-1, le 19 novembre 2017). Insatisfait de la piètre prestation de ses ouailles, le coach marseillais s’est donc mis à empiler les joueurs à caractère offensif, ou tout du moins plus offensif que les joueurs remplacés. Ainsi, l’on a vu rentrer Lopez, Germain et Sarr et sortir Payet, Zambo et Sakai. Passant du 4-2-3-1 habituel à un 4-2-2-2 bricolé, Rudi Garcia a sans doute pensé que cette soudaine créativité ferait de lui un entraîneur à la tactique originale voire offensive. Loin de tout cela, l’animation marseillaise, quasi inexistante avant ces expérimentations garciesques, s’est soudainement transformée en joyeux bordel sans aucune cohérence, qui aurait pu permettre aux Girondins de porter l’estocade si ses attaquants n’avaient pas tenté d’imiter les exploits burlesques d’un Kostas Mitroglou des grands soirs.

Ainsi, Rudi Garcia n’a rien du bouc émissaire tant ses actes et son comportement l’accablent. Ses changements frileux et ses choix vides de sens nous rappellent bien vite ses conférences de presse, mais surtout pourquoi l’OM ne parvient pas à battre des adversaires aussi moyens que le sont Angers, Salzbourg, Bordeaux, Konyaspor, Guimaraes et Rennes mais également pour quelles raisons les victoires de ses ouailles sont si pitoyables et frivoles.

Bien que la performance face à Paris ait permis de cacher la misère en redonnant de la crédibilité au coach marseillais, elle s’avère bien lointaine au moment de se pencher sur les rouages d’un raisonnement tactique que l’on peut aisément qualifier de primaire.

Auteur : Evan Risch

Marseillais d'adoption, amoureux de Bielsa et du QI foot de Valère Germain

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