D2F : « Des Nimoises en panne »

18
novembre
2014

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Catégorie : Equipe de France Féminine / Football féminin

FFNMG OM 16 nov 2014 photo Omaha Editions

C’était le gros choc de la poule C en 2ème Division féminine ce week-end. L’OM et toute son aura médiatique qui se déplaçaient à Nîmes, leader du groupe, l’ont emporté 1 à 0. APP analyse le match.

Une opération d’envergure « TOUS EN ROUGE », près de 500 personnes pour assister à la rencontre, plus une place pour stationner : le stade du Mas Praden ne connait pas pareille fête chaque week-end (malheureusement pour le foot féminin). Il faut dire que l’affiche était pour le moins alléchante. Nimes dans son fauteuil de leader accueillait les olympiennes de Christophe Parra.

Le match a été apprécié du public. C’est certain. La bataille tactique du milieu de terrain a bien eu lieu et les débats laissaient présager d’une issue victorieuse pour l’une ou l’autre équipe qui se jouerait sur d’infimes détails. Et quand au foot on parle de détail, on veut bien sur parler des coups de pied arrêtés. C’est ainsi que Caroline Pizzala a su tromper la vigilance de Delphine Saez à la 19ème minute sur un coup franc de 25 mètres.

Nimes OM 16 nov 14 APP

Les Nîmoises ont bien eu leurs temps forts, particulièrement par le jeu aérien devant la cage adverse. Les rebonds n’ont toutefois pas trompé la très agile gardienne Anaïs Hatchi, auteure d’un match parfait sur sa ligne. Les filles de Gilles Agniel et Emmanuel Gros ne sont pas parvenues à faire la différence dans l’axe, ont bien tenté quelques débordements dont l’un a abouti à une remise en retrait de Maéli Roux pour Samira Tebbi. A 7 mètres du but et libre du marquage, cette dernière a ajusté une frappe malheureusement trop prise de l’extérieur du pied. Le tir dévissait comme un symbole du ça-veut-pas-rentrer affectant les joueuses gardoises ces derniers temps et face aux grosses écuries.

Pourtant il n’y a pas grand-chose à reprocher à cette équipe rouge. Sa défense est restée maîtresse dans l’art de placer Pauline Cousin et ses consœurs d’attaque en position de hors-jeu, sauf en fin de rencontre où un tir olympien frôlait les montants. Peut-être simplement un étirement trop important entre les lignes lors des phases de jeu offensives, comme si la défense craignait un contre fatal de l’OM en restant légèrement basse, sur ses gardes. En conséquence, le milieu de terrain, certes imposant dans sa présence physique – et c’est ce qui est sa force –,  a manqué parfois  de spontanéité dans la projection vers l’avant afin de  venir combiner avec les joueuses offensives et provoquer des ouvertures dans des espaces vite réduits par les bons regroupements des marseillaises. Et de toute évidence, l’avantage au score a aidé ces dernières à cela. Pour autant, il ne faut pas enlever à Léa Rubio, Tess Laplacette et leurs coéquipières, une qualité technique indéniable aperçue dans de nombreux duels.

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A l’instar de leur dernière prestation à Toulouse où les Nîmoises se sont inclinées à cause du talent d’une Fanny Tenret pourtant un temps pressentie pour les rejoindre à l’intersaison, l’efficacité offensive est restée en panne. Comment expliquer cela après une série de 6 victoires consécutives ?

Si Emmanuel Gros, l’un des coachs de cette équipe, affirme  que « l’OM doit avoir une seule occasion franche sur l’ensemble du match », il reconnaît pourtant qu’ « il faut être beaucoup plus tueuse devant le but » sur le site du FFNMG. Ce qui reste donc positif c’est la capacité à se procurer des situations dangereuses. Elles sont cependant moins nombreuses quand l’adversaire est un concurrent direct et il est donc nécessaire pour les gardoises de convertir leurs rares opportunités.

Force est de constater que les scores fleuves dont le foot féminin nous gratifie assez régulièrement n’est plus l’adage de ce groupe C. Les résultats sont accrochés depuis 3 journées. Il n’y a qu’à zyeuter le haut du classement étriqué : l’OM, Nîmes, Le Puy, Monteux et Toulouse se tiennent en 4 points ! Et nous n’évoquons pas Aurillac-Arpajon qui peut garnir le peloton en cas de succès dans son match en retard. Autant dire que, pour le moment, rien n’est joué définitivement. Loin de là.

Autre raison, l’effectif des nîmoises est largement concocté de transfuges montpelliéraines : 11 joueuses qui ont foulé la pelouse ce week-end ont, un jour lointain ou récent, revêtu le maillot du MHSC féminin. Et il se dit que les marges de manœuvres sont pour le moment complexes et limitées pour aligner le 11 que souhaiteraient les entraîneurs du fait du jeu du nombre de mutées autorisées à être alignées sur la feuille de match. C’est un peu le revers de la médaille d’une entente devenue significative entre le MHSC et le FFNMG pour offrir du temps de jeu ou un nouveau challenge à des Diguelmann, Ayachi ou Ramos parmi d’autres.

Le fruit de cet axe d’échange entre la cité héraultaise et gardoise, jadis ennemies économiques, est toutefois d’apprécier aujourd’hui la présence de joueuses de renom dans le public comme celle de Kelly Gadéa attachée au fief nimois et même celle plus étonnante de Claire Lavogez, l’une des valeurs montantes du football féminin français qui a fêté sa première sélection A avec les Bleues à Offenbach lors du dernier succès historique en Allemagne. Parce que leurs ex-copines jouaient avec la peau des crocodiles ce jour-là face à une équipe de l’OM dont l’attente d’une arrivée dans l’élite est particulièrement fantasmée comme en témoignent certains tweets.

Avec une telle attente, gageons que le danger pour les Olympiennes  restera d’avoir remporté les matches dans leur tête avant de les avoir disputés, et ce jusqu’à la fin de la saison.

— Blog OM Féminines (@BlogOMFeminines) 16 Novembre 2014

Autres réactions d’après match

Nous avons interrogé l’artilleuse ayant permis d’arracher le nul à Soyaux ce week-end avec le MHSC après la rencontre.  Claire Lavogez souligne que les filles de l’OM « ont des noms » ; sans doute fait-elle allusion à son homologue du Nord-Pas-de-Calais, Pauline Cousin ou encore à Léa Rubio venue apporter son expérience glanée notamment au PSG. Elle fait part cependant qu’elle est aussi venue voir jouer ses ex-coéquipières du MHSC et s’est montrée mitigée lorsque nous lui avons demandé si elle trouvait le résultat logique. En aparté, et parce qu’on ne pouvait pas éviter d’en parler, nous avons abordé la prochaine rencontre des Bleues : « Oui, c’est la première fois que je vais affronter le Brésil. Avec Marta en face ! » nous a-t-elle confié les yeux scintillant de rêve. Voilà de quoi illustrer l’exercice de style du week-end « l’extraordinaire est sur le chemin des gens ordinaires » signé de Christophe Parra, le coach olympien aux anges sur OM.Net.

Remercions également Samira Tebbi, l’attaquante nîmoise, qui nous a fait gracieusement part de son analyse : « Je pense que la défaite n’est pas méritée vu le contenu du match. L’OM a eu une seule grosse occasion franche, nous pas mal d’occasions mais aussi sur coups de pied arrêtés. Malheureusement,  on n’a pas su les mettre au fond. On prend un but sur coup franc,  c’est encore plus rageant … Il faut vite relever la tête et réagir dès la semaine prochaine à Aurillac si on ne veut pas que l’OM nous surclasse…Dominer n’est pas gagner. »

Ce sont à présent les olympiennes, en tête du classement, qui devront supporter la pression d’être favorites et les Nîmoises, dans l’ombre, qui devront se refaire la cerise en réparant cette panne offensive qui pourrait bien n’être que provisoire.

 

Championnat de France de Division 2 – 8ème journée
Dimanche 16 novembre 2014 – 14h30

NIMES METROPOLE GARD FF – OLYMPIQUE DE MARSEILLE : 0-1 (0-1)

Marguerittes (Stade du Mas Praden) 

But : Caroline PIZZALA 19′
Avertissements : Pervier 65′, Ayachi 89′, Roux 90+2′ pour Nîmes ; Rubio 37′ pour Marseille

NIMES : 1-Delphine Saez ; 2-Tiffanie Aparisi (12-Laëtitia Massies 40′), 4-Elodie Lizzano, 5-Gaëlle Gayton, 3-Marie Mahiste (15-Julie Parasme 46′) ; 6-Marine Pervier, 8-Nora Hamou Maamar ; 10-Sabrina Oumeur (14-Zohra Ayachi 66′), 7-Maëli Roux (cap.), 11-Samira Tebbi ; 9-Elodie Ramos. Entr.: Emmanuel Gros et Gilles Agniel
Non utilisées : 13-Mélanie Bussi, 16-Noémie Cuberes

OM : 1-Anaïs Hatchi ; 7-Lugdivine Montagna, 4-Laure Roffe-Vidal, 3-Camille Perrin, 2-Anaïs M’Bassidje ; 11-Charline Marcilly ; 8-Léa Rubio (cap.) (15-Cathy Abou Deraa 83′), 6-Caroline Pizzala ; 5-Tess Laplacette (13-Cécilia Vignal 90′), 10-Alicia Pourquies (12-Eloïse Vallet 57′), 9-Pauline Cousin. Entr.: Christophe Parra
Non utilisées : 14-Laëtitia Abou Deraa, 16-Marine Fernandez

CREDITS PHOTO : Omaha Editions – Footofeminin / Kévin Boucard @Caoimhim

Auteur : Kévin Boucard

Travailleur social et médiateur familial, APP me permet de renouer avec ma passion la plus ancienne: décortiquer et partager toute l'actu du foot ! C'est une "addiction" qui m'a frappé dès mes 10 ans !

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