Comment les agents parviennent-ils toujours à leurs fins ?

23
juillet
2017

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Catégorie : Editos

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À chaque intersaison, les agents profitent du mercato pour mettre la pression sur les clubs afin d’obtenir une revalorisation ou un transfert de leur client. Et l’issue est toujours la même, les clubs finissent par céder. Par quels moyens ? Décryptage à travers les méthodes de Jorge Mendes et Mino Raiola.

Dans le football business, deux agents se partagent le gratin du football mondial, Jorge Mendes et Mino Raiola. Ces deux agents reflètent, pour les romantiques du ballon rond, tous les maux qui rongent le sport-roi. Tous deux se voient reprocher le fait de ne servir que leur propre intérêt, l’un, Jorge Mendes, en plaçant ses joueurs dans “ses” clubs via son réseau chinois ou Doyen Sport, l’autre, Raiola, en exigeant des commissions faisant flamber le prix du transfert, quitte à le faire capoter au détriment du joueur.

Jorge Mendes et son réseau

Pour parvenir à leurs fins et subvenir à leurs faims, Mendes et Raiola adoptent toutefois deux méthodes différentes. Mendes est un adepte de la discrétion, il se fait on ne peut plus discret et préfère se servir de ses nombreux relais au sein des médias pour faire pression sur les clubs, par voie de presse. Conscient que les médias sont de vrais leaders d’opinions, l’agent portugais a tissé des liens étroits avec bon nombre de médias comme A Bola au Portugal, la presse madrilène mais aussi en France via Frédéric Hermel et Thierry Marchand. Les deux journalistes français ont tissé des liens avec Jorge Mendes lors des remises du Ballon d’Or à Ronaldo et de l’interview pour France Football qui accompagne la remise du trophée. Hermel, qui est le reporter de L’Equipe et RMC à Madrid, et Marchand ont, au fil de leurs rencontres avec Mendes, instauré un climat de confiance entre eux et l’agent, conscient de l’importance d’une telle source pour obtenir des infos. Dès lors, soucieux de ne pas froisser leur contact, les deux journalistes de France Football, L’Equipe et RMC (médias qui représentent à eux trois 99% des sources d’infos en France) n’ont que des compliments pour Ronaldo et Mendes. Quitte à relayer de vraies-fausses infos. Car Mendes, en fin communicant, se sert de ces relations pour mettre la pression sur les clubs. Ronaldo veut une augmentation ? Mendes glisse à ses relais que la star portugaise est lassée du Real ou que des contacts avec le PSG sont établis. Et hop ! L’info fait la Une des journaux et Florentino Perez n’a plus qu’à passer à la caisse.

Raiola et sa truculence

Pour Mino Raiola, la méthode est tout autre. Sur de sa force, l’agent de Zlatan et Pogba, entre autres, adopte la manière forte. Il va droit au but et glisse directement des messages aux dirigeants de clubs, non sans adapter ses propos au joueur en question. Pour parler de Zlatan, il dira de lui qu’il est le numéro 1 et qu’il mérite donc un club et un contrat digne de ce nom. Comment le joueur pourrait-il ne pas être d’accord avec cela ? Grand amateur d’art, Mino n’hésite pas non plus à comparer ses joueurs à des œuvres d’art et donc fixe le tarif du joueur sur celui d’un tableau de Dali ou Picasso. La ficelle peut paraître grosse, mais la méthode est imparable puisque cela sous-entend que si un club veut le meilleur, il doit y mettre le prix. Souvent catalogué comme un agent intraitable, intenable et à la communication tapageuse, l’agent italo-néerlandais n’en oublie pas pour autant d’adapter son discours à l’image du joueur qu’il représente. Représentant de Zlatan, Balotelli et Pogba, il adapte sa communication pour coller avec l’image que les joueurs veulent donner d’eux, et donner de la valeur au produit marketing dont ils sont l’objet. Mais Raiola représente également des joueurs au profil de gendre idéal comme Maxwell ou Matuidi. Soucieux du désir de certains de ses clients de ne pas faire de vagues, l’agent truculent fait place à l’agent conciliant, qui n’en oublie pas pour autant son but, obtenir le meilleur contrat dans le meilleur club. Le cas Matuidi est l’exemple-type de l’adaptation du discours de l’agent au profil du joueur. Le milieu parisien possède un contrat avec Paris jusqu’en 2018 et n’a pas reçu d’offre de prolongation concrète du club. Dans pareil cas, le représentant du joueur monte au créneau et met la pression sur le club. Pas cette fois. Blaise Matuidi n’est pas du genre à faire du bruit et est trop conscient de ce que le PSG lui a apporté. Il ne ferme pas la porte à un départ mais Raiola ayant bien fait son travail, son salaire d’environ 10M€/an n’est pas à la portée de tous les clubs, surtout à 30 ans. Mais quelle que soit l’issue de ce dossier, la parole est d’argent, le silence est d’or.

Bien qu’ayant le même agent, deux joueurs peuvent avoir des plans de communication très différents. Dans un football où l’argent est roi et le marché complètement déréguler, où Manchester City met plus de 100M€ pour deux latéraux (même pas les meilleurs), la place des agents est centrale. Depuis l’arrêt Bosman et l’augmentation énorme des droits télé, les clubs sont de plus en plus riches mais surtout de plus en plus sous pression des agents où, que l’on soit de la méthode Mendes ou Raiola, les joueurs obtiennent toujours satisfaction.

Auteur : Dylan Houeix

Rédacteur Au Premier Poteau pour servir Edinson Cavani.

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