Comment donner une identité de jeu aux sélections nationales ?

11
octobre
2017

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Catégorie : Équipe de France

france

A l’image de l’Equipe de France ou de l’Argentine, bon nombre de sélections peinent à créer une réelle identité de jeu. Il est en effet difficile de créer une alchimie entre 23 joueurs en 10 jours tous les deux mois, avec des joueurs jouant aux quatre coins de l’Europe ou du Monde…

Depuis l’arrivée de Didier Deschamps en EDF, les matchs se suivent et se ressemblent. Un jeu pauvre, un manque d’automatismes et tout juste des résultats. Le sélectionneur a évidemment sa part de responsabilité, mais il n’a pas tout à fait tort lorsqu’il tente de se défendre en pointant du doigt le manque de temps pour donner une vraie identité à son équipe. Ses joueurs et sa logique de groupe sont donc là pour compenser ce manque de temps durant les trêves internationales. Il est vrai que créer un groupe avec 23 joueurs pour 2 matchs toutes les 6 semaines n’est pas chose aisée, qui plus lorsque les joueurs jouent partout en Europe. Créer un groupe de 23 joueurs n’est pas évident donc, surtout si l’on ajoute à cela les blessures et suspensions d’une trêve à une autre qui ne favorisent pas la continuité. Dans ce contexte, Deschamps a pris le parti des résultats, condition sine qua none pour se qualifier dans les compétitions internationales.

L’Espagne et l’Allemagne comme référence

Si ce problème d’identité de jeu se pose en France, il se pose également en Argentine, grande nation du football mais en grande difficulté durant ces éliminatoires. La sélection de Jorge Sampaoli ne manque pas de talents mais ne parvient pas à avoir des résultats en adéquation avec celui-ci. Même avec Messi, Dybala, Higuain, Icardi, Di Maria, Gomez entre autres, l’Albiceleste ne parvient pas à créer une alchimie et un jeu au niveau de leur talent. Pour expliquer cela, il ne suffit pas de fustiger l’entraîneur ou les joueurs. En Argentine ou en France, la difficulté de créer quelque chose est d’autant plus élevée qu’elle ne possède pas de locomotive dans son championnat qui lui permettrait d’avoir des automatismes, comme en Espagne ou en Allemagne. La Roja a créé son identité avec l’aide du Barca, entre autres, sélectionnant ses joueurs et reproduisant le jeu du club catalan auquel on ajoute un peu de madridisme pour compléter le tout. En Allemagne aussi, l’identité est très présente grâce aux choix du sélectionneur et une interchangeabilité des joueurs en équipe d’Allemagne A, B ou C. Et à cela s’ajoute la locomotive du championnat allemand, le Bayern Munich. Comme l’Espagne, l’Allemagne possède dans son championnat au moins un club qui domine et permet, grâce aux joueurs allemands qui y jouent, d’adapter l’identité du club à l’identité de la sélection. Mis à part le PSG, personne en France n’est capable de jouer le rôle de locomotive, très peu de joueurs français y évoluent (Rabiot, Kimpembe et Areola, aucun titulaire en EdF). Lorsque Deschamps convoque donc 23 joueurs, ils viennent d’Allemagne, d’Angleterre ou d’Italie, chacun avec leur sensibilité et identité, pas simple alors de créer un jeu plus ambitieux.

Comment réussir en 10 jours à créer des automatismes entre des joueurs ayant une influence anglaise, d’autres espagnols ou italiennes ? Ce problème se pose donc non seulement en France et en Argentine mais également en Belgique, bien que bon nombre de joueurs jouent en Premier League. La France et la Belgique sont deux exemples opposés sur le plan de l’identité de jeu. Avec autant de talent, la Belgique tente de produire un football attractif, quitte à être éliminé par les Pays de Galles en quart de finale du dernier Euro. De son côté, la France, emmenée par Dede le pragmatique, fait passer son contenu après les résultat, quitte a ennuyiez tout le monde…

Crédit photo : Paco Photographie

Auteur : Dylan Houeix

Rédacteur Au Premier Poteau pour servir Edinson Cavani.

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