Chris Waddle, magicien du stade Vélodrome pour l’éternité

30
avril
2013

Auteur :

Catégorie : Flash APP

Chris Waddle Marseille

Le 5 avril dernier , Chris Waddle foulait à nouveau la pelouse du Stade Vélodrome en donnant le coup d’envoi du 100e OM/Bordeaux de l’histoire. L’occasion de revenir sur le passage en France de ce génie du football, qui restera pour moi – qui suis pourtant un supporter inconditionnel des Girondins de Bordeaux –- le meilleur footballeur anglais de tous les temps et certainement le meilleur joueur étranger du Championnat de France. 

Une arrivée controversée

Été 89 : Bernard Tapie, qui vient d’offrir le titre que les supporters du stade Vélodrome attendaient depuis dix-sept ans, affiche haut et fort son nouvel objectif : faire de l’OM la meilleure équipe d’Europe. Je me souviens qu’à l’époque, les rumeurs allaient bon train. Ainsi, le 3 juin 1989, le quotidien l’Équipe fait sa une sur l’arrivée de Diego Maradona à l’OM. Problème, ce transfert censé se dérouler de façon assez discrète se transforma en feuilleton journalistique et le président de Naples reviendra finalement sur sa parole, malgré un accord de principe entre le joueur et les dirigeants marseillais.

La une de "L'équipe" du 3 juin 1989

La une de “L’équipe” du 3 juin 1989

Le rêve de voir El Pibe de Oro fouler les pelouses de France s’étant évanoui, Bernard Tapie engagera finalement l’Anglais Chris Waddle pour 45 millions de francs, soit le 3e plus gros transfert de tous les temps à l’époque. Une somme considérable pour le public français qui ne connaît pas encore le gaucher virevoltant, mais qui surprend aussi en Angleterre comme en témoignent les propos d’un journaliste du Guardian : ” lorsque Bernard Tapie a mis sur la table 4.5 millions de livres pour s’attacher les services de Chris, tout le monde a cru à un gag “. Il faut dire qu’à la fin des années 80, le football Britannique est toujours adepte du fameux kick and rush, l’une des tactiques les plus controversées de l’histoire du football qui consistait à adresser de longs ballons à destination des attaquants… Pas de quoi faire briller les techniciens de la trempe de Chris, dont le jeu jugé trop latin lui valait même une étiquette de vilain petit canard de l’autre côté de la manche.

28 octobre 1989 : la France du football découvre Magic Chris 

« Chris Who ? » s’interrogeaient les supporters Marseillais qui, comme beaucoup à l’époque, ne savaient pas vraiment qui était leur nouvelle recrue. Et ce ne sont pas les premiers matchs de Chris qui vont rassurer du côté de la Canebière : lourd et emprunté, l’Anglais va connaitre 3 premiers mois délicats, entrainant les rires des plus septiques qui n’hésitaient pas à user des moqueries sur son allure nonchalante et sa curieuse coupe de cheveux.

Mais à peine les premières critiques se firent entendre dans les travées du Vélodrome, que Chris mit tout le monde d’accord. 2 mois après son arrivée, le 28 Octobre 1989, il profite de la venue du PSG pour marquer d’une talonnade qui restera gravée dans les mémoires des supporters phocéens : le début d’une histoire d’amour et de la « Waddle mania ».

À partir de ce jour-là, l’anglais va éclabousser les stades français et Européens de tout son talent, allant même jusqu’à rejoindre le mythique Magnusson dans le cœur des vieux supporters marseillais. Pendant 3 saisons, l’un des premiers gauchers de l’histoire du football à s’épanouir sur l’aile droite va donner torticolis et pertes d’équilibre en tous genres à tous ses vis-à-vis à coup de dribbles et feintes de corps déroutantes. La France entière raffole de son jeu, de son sens du spectacle et du dribble et surtout le fait qu’il ne se prenne pas au sérieux. Preuve de sa popularité dans tout le pays, le joueur est ovationné par le Parc des Princes, lors d’une confrontation entre le PSG et l’OM en coupe de France, le 28 avril 1991. Tout simplement incroyable, irréaliste… mais pourtant vrai !

Le tandem avec Papin, l’apogée de 91 

Lorsque Chris arriva à l’OM, il vécut pendant 2 mois chez JPP qui lui avait proposé de l’héberger le temps qu’il trouve un logement : les conditions réunies pour nouer des réels liens d’amitié entre les 2 hommes, sans doute le facteur capital de leur entente sur le terrain. Une complicité qui va petit à petit les propulser, avec Magnusson et Skoblar, meilleur duo de l’histoire de l’Olympique de Marseille… et certainement l’un des plus forts de toute l’histoire du football, tout simplement.

Durant les 3 exercices passés sous le même maillot, les deux hommes vont se trouver les yeux fermés, menant l’OM au titre de champion à 3 reprises.

C’est lors de la saison 1990/91 que le duo va atteindre son apogée : au sommet de leur art, JPP et Chris vont réaliser des prodiges au

Vélodrome et sur tous les terrains de France et d’Europe. Cette année-là, Waddle, touché par la grâce et le génie, sera bien sûr le héros des quarts de finale de la C1 face au grand Milan AC. A San Siro, il permettra à l’OM d’obtenir un superbe match nul en préparant magnifiquement l’égalisation conclue par JPP. Mais le meilleur restait à venir : au retour, dans le stade Vélodrome, Chris est à la réception d’un centre d’Abedi Pelé dévié de la tête par Jean-Pierre Papin. Sans contrôle, il envoie le ballon dans le but d’une reprise de volée… du pied droit ! Épuisé et victime d’une commotion cérébrale suite à un traitement de faveur de Paolo Maldini, l’Anglais racontera plus tard qu’il finira la rencontre à peine conscient. Il passera d’ailleurs plusieurs jours à l’hôpital.

La suite, on la connait : l’OM et Chris échouent en finale de la Ligue des Champions face à l’Etoile Rouge de Belgrade et comme JPP, il ne gagnera jamais la prestigieuse coupe d’Europe. Abedi Pelé, son autre compère d’attaque, prendra le soin de le faire avec l’OM deux ans plus tard… avec une pensée pour l’artiste britannique, reparti en Angleterre durant l’été 92.

Plus de 20 ans après son passage, son image reste encore gravée. Ses dribbles magiques et ses facéties incessantes pendant les matchs (se cacher dans le maillot après avoir envoyé le ballon dans les nuages, rester coucher après une glissade en mimant une sieste, se jouer de ses adversaires avec le sourire…) ne seront jamais oubliés par le peuple du Vélodrome ou par des passionnés comme moi : WADDLE RESTERA A JAMAIS MAGIQUE !

Auteur : Loïc Denibaud

Intervenant d'action sociale le jour, amoureux du football et du beau jeu le jour et la nuit.

Vous avez aimé cet article ? Partagez-le !

Les derniers articles de la catégorie Flash APP

Comments are closed.

Plus dans Flash APP
Wolfsburg arsenal ligue des champions féminine
LDC Féminine : Wolfsburg en finale

Pour leur première participation à la Ligue des Champions féminine, les Allemandes de Wolfsburg se sont qualifiées pour la finale...

Patrice Lair suspendu face à Juvisy
Patrice Lair suspendu face à Juvisy

Après avoir ouvert une procédure à l'encontre de l'entraineur Lyonnais, l'UEFA lui a infligé une suspension d'un match pour "comportement...

lyon juvisy ligue des champions
LDC Féminine : Juvisy-Lyon à suivre en direct

Après la victoire 3 à 0 des Lyonnaises au match aller, Juvisy tentera le tout pour le tout afin d'accrocher...

Fermer