Et si c’était LA saison de Liverpool ? (3/6)

17
septembre
2014

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Catégorie : Dossiers

APP revient avec vous sur ce qui a fait de Liverpool une légende de l’histoire du foot jusqu’à l’année décisive qui attend l’emblématique Steven Gerrard.

Plus de 24 longues années que le Kop d’Anfield patiente de retrouver les saveurs jouissives d’un titre de Premier League Anglaise. Dans l’ombre de Manchester United, Arsenal ou Chelsea, puis des Citizens, Liverpool F.C. n’a du se contenter que des miettes, mais « n’aura jamais marché seul ». APP revient avec vous sur ce qui a fait de ce club une légende de l’histoire du foot jusqu’à l’année décisive qui attend l’emblématique Steven Gerrard.

Les tragédies du club : Heysel et Hillsborough (3/6)

Pourtant lorsque Paisley, être réservé sous sa carapace de gros bonhomme, était désigné par Shankly lui-même pour prendre la relève, les supporters du Kop n’en donnait pas cher. Comment égaler celui dont le nom était scandé par tout le peuple de Liverpool, seulement pour le bonheur que Shanks leur apportait?

Bob Paisley a fait aussi bien et a concrétisé l’oeuvre de Bill Shankly, c’est une quasi certitude, avec 6 titres de champions, 3 coupes d’Europe des clubs Champions dans un total de 19 trophées ramassés! Vertigineux! Toujours le bras droit de Shankly, de la préparation physique aux confidences de jeu, Paisley a su reprendre à son compte le “Pass and move” de Shanks, une forme de jeu devenue référence dans laquelle les joueurs étaient sans cesse en mouvement pour proposer des solutions et où les passes étaient rapides, souvent à une touche de balle de telle sorte qu’une simple déviation du cuir se transformait en inspiration géniale. Pour Kenny Dalglish, le brillant attaquant qu’il avait su enrôler au départ de Keegan, Paisleywas never boastful but had great football knowledge. I owe Bob more than I owe anybody else in the game. There will never be another like him“. Jamais vantard, une connaissance extraordinaire du football à laquelle Dalglish dit devoir plus qu’à n’importe qui dans le jeu. “Il n’y aura jamais d’autres comme lui”  déclarera-t-il (Official Club Website Livepool FC).

Bon, je sais bien, là l’on s’éternise. Mais il faut comprendre à quels sommets était parvenu ce fantastique club, n’en déplaisent à certains détracteurs, souvent londoniens, qui plus tard considéraient la compassion liverpuldienne aux victimes du drame d’Hillsborough comme grotesque; ceux-là mêmes qui ne supportaient pas les accusations de négligence de sécurité dans cette tragédie, estimant que la population de Liverpool “se vautrait dans sa victimisation” et n’ouvrait pas assez les yeux sur le hooliganisme que cette ville ouvrière  engendrait en son sein. Et croyez-le, je tempère mes propos! L’article de Spectator paru en octobre 2004 qui avait ravivé la polémique est plus “tranchant” encore, pour reprendre le mot de son directeur d’édition de l’époque, le maire actuel de Londres, Boris Johnson. Le même qui s’en était à peine offusqué mais qui, il y a peu, se reconnaissait “very, very sorry” des propos écrits 8 ans auparavant (Source The Independant 16/09/2014, Liverpool Echo 13/09/2012).

Tout cela pour dire à quel point Liverpool est à part, suscitant autant l’admiration que le mépris exacerbé. Mais revenons-en à l’embellie qui règne autour des Reds avant que l’histoire ne lui écrive des pages plus sombres.

En 1983, après 9 années consacrant Paisley au rang des managers les plus titrés du foot anglais, le coach cède la main à son successeur, Joe Fagan.Sous sa houlette, les Reds réalisent un triplé historique en 1984 : 3ème Championnat consécutif – 4ème Coupe de la League consécutive – Coupe d’Europe C1 remportée à Rome face à l’AS Roma.

L’année suivante, les liverpuldiens, emmenés par la nouvelle star galloise, Ian Rush (45 buts en 63 matches cette saison-là !), atteignent de nouveau la finale continentale. Le football anglais règne sans partage sur l’Europe depuis plusieurs années maintenant. Ils s’apprêtent à affronter la Juventus de Michel Platini au stade du Heysel (Stade du Roi Baudouin) de Bruxelles. Peu ébruitées au Royaume-Uni, davantage en Italie, la finale de l’année précédente aurait été marquée par de violentes répressions de fans de la Roma à l’encontre des supporters anglais après leur défaite, lesquels auraient été escortés en catastrophe par les forces de l’ordre italiennes. Mais, il se dit que les hooligans anglais prendraient leur revanche. A force de provocations, l’encadrement de sécurité étant bien insuffisant également, une centaine de supporters anglais envahissent la tribune italo-belge. Une bousculade se crée, les personnes s’acculent à l’opposé, repoussées par la police qui les empêchent de fuir par la pelouse. Les grilles et un muret s’effondrent : un bilan de 39 morts et de plus de 600 blessés. Pour l’anecdote, Platini offrira la victoire à la Juve, mais il s’est promis de ne plus retourner dans ce stade.

// // Les clubs anglais seront exclus 5 ans de toute compétition européenne. Liverpool, 10 ans. La peine sera réduite à 6 ans, mais c’est un coup d’arrêt très net à son hégémonie.

Fagan se retire du management des Reds et laisse les commandes à Dalglish, comme entraîneur-joueur, un peu comme Ryan Giggs avec Man United en fin de saison dernière. Trois titres de champions (1986, 1988, puis le dernier 1990), deux Cups (1986,1989) plus tard, et alors que le club file droit vers un nouveau sacre, Kenny Dalglish soumet sa démission en février 1991. Plébiscité par les supporters des Scousers, tant pour le jeu offensif prôné, pour les choix judicieux de recrutement, que pour son attitude exemplaire de compassion à l’égard des victimes de Hillsborough auprès desquelles il se sera rendu aux nombreuses funérailles, Dalglish met en avant le stress et le fait de ne pas parvenir à se remettre de ce dernier drame. Souness prendra le relais. Mais force est de constater que Liverpool est entrée en disette du titre national suprême depuis lors. Comme encore en deuil.

APP revient avec vous sur ce qui a fait de Liverpool une légende de l’histoire du foot jusqu’à l’année décisive qui attend l’emblématique Steven Gerrard.

Retrouvez ici la 2ème partie du dossier “Et si c’était LA saison de Liverpool”

Auteur : Kévin Boucard

Travailleur social et médiateur familial, APP me permet de renouer avec ma passion la plus ancienne: décortiquer et partager toute l'actu du foot ! C'est une "addiction" qui m'a frappé dès mes 10 ans !

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