Alors, ça donne quoi le PSG version Emery ?

23
septembre
2016

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Catégorie : Analyse tactique / Ligue 1

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Arrivé à bord du Paris Saint-Germain cet été, le capitaine Unaï Emery a pour mission de faire passer un cap au club. Après deux mois sous ses ordres, le navire parisien ressemble plus à une galère ou à un bateau de croisière ?

Débarqué de Séville pour remplacer Laurent Blanc, Unaï Emery n’a qu’un objectif : réussir là où son prédécesseur a échoué. Malgré un deuxième quadruplé de suite sur les compétitions nationales, Laurent Blanc fut remercié faute d’avoir franchi les quarts de la Champions League, qui plus est face aux voisins des Qataris, les aboudhabiens de Manchester City. Pour entamer son nouveau cycle, les dirigeants parisiens misent donc sur un entraîneur connaissant les (petites) joutes européennes en la personne d’Emery, triple vainqueur de l’Europa League. Le PSG de Blanc basé sur un jeu de possession mais jugé trop « mou » va donc être remplacé par un PSG plus « vertical ». Le technicien basque déclare le jour de sa présentation officielle que « chaque joueur devra élever son potentiel et son niveau de jeu. Il va falloir donner plus, être plus agressif. » Unaï Emery arrive avec ses méthodes et son idée du football. Mais après une petite dizaine de matchs officiels, est-ce que la mayonnaise prend pour le PSG à la sauce Emery ?

4-2-3-1, 4-3-3, 3-4-3, 3-6-1 ?

A son arrivée, beaucoup lui prête l’intention de modifier le schéma en 4-3-3, ADN du Paris SG de Blanc, pour un 4-2-3-1. Lui ne se formalise pas trop de cela et déclare que « le schéma, on le fait en fonction des joueurs qu’on a. Avec ce que l’on a, on peut faire un 4-3-3 ou un 4-2-3-1 ». En clair, il ne sait pas encore. Durant les matchs de préparation, il alterne entre les deux schémas mais les prestations les plus abouties se font dans un 4-3-3 semblable à celui de son prédécesseur. L’effectif et l’équipe sont plus adaptés et habitués au milieu à trois avec une pointe basse, Motta ou Krychowiak. Le choix de passer définitivement au 4-3-3 peut expliquer le faux départ de Matuidi à la Juventus, les postes étant donc doublés avec Matuidi, Rabiot, Motta, Krychowiak, Verratti et Pastore. Rude concurrence. En défense, Marquinhos a pris la place de David Luiz qui a préféré fuir à Chelsea et Kurzawa a une petite longueur d’avance sur Maxwell. Devant, Cavani est le buteur sans conteste, tandis que Di Maria et Lucas sont bien installés devant Jesé et Ben Arfa.

L’équipe type se dessine petit à petit mais Emery donne quand même du temps de jeu à tous ceux dont il estime le travail suffisant (n’est-ce pas Ben Arfa !?). Le turnover est important depuis le début de saison, ainsi aucune composition de départ n’était identique à celle du match précédent.

 

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Equipe type

L’animation du 4-3-3 version Emery

 

Si jamais quelqu’un ne l’avait pas compris, le credo d’Emery, c’est la verticalité. Finis de jouer à la baballe, en avant toute ! Pour preuve, alors que les passes de Serge Aurier se dirigeaient le plus souvent vers Thiago Silva sous l’ère Blanc, son destinataire préféré est désormais Lucas. Pour compenser la position très haute des latéraux dans les couloirs, Thiago Motta ou Krychowiak redescend entre les deux centraux pour créer un trio avec un meneur de jeu très bas sur le terrain. Les latéraux se placent alors à hauteur des milieux de terrains relayeur et forment alors une sorte de 3-4-3.

 

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Jeu de position

Sur l’image ci-dessous, les décrochages de Lucas et Di Maria au niveau des milieux relayeurs crée quasiment un 3-6-1 avec en défense Kimpembe, Motta et T.Silva (qui n’apparait pas sur l’écran), une ligne Meunier, Lucas, Rabiot, Pastore, Di Maria, Maxwell (qui n’apparaît pas sur l’écran) et Cavani restant seul en pointe. Le décrochage de Di Maria entraine le latéral adverse à le suivre et ouvre donc un espace dans son dos que Maxwell ne prendra pas sur cette action.

 

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3-6-1

La profondeur tant aimée par Emery est sans arrêt recherché par les joueurs et les décrochages incessants de Di Maria vont dans ce sens. Sur l’image ci-dessous, Di Maria décroche quasiment jusqu’à la ligne médiane pour se donner de l’air et trouver une ouverture dans le jeu long. Sur cette action, l’appel de Cavani emmène un défenseur et les appels de Lucas ou Maxwell dans la profondeur auraient pu créer un grand danger. Le rôle de Di Maria n’est pas sans rappeler celui de Messi (toutes proportions gardées) au Barça où l’argentin décroche et se balade sur tout le front de l’attaque pour délivrer des caviars à Neymar et Suarez.

 

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Décrochage Di Maria

Comme les deux situations le prouvent, les espaces sont créés grâce à la bonne coordination entre l’attaquant et son latéral. Sur l’image suivante Di Maria décroche une nouvelle fois dans le cœur du jeu. Lucas emmène le latéral adverse dans l’axe grâce à un appel tranchant et libère donc le couloir que se presse de prendre le latéral parisien, Meunier en l’occurrence. L’argentin possède un intervalle pour jouer avec Rabiot ou Lucas mais sa qualité technique lui permet d’adresser cette bonne passe qui fait le plus de mal à l’adversaire.

 

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Passe côté Di Maria

 

Et en défense c’est comment ?

Même si Unaï Emery prodigue un football résolument offensif, il ne néglige pas l’aspect défensif. A la sortie de deux larges victoires face à Caen (6-0) puis Dijon (3-0) il martelait sa satisfaction de « ne pas avoir pris de buts ». En phase défensive, le coach demande un pressing dès la perte du ballon et un cadrage du porteur. Sur la situation ci-dessous, les attaquants parisiens empêchent les relances courtes tandis que Rabiot se place de manière à couper un angle de passe dans la verticalité. Le porteur du ballon ne peut donc pas relancer vers l’avant sans allonger et privilégiera sur cette phase une passe latérale sans danger pour l’adversaire.

 

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Cadrage du porteur

Si l’idée de jeu semble de plus en plus visible, tout n’est pas encore parfait et l’entraîneur lui-même le reconnaît l’équipe « peut encore faire beaucoup de choses pour s’améliorer ». En phase défensive, les joueurs parisiens manquent encore parfois d’agressivité comme sur la situation suivante où Rabiot est trop loin du porteur et oblige Cavani à faire l’effort quasiment jusqu’à son poteau de corner.

 

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Pressing Rabiot

 

Une hiérarchie encore à peaufiner

Le niveau de jeu est en progression même si les prestations ne sont pas toutes abouties, peut-être en partie à cause d’un calendrier démentiel où les parisiens auront joué sept matchs en trois semaines.

D’autres soucis restent à régler pour Emery. La hiérarchie des gardiens n’a pour l’instant rien de clair. Kevin Trapp a joué les cinq premiers matchs et Alphonse Aréola lui a succédé pour les trois derniers. Le technicien basque devra faire un choix dans un futur proche pour ne pas déstabiliser les deux gardiens. Le poste de milieu défensif est lui aussi soumis à un turnover constant où Krychowiak et Motta se partagent le temps de jeu. La montée en puissance du polonais risque toutefois de mettre l’italo-brésilien sur le banc. Le coaching lors des matchs est aussi à éclaircir, Unaï Emery faisant des remplacements étranges notamment au niveau des latéraux où Aurier et Meunier sortent systématiquement en cours de matchs. L’intérêt de tels changements reste une énigme.

La plus grande zone d’ombre à éclaircir est sans aucun doute le cas Ben Arfa. Absent du groupe lors des trois derniers matchs, l’entraineur parisien reste plutôt évasif sur la raison de son absence. Hatem Ben Arfa est un joueur de match et ne travaillerait pas assez à l’entrainement. Si l’on ajoute à cela les quelques kilos en trop qu’il avait à la reprise, on peut se dire qu’il n’a pas compris qu’il n’avait qu’une seule chance de faire une bonne première impression à son coach. Malgré tout, si une place de titulaire semble compromise pour HBA, une place dans le groupe ne serait pas scandaleuse.

Le Paris Saint-Germain est encore en rodage, Unaï Emery découvre encore la Ligue 1 et a besoin de temps. La progression des derniers matchs est intéressante mais de nombreux domaines restent à améliorer. L’équipe a besoin de temps, mais seuls les résultats en donnent…

Auteur : Dylan Houeix

Rédacteur Au Premier Poteau pour servir Edinson Cavani.

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