Brandao, le brésilien pas comme les autres

24
avril
2013

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Catégorie : Ligue 1

brandao

Il n’aura jamais le talent d’un Neymar ou d’un Ronnie, il n’enfilera probablement jamais la tunique jaune et verte de la sélection Auriverde, mais Brandao est un honnête attaquant du championnat de France. Portrait de ce personnage atypique.

Brandao, Evaeverson Lemos da Silva de son vrai nom n’est pas rapide. Il est même plutôt lent. Il n’est pas technique. Il est aussi critiqué pour la rudesse de son jeu, basé sur le duel et sa maladresse devant le but. Mais il n’empêche que dans n’importe quel club où il s’installe, il est inamovible à la pointe de l’attaque. Et encore mieux : il est souvent décisif dans les matchs importants. En atteste son but marqué samedi dernier en finale de la Coupe de Ligue, le seul du match qui offre le trophée à son club.

Débarqué à Marseille en janvier 2009 en provenance du Chakhtior Donetsk,  il est très vite raillé par les supporters pour sa maladresse et son incapacité à s’adapter au jeu olympien. Rapidement, il vient agrandir la liste des transferts ratés de l’OM et apparait comme le digne successeur d’Andrès Mendoza ou Cristian Gimenez. Mais à force de travail et d’abnégation, il réussit à s’imposer comme le parfait complément de Mamadou Niang sur le front de l’attaque. Au meilleur des moments. Il prend donc un rôle important dans l’acquisition du titre de champion de France 2010 du club, le premier depuis presque vingt ans.

Cette même saison, il ramène quasiment à lui seul la Coupe de Ligue sur la Canebière. Un doublé en huitième de finale face à Saint-Étienne (victoire 3-2) et un autre en demi-finale contre Toulouse (victoire 2-1 après prolongations), il sort deux fois l’OM d’une bien mauvaise passe. Il ne marquera pas en finale face à Bordeaux (victoire 3-1), mais se fera remarquer par son célèbre «j’ai pas touchéééoow», suite à une faute sur Mathieu Chalmé.

Accusation de viol et contrôle du dos

L’année suivante est beaucoup moins rose pour l’attaquant auriverde. Moins décisif et accusé de viol sur une jeune fille en Mars 2011, Marseille décide de s’en séparer. Il est alors prêté au Brésil, à Cruzeiro puis au Gremio Porto Alegre pour se relancer.

Mais, le club olympien, devant faire face au départ des frères Ayew pour la Coupe d’Afrique des Nations et n’ayant pas assez de liquidité pour recruter un autre attaquant, décide de la rappeler en janvier 2012, au grand dam des supporters. Leur scepticisme ne durera pas longtemps. En huitième de finale retour de la Ligue des Champions contre l’Inter Milan, l’OM se trouve bien mal embarqué. Mené 1-0 à San Siro, ils sont sur le point d’être éliminé. À cinq minutes de la fin, Didier Deschamps, l’entraineur de l’époque décide donc de faire entrer son rugueux attaquant. C’est à ce moment-là que le chef d’œuvre intervient. On peut même parler de miracle. À l’entrée de la surface, Brandao, réceptionne un long ballon d’un contrôle chanceux du dos (!) et enchaine une volée qui trompe Julio César, le gardien interiste. Marseille est donc qualifié pour les quarts de finale. Quelques mois plus tard, il est le seul buteur de la finale de la Coupe de Ligue, et Marseille l’emporte face à Lyon (1-0).

Il a failli tout plaquer !

Malgré ses deux buts ultras décisifs, le staff olympien choisit de ne pas le prolonger. Christophe Galtier, l’entraineur de Saint Étienne, saute sur l’occasion et ne tergiverse pas avant de l’enrôler. À nouveau, les supporters du club contestent ce choix… Pas pour longtemps. Dans une équipe vantée pour son beau jeu porté vers l’attaque, le brésilien réalise sa plus belle saison dans le championnat de France. Déjà dix buts en championnat, son meilleur bilan depuis qu’il est France. Mais encore plus que ses buts, c’est ses titularisations qui sont importantes. Il est devenu le porte-bonheur des verts. Avec Brandao sur le terrain au coup d’envoi, Sainté n’a jamais perdu. Sans lui, la donne n’est pas la même… Comme on a encore pu le voir samedi soir au Stade de France, il forme un des duos les plus décisifs de l’hexagone avec Pierre-Emerick Aubameyang qui est déjà conquis par son coéquipier : «Brandao, il me fait kiffer à fond, c’est le top!». Avec trois Coupes de Ligue à son palmarès et seul buteur lors des deux dernières finales, on pourrait presque renommer cette compétition, la Coupe Brandao.

Encore une fois critiqué et mal aimé par les supporters, le brésilien a su inverser la tendance. Sa force de caractère y est pour beaucoup comme il l’explique sur son compte Facebook: «On m’a dit que je n’y arriverais pas. On m’a dit d’arrêter. On m’a dit tellement de choses négatives que je voulais abandonner. On m’a dit que ce n’était pas ma vocation. Mais je n’ai pas lâché. C’est comme ça qu’un gagnant doit se comporter. On apprend des erreurs du passé. Celui qui naît vainqueur ne se prostre pas dans la défaite. Il s’en relève en gagnant».

À tel point qu’il est devenu indispensable au dispositif stéphanois. Christophe Galtier fait déjà tout pour le conserver. «C’est un porte-bonheur et un attaquant présent dans les grands rendez-vous. Comme tous les grands joueurs, Brandao a fait une finale de très haut niveau en étant opportuniste et rigoureux dans son replacement défensif. J’espère qu’on va arriver à le garder. Les attaques autour de son jeu l’ont énormément touché».

En effet, après 32 ans sans titre, Saint-Étienne reprendrait bien une petite coupe la saison prochaine. Avec le talisman Brandao ? Tous les supporters des verts veulent y croire!

Auteur : Antoine Raguin

Antoine, aspirant journaliste, amoureux de football et de sports en général et nostalgique de Zizou.

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