Borussia Dortmund – Bayern Munich: Vraiment rivaux ?

24
mai
2013

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Catégorie : Europe

dortmund bayern ligue des champions

À l’occasion de la finale de la Ligue des Champions, l’Allemagne prouve qu’elle domine l’Europe. Mais qui domine nationalement ? Et surtout : ces deux clubs se haïssent-ils ?

C’est un fait que chaque supporter affirme : quand on a un rival, on aime le voir tomber à chaque occasion, même lorsqu’il a l’opportunité de glorifier le tableau national. Demandez à un supporter de Liverpool ou du Real Madrid s’il est heureux lorsque Manchester United ou le Barça remporte la Coupe aux grandes oreilles, évidemment non.

Si la rivalité haineuse peut être cautionnée localement, pour le contrôle de la ville, elle est plus complexe à un niveau national, comme pour les membres du « Rekordmeister » et des « Schwarzgelbes ».

Une première confrontation en 1965

Le Bayern Munich a vu le jour en 1900, créé par des membres d’un club munichois de gymnastique. Le Borussia Dortmund est né neuf années plus tard, par un groupe d’ouvriers des aciéries et mineurs de Dortmund. Les deux clubs s’illustrent sur la scène régionale mais ne se rencontrent pour la première fois qu’après l’établissement de la Bundesliga moderne (datant de 1963) en 1965. Le Bayern vient juste de monter en Première Division alors que le Borussia est un club bien installé, vainqueur de plusieurs titres dans la précédente ligue (1956-1957-1963). C’est surtout sur la scène européenne, déjà, que ces deux clubs s’illustrent avec une victoire en Coupe des vainqueurs de coupe (C2) pour Dortmund en 1966. L’année suivante, la succession est assurée par le Bayern. Pour les deux équipes, ces trophées sont leurs premiers sur la scène internationale.

dortmund 1996

Pourtant, le BVB va progressivement décliner à partir de 1968 au point de descendre en 1972, alors que le Bayern devient un des acteurs incontournables en RFA. Les Munichois vont remporter leur deuxième titre de champions, après celui de 1932, et devenir le principal rival d’un autre Borussia, celui de Mönchengladbach.

La rivalité des 90’s

La dernière décennie du 20ème siècle voit le retour d’une plus grande homogénéité dans la Bundesliga. Sur les dix dernières années, de 80 à 90, le Bayern a raflé 7 fois le championnat, alors que le BVB végète en milieu de tableau. La chute du mur et la réunification des deux Allemagnes, ainsi qu’une plus grande commercialisation de la compétition, vont changer cela et apporter leur lot de surprises. Lors de la saison 91-92, Dortmund finit deuxième ex-aequo avec le champion Stuttgart, ne s’inclinant qu’à la différence de buts alors que le club Bavarois termine à 5 points de la relégation.

Une série d’évènements qui poussent les deux équipes à investir et tout faire pour revenir au top : Beckenbauer devient entraîneur du Bayern et le Borussia recrute le très prodigieux Mathias Sammer. Avec le « Kaiser », le Bayern remporte le championnat en 94. Avec le « Baron Rouge » (en raison de sa chevelure) et Ottmar Hitzfeld, le BVB lui succède, pour la première fois depuis 32 ans.

Un partout balle au centre. La rivalité ne s’est pas encore développée, mais lors de la saison suivante (95-96), le Borussia écrase tout. Seulement 4 défaites au compteur et un deuxième titre national consécutif, juste devant le Bayern, second.

Si le Borussia ne l’emporte pas en 97 pour un triplé qui aurait égalisé les exploits d’antan du Bayern et de Möchengladbach, les résidents de la Ruhr signent tout de même leur meilleure performance en gagnant la Ligue des Champions… Dans le stade de l’Olympiastadion, celui de leur rival…

La scène européenne va également être témoin l’année suivante d’un quart de final « fratricide » et tendu entre le Bayern et le Borussia. Après un match nul et vierge à l’aller, le retour ne départage toujours pas les concurrents. Il faut un but de Dortmund dans les prolongations pour sceller l’antipathie entre les deux clubs, du moins en apparence.

Le cadeau regretté ?

En apparence, car d’une part, le BVB laisse l’hégémonie au Bayern, tant sur le plan national que sur la scène européenne (fantastique doublé bavarois LC-Championnat en 2001), ce qui pousse les dirigeants à faire une stratégie à la « Leeds United ». Comprenez : on recrute très bon et très cher et tant pis pour les finances ! Résultat, le Borussia regagne le fameux « MeisterSchale » dès 2002, mais se plombe économiquement. Ce qui nous amène au “d’autre part”. Avec un déficit grand comme Jan Koller, les dirigeants du Borussia ne peuvent payer la masse salariale du club, et sont près du dépôt de bilan.

Et qui joue les sauveurs ? Le Bayern Munich. En 2003, le club bavarois prête pour une poignée de mois 2 millions d’euros au club de la Ruhr, histoire de rétribuer leurs joueurs. Ça à l’air anodin et pas ruineux pour Munich, mais a-t-on souvent vu des gestes pareils dans le football, qui plus est entre rivaux ?

Le Bayern n’est pas non plus un bon samaritain. Ils avaient tout simplement compris que la disparition de Dortmund (qui ne passa pas très loin en 2005) aurait fait du tort à la Bundesliga et indirectement à son champion (ce qui se confirme en Écosse). Du coup, Munich est en partie responsable du renouveau du Borussia, de l’arrivée de Klopp, des titres des Scharzgelbes en 2011 et 2012 et donc, de leur présence dans cette finale. Sympa pour un rival. Si le Borussia Dortmund l’emporte, on parie qu’ils ne recommenceront pas ?

Auteur : Christophe.C GARNIER

Passionné de foot et spécialement fan de tout ce qui se fait outre-Manche depuis 10 ans.

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