Bordeaux : la méthode Gillot offre un banc aux Girondins

07
décembre
2012

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Catégorie : Europe

Francis Gillot, adepte du changement de stratégie

Spécialiste des changements tactiques multiples et du turn-over incessant, Francis Gillot a profité de la confrontation contre Newcastle, hier soir, pour pousser le vice encore plus loin qu’à l’accoutumée : pour cette rencontre de Ligue Europa déterminante pour l’attribution de la première place du groupe D, le technicien Nordiste n’a pas hésité à aligner un onze « 100% new look » afin de faire souffler ses titulaires en vue des échéances à venir en Ligue 1. Un choix payant sur toutes les lignes !

Des « coiffeurs » impliqués, à l’image de la révélation Biyogo-Poko

Car si l’option de Gillot ne fut pas du goût des supporters du club au scapulaire, qui ne cachaient pas leur scepticisme, mardi, à l’annonce du groupe retenu pour affronter les Magpies, le rectangle vert a donné raison au coach des Marine et Blanc, comme souvent depuis son arrivée sur les bords de la Garonne : car hier soir, les « coiffeurs » n’ont mis que quelques poignées de secondes à convaincre le public et se sont facilement imposés 2-0 contre une équipe de Newcastle également remaniée, certes, mais pas venue en Gironde pour faire de la figuration.

Et au-delà de la victoire, qui permet aux Girondins de s’octroyer le premier succès de leur histoire contre un club anglais et surtout la première place du groupe, importante pour le tirage au sort, mais également pour les finances du club (400 000 € de bonus pour avoir remporté sa poule), la manière a convaincu.

Ce mélange de vieux briscards à petit temps de jeu (Chalmé, Bellion) et de jeunes qui ont tout à prouver (Sacko, Biyogo-Poko, Poundjé) a donné pleine satisfaction, proposant un jeu presque plus spectaculaire qu’à l’habitude, plus direct que celui pratiqué par les titulaires. Planus et Chalmé ont apporté leur expérience au jeune Poundjé, qui a pallié de fort belle manière l’absence de Trémoulinas au poste de latéral gauche. Dans l’entre jeu, Saivet et Sertic, capitaine d’un soir, ont confirmé qu’ils avaient franchi un cap en prenant parfaitement le jeu Marine et blanc, et Ben Khalfallah a retrouvé des qualités de passe, de vitesse et de percussion qui pourraient s’avérer précieuses pour la suite de la saison des Girondins. Et puis il y a eu la révélation André Biyogo-Poko. Pour son baptême du feu, le jeune milieu défensif Gabonais (19 ans) n’a pas raté l’occasion d’étaler ses qualités au staff et au public bordelais : sérieux et appliqué, le numéro 17 Bordelais a d’abord montré un gros volume de jeu à la récupération, puis s’est totalement décomplexé au fil des minutes pour mettre en avant ses qualités de relance, se payant même le luxe de délivrer une passe décisive sur le 2ème but inscrit par Cheick Diabaté. Une prestation très intéressante qui offre une solution supplémentaire à Francis Gillot pour la suite de la saison, dans un secteur de jeu où le coach des Girondins manquait de solution.

Diabaté répond présent

Autre satisfaction de la soirée, la prestation de Cheick Diabaté, titularisé au poste d’avant centre, en lieu et place de Gouffran hier soir. Seulement dans le onze de départ pour la sixième fois depuis le début de la saison (3 fois en championnat et 3 fois en Ligue Europa), l’international Malien a su parfaitement saisir sa chance. Très précieux dans les duels aériens, l’attaquant longiligne fut, comme à son habitude, très disponible et combattif sur tout le front de l’attaque des Marines et Blanc. Et plus qu’à l’accoutumée, le « grand échassier » Malien s’est montré très adroit devant le but, s’offrant le premier et deuxième but de sa carrière sur la scène Européenne.

Une grosse performance qui n’a pas échappé à Francis Gillot,  qui a remplacé son avant-centre à la 88e minute pour que ce dernier entende l’ovation de Chaban-Delmas, après avoir longtemps essuyé les sifflets des supporters. Une belle revanche pour « Cheick », injustement décrié ces derniers temps pour son style un peu malhabile qui semble l’habiter sur ses prises de balle dans la surface. Car si Diabaté n’est pas l’attaquant élégant capable de faire lever tout un stade à coups de gestes techniques et dribbles de grande classe, il n’en demeure pas moins souvent décisif : auteur des deux buts l’an passé à Saint-Étienne qui ont propulsé les Girondins en coupe d’Europe, il a répondu présent à chaque fois lorsque Gillot à fait appel à ses services cette saison, marquant des buts cruciaux à Lyon ou à Brest.

Le fruit de la gestion de groupe de Gillot

À l’image de la prestation de Diabaté ou Poko, la prestation fournie par les « coiffeurs » des Girondins en dit beaucoup sur les méthodes de leur entraîneur. Depuis son arrivée au mercato estival de 2011, seuls N’Guémo, Obraniak, Maurice Belay et Mariano ont débarqué sur les bords de la Garonne. Une situation à laquelle le technicien des Girondins de Bordeaux s’est parfaitement adapté, en impliquant l’ensemble de son effectif grâce au turnover. Une rotation qui a permis à Saivet et Gouffran de prendre une nouvelle dimension et de relancer petit à petit des joueurs comme Henrique, Marange ou Ben Khalfallah, mis au placard par ses prédécesseurs.

Et force est de constater que cette gestion de groupe paye, puisqu’en relançant les anciens flops et en puisant dans le réservoir du centre de formation, Francis Gillot s’offre la possibilité de reposer certains cadres, tout en s’attribuant des cartes supplémentaires pour s’adapter tactiquement à n’importe quelle situation. Car contrairement à la majorité des entraineurs qui préfèrent imposer leur style de jeu à l’adversaire, l’ancien coach de Lens, à défaut d’avoir un effectif suffisamment fourni pour un schéma inamovible, n’hésite pas, à chambouler son onze et sa configuration en fonction du contexte et de l’opposition. Une gestion audacieuse, mais parfaitement maitrisée, car au-delà des systèmes utilisés, Françis Gillot cherche toujours à aligner un onze complémentaire, sans jamais renier certains principes d’équilibre tactique. C’est ainsi que Bordeaux est devenue la seule formation actuelle à posséder cette capacité à évoluer dans trois configurations différentes (5-3-2, 4-4-2, 4-5-1), avec la même efficacité. Une faculté inédite au plus haut niveau qui complique forcément la préparation des rencontres pour les équipes adverses et qui a fait ses preuves, que ce soit à Lyon, Paris, où contre l’Étoile Rouge de Belgrade où Marseille cette saison.

Grâce à la « méthode Gillot », Bordeaux affiche le 2e meilleur bilan de l’élite française sur 2012, juste derrière le PSG. En engageant le coach Nordiste, les Girondins ont clairement trouvé leur magicien, capable de faire de grandes choses avec peu de moyens. Reste à savoir si le club du scapulaire parviendra à retenir son homme fort, en fin de contrat en juin 2013.

Auteur : Loïc Denibaud

Intervenant d'action sociale le jour, amoureux du football et du beau jeu le jour et la nuit.

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