Bon courage Monsieur Guardiola

30
mai
2013

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Catégorie : Europe

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Le Bayern Munich réalise sa meilleure saison depuis des lustres. Après la Bundesliga et la Ligue des Champions, les bavarois devraient, sauf cataclysme, triompher en Coupe d’Allemagne, ce week-end. Pas suffisant pour Jupp Heynckes, l’entraineur, qui sera remplacé par Pep Guardiola à partir du 1er juillet.

«Avec Guardiola ? Je ne sais pas ce qu’on va faire en plus ? On va peut-être inventer une coupe». Avec un brin d’humour, Franck Ribéry a très bien résumé la situation après le sacre en Ligue des Champions du Bayern. Qu’est-ce que l’ex-entraineur du Barça va bien pouvoir apporter de plus au bolide munichois ? C’est la question que se posent tous les observateurs. Et pour le moment, on ne trouve pas la réponse …

En Janvier dernier, quand Pep Guardiola s’engage pour trois saisons avec le club bavarois, l’enthousiasme est à son paroxysme. On va enfin voir si le catalan, magnifique à Barcelone, va réussir dans un autre club, où les valeurs ne sont pas les mêmes. S’il va parvenir à emmener le Bayern sur le toit du monde, comme il l’a fait avec les Blaugrana. Car à l’époque, même si le Bayern dominait nettement la Bundesliga, championnat le plus sous-estimé du monde avant ces dernières semaines, il n’avait rien du bolide qu’il est devenu aujourd’hui. Pour rappel, le leader du championnat allemand vient de se faire marcher dessus, deux saisons durant, par le Borussia Dortmund sur l’échiquier national. Ce même Borussia qui l’a explosé lors de la dernière finale de Coupe d’Allemagne (5-2). Même constat en Ligue des Champions où les bavarois se sont inclinés lors de deux des trois dernières finales, en 2010 face à l’Inter Milan (0-2) et en 2012 face Chelsea (1-1, 3-4 TAB).  Conclusion : les bavarois n’ont rien d’un ogre et l’étiquette de loser leur colle même à la peau.

En route vers un triplé historique

Mais ça, c’était avant ! Depuis, le Bayern a facilement empoché le titre en Bundesliga avec vingt-cinq points d’avance sur le second. Plus grand nombre de points (91), plus grand écart avec le deuxième (25), meilleure différence de buts de l’histoire (+80), meilleure défense de l’histoire (18 buts encaissés),… Ce Bayern saison 2012-2013 a battu tous les records en championnat d’Allemagne. Le parcours en Ligue des Champions a également été maîtrisé  aisément. Arsenal, la Juventus et surtout le Barça ont mordu la poussière sans avoir leur mot à dire. La finale face à Dortmund, beaucoup plus disputée ne leur a pas échappée non plus (victoire 2-1). Et s’ils continuent sur le même rythme, samedi prochain, en finale de coupe d’Allemagne, Stuttgart a du souci à se faire.

Jupp Heynckes, l’entraîneur actuel, pourrait donc s’en aller sur un triplé. Il y a pire comme cadeau d’adieu. Mais il faut dire que son éviction reste une énigme. Si les dirigeants bavarois expliquent que c’est lui qui a décidé de s’en aller, il n’a jamais confirmé cette information, répondant parfois avec énervement quand on essayait d’aborder le sujet en conférence de presse. «Je n’ai jamais demandé de conseil à personne, respectez mon travail !», avait-il rétorqué à un journaliste quand celui-ci l’avait questionné pour savoir s’il allait demander des conseils à Guardiola pour la demi-finale contre Barcelone. Bref. Il partirait donc l’esprit libre, avec le sentiment du devoir accompli,  comme il l’expliquait déjà après la double démonstration en demi-finale face à ce même Barça : «Quand une équipe joue à un niveau aussi haut que le nôtre en ce moment, n’importe quel entraîneur peut partir par la grande porte», avait-il alors déclaré. Il s’en ira vers d’autres challenges (Real Madrid ? Sélection allemande ?). Ou vers la retraite.

Pep Guardiola ne devrait pas l’avoir, lui, l’esprit libre. Il a été engagé pour «apporter un vrai éclat au Bayern», dixit Uli Hoeness lui-même. On peut se demander quel peut donc bien être cet «éclat». Car certes, Pep Guardiola a drivé la meilleure équipe de football de ces dernières années, le FC Barcelone. Entre 2008 et 2012, il a tout gagné : deux Ligues des Champions, trois Liga, deux championnats du Monde des clubs pour ne citer que les titres majeurs. Et encore plus que les trophées, c’est le niveau de jeu des Blaugrana sous sa houlette qui a marqué. C’est d’ailleurs pour cela que le Bayern Munich est venu le chercher. Mais vu le spectacle proposé par le Bayern sous le règne du patriarche Heynckes, il sera difficile de faire mieux.

Retrouvailles avec le Mou

Qu’importe. Guardiola sera bel et bien sur le banc de l’Allianz Arena à partir de la saison prochaine et il sera très attendu. Même s’ilMourinho-Guardiola-bayern-chelsea jouit d’une côte de popularité partout où il passe, il n’aura pas le droit à l’erreur. «C’est sûr, il a toujours quelque chose à améliorer, par exemple dans la disposition sur le  terrain, mais il est difficile d’en rajouter encore une louche. Et si Guardiola est champion avec seulement quinze points d’avance, tout le monde sera certainement  déçu», avait estimé, Franz Beckenbauer, président d’honneur du club, dès le mois de mars dernier, démontrant les attentes pesant sur les épaules de l’Ibère.

En attendant, Guardiola va devoir se mettre au travail pour bonifier un effectif déjà pléthorique. Et avec les 278 millions € qui lui sont alloués pour cette tâche, il devrait aisément trouver chaussure à son pied. Il a d’ailleurs déjà commencé. Mario Götze, le prodige du Borussia Dortmund a signé contre la somme de 37 millions. Même s’il a essuyé le refus de ses dirigeants pour Neymar qui trouvent l’opération trop risquée et trop cher, il devrait voir débarquer Robert Lewandowski dans les prochains jours. Selon les dires de son agent, le polonais, à qui il reste un an de contrat à Dortmund souhaite rejoindre les champions d’Europe. Un chèque à huit chiffres comblerait les dirigeants du club de la Ruhr. Un défenseur central et un milieu de terrain, voire un autre attaquant pourraient suivre.

Dès lors, Guardiola disposera sans doute de l’effectif le plus complet du monde. Et le plus rapidement possible ne serait pas un luxe car le Bayern devra être près tôt dans la saison. Dès le mois d’août, les bavarois rencontreront Chelsea, vainqueur de l’Europa League, en Supercoupe d’Europe. Ce titre, l’espagnol l’a déjà remporté deux fois, et il apparait comme anecdotique dans son palmarès hallucinant. Mais cette année, ce match aura une saveur particulière. Dans un premier temps car le futur entraîneur munichois aura à cœur de marquer les esprits dès ses débuts en remportant un trophée. Et aussi car sur le banc des Blues, il y aura un certain… José Mourinho. Un duel à ne pas perdre. Comme au bon vieux temps.

Donc, nous vous souhaitons bien du courage, Monsieur Guardiola, car il va vous en falloir! Car même si conduire une Ferrari est très plaisant, ce n’est pas toujours simple.

 

Auteur : Antoine Raguin

Antoine, aspirant journaliste, amoureux de football et de sports en général et nostalgique de Zizou.

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