Beric : le grand Robert

10
mars
2018

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Catégorie : Ligue 1

Robert-Beric

Le buteur slovène arrivé dans le Forez à l’été 2015 effectue un retour en grâce depuis le mois de janvier, après l’échec de son prêt de 6 mois à Anderlecht et constitue un des principaux atouts des hommes de Jean-Louis Gasset en ce jour de rencontre décisive à Rennes. Pourtant au sein des supporters verts, son cas ne fait pas forcément l’unanimité, certains lui reprochant des performances médiocres occultées par des statistiques flatteuses. Pourtant, et alors que l’été s’annonce mouvementé à Saint-Étienne, c’est bien autour de lui qu’il faudra reconstruire l’équipe pour la saison prochaine.

Une arrivée pleine de promesses

Lorsqu’il rejoint les Verts à l’été 2015 pour un montant, non négligeable pour l’ASSE, estimé entre 6 et 7 millions d’euros, Robert Beric sort d’une saison pleine en Autriche avec le Rapid Vienne durant laquelle il trouva le chemin des filets à 30 reprises en 38 apparitions. À l’époque, Footballski avait publié un excellent article présentant le profil du buteur slovène à quelques jours de son arrivée à Saint-Etienne. Sur le papier l’opération paraissait tout à fait intéressante pour les stéphanois qui cherchaient à remodeler leur attaque, après le départ de Max Alain Gradel. Footballski relevait notamment la palette complète du buteur Grün : tête, pied droit, pied gauche… Bien qu’inconnu à son arrivée, les attentes étaient grandes autour de celui qui avait une participation à l’Euro 2016 en ligne de mire.

Après quelques matchs d’adaptation et de tâtonnements tactiques, ses débuts sous les ordres de Christophe Galtier furent plutôt convaincants, tant en Ligue 1 qu’en Europa League. Ses statistiques en début de saison affichent 5 buts en 13 matchs toutes compétitions confondues, des chiffres plus que corrects. Mais plus que le nombre de buts inscrits, c’est son intégration dans le système de jeu ainsi que sa complémentarité avec les autres joueurs offensifs qui laissent alors présager une belle saison du côté de Geoffroy-Gucihard. Lors d’une convaincante victoire 3-0 dans le Chaudron contre Dnipropetrovsk début novembre, l’association Beric dans l’axe/Nolan Roux sur l’aile droite semble enfin avoir trouvé son rythme de croisière.

Une carrière à l’arrêt à cause d’un lyonnais

La suite de l’histoire aurait été toute différente si les ligaments croisés de l’international slovène n’avaient pas subi un tacle assassin de Jordan Ferri lors d’un derby disputé à Gerland 3 jours plus tard. Le verdict ne tarde pas à tomber : c’est une fin de saison pour l’ancien joueur de Maribor, et une rancœur à vie du peuple vert à l’encontre du milieu de terrain lyonnais. La saison suivante sera un enchainement de retours, de genou ménagé, de nettoyage de cartilage, de buts et d’apparitions en demi-teinte pour Robert Beric qui terminera malgré tout la saison avec 9 buts en 32 apparitions, dont certains pour nous rappeler que ses qualités de buteur sont indéniables.

Très vite à l’intersaison 2017-2018 son avenir au sein du club est remis en question, notamment lorsque Loïs Diony débarque à Saint-Etienne pour un montant là encore conséquent pour les Verts. On imagine alors mal les deux joueurs au profil similaire être alignés ensemble sur le front de l’attaque, d’autant plus qu’avec Oscar Garcia les observateurs s’attendent à un style de jeu technique dans les petits espaces, qui semble peu convenir à ces deux attaquants. Et c’est au courant du mois d’août que Robert Beric fût prié d’aller trouver du temps de jeu à Anderlecht. La suite est connue : 6 mois à oublier pour lui, pour Diony transparent à la pointe de l’attaque de l’ASSE, et pour le club qui finit l’année 2017 aux portes de la zone de relégation.

Un avenir qui doit nécessairement s’inscrire en vert

Dès son premier match contre Nîmes en Coupe de France le slovène semble avoir tourné la page de son expérience outre-Quiévrain en inscrivant un but : Berigoal est de retour ! 2 mois plus tard le buteur slovène a déjà marqué 6 buts en 10 apparitions toutes compétitions confondues (8 titularisations) et a montré sa force de caractère contre Dijon, en inscrivant 2 buts après avoir raté un pénalty. La comparaison avec Diony, qu’il remplace, est dure à tenir pour l’ancien dijonnais qui n’avait d’ailleurs inscrit aucun but sous le maillot vert : 12 tirs cadrés contre 5 (en 16 apparitions), un nombre de fautes subies équivalent malgré un temps de jeu bien supérieur pour l’actuel joueur de Bristol… Certes l’équipe n’est plus tout à fait la même depuis le mercato hivernal, mais la différence d’impact dans le jeu des stéphanois, ainsi que leur attitude sur le terrain, est prépondérante, et ne fait que mettre en lumière l’erreur des dirigeants stéphanois d’avoir voulu prêter Beric chez les Mauves l’été dernier.

Malgré cela, certains supporters stéphanois semblent douter de l’apport du natif de Krsko dans l’équipe de Jean-Louis Gasset. « Transparent dans le derby » (bien que s’étant procuré une très bonne occasion, et placé juste derrière Debuchy sur le but de l’égalisation ), « lent », « pas assez efficace », sont les reproches formulés par ses détracteurs. Ils ne sont pas tous infondés : il est vrai que Beric a été peu présent dans le jeu contre Lyon, et qu’il a eu de nombreuses occasions contre Dijon. Néanmoins, et toute proportion gardée bien entendu, cela rappelle un peu les débats entourant les performances de Cavani au PSG qui a du patienter de nombreuses saisons avant de faire l’unanimité, malgré une implication irréprochable et d’excellentes statistiques. Robert Beric fait partie de ce genre d’attaquants : pas le plus rapide, pas le plus élégant, mais un vrai buteur qui malgré tout n’a pas besoin de 10 occasions pour en concrétiser une. Son but inscrit à Angers en est une belle illustration : dos à Ludovic Butelle lorsque ce dernier lâche le ballon, il ne lui faut que quelques instants pour se retourner, bien équilibré, et placer le ballon au fond des filets.

 

Son profil est en outre tout a fait intéressant dans un 4-5-1 classique, dans lequel il est difficile de positionner un petit gabarit à la pointe de l’attaque tout autant qu’il peut être compliqué d’évoluer avec un véritable pivot peu mobile. Sur ce point là le slovène semble avoir des qualités lui permettant à la fois de pouvoir partir en profondeur malgré tout (plus qu’un Brandao par exemple), tout en ayant la capacité d’évoluer dos au but pour faire remonter le bloc et distiller des passes intelligentes aux joueurs de côté plus vifs. Ajoutées à son instinct de buteur dans la surface, ces caractéristiques en font un joueur complet dont on voit mal comment l’AS Saint-Etienne pourrait s’en passer à l’avenir. Car au delà de ses qualités de footballeur, Robert Beric est de l’avis de tous un homme aux qualités humaines indéniables, et continuant sur ce rythme sous le maillot vert, même les plus sceptiques tomberont amoureux du grand Robert.

 

Credit photo : Facebook ASSE Officiel

Auteur : Raphaël G.

Enfant du Chaudron, c'est avant tout la ferveur du peuple vert qui m'a rendu fou de foot. Pour un football populaire et le respect des libertés des Ultras. (A gagné le 100ème derby).

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