Benjamin Pavard, tout cheveu tout flamme

23
janvier
2016

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Catégorie : Ligue 1

Benjamin Pavard

19 ans, toutes ses dents – et tous ses cheveux – Benjamin Pavard est un pur produit du Nord, passé des U19 du LOSC à l’Equipe de France Espoirs en moins de douze mois. Retour sur le parcours d’un « gamin » qui a déjà séduit le Stade Pierre Mauroy.

Août 2014, alors que le LOSC se prépare à affronter Porto en espérant se qualifier pour la Ligue des Champions, les U19 reprennent le chemin de l’entraînement avec à leur tête un certain Stéphane Dumont. Pas forcément loué pour ses qualités offensives en tant que joueur, l’ancien Lillois et Monégasque a su imposer un jeu alléchant à une génération 1995 – 1996 qui n’attendait que ça. Résultat, les victoires s’enchainent, bien souvent avec des scores fleuves (les jeunes Dogues finiront en tête de leur poule, devant le Paris Saint-Germain et avec la meilleure attaque, tous groupes confondus). Benjamin Pavard, capitaine d’un groupe de qualité où l’on citera Martin Terrier, Romain Jamrozik, Alexis Araujo, Ryad Habbas ou Clément Pétrel, n’a pas mis bien longtemps pour franchir les étapes.

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Pavard PSG

De Jeumont à Dumont

Après avoir débuté à l’US Jeumont à l’âge de 6 ans, Benjamin Pavard dont le père était entraîneur à l’US Maubeuge, rejoint le LOSC en 2005. 10 ans qui le verront s’imposer dans toutes les catégories d’âge. Souvent capitaine, toujours chevelu, le garçon impressionnait déjà, comme nous le raconte la voix de LOSC TV Mickael Foor, qui l’a eu sous ses ordres en poussins : « Il a tout de suite fait l’unanimité de par ses qualités. Technique, sens du placement, agressivité – parfois trop – on sentait qu’il avait les qualités pour jouer à un très bon niveau, même si ce n’est pas gage de réussite à cet âge-là. Il y avait déjà un décalage entre le Benji sur le terrain et celui dans le vestiaire, plutôt discret.

Un jour, au retour d’un tournoi, alors qu’on ne l’avait pas entendu de la journée, il s’est mis à chanter plutôt fort. Tout le wagon l’a entendu. Autant te dire qu’il s’est bien fait charrier. Il doit s’en souvenir. ». Ceux qui le côtoient confirmeront cette « double-personnalité ». Discret, poli et calme en dehors du rectangle vert, il fait preuve de combativité une fois la tunique pourpre enfilée. Une personnalité qui a plu à son ancien équipier Jonathan Delaplace : « J’aime bien ce genre de garçons, il est calme, tranquille, et a fait preuve d’humilité lors de arrivée dans le groupe. Il a su se faire sa place sur le terrain en bossant. » Pavard d’efforts le Benj’.

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Pavard équipe

.Souviens-toi l’été 2014

Le véritable déclic intervient lors de l’été 2014. Après une saison en demi-teinte, où il connut quelques errements en termes d’investissement et de motivation, Ben de son diminutif décide de ne pas partir en vacances. Une première. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour lui, ça valait le coup. Il a pris conscience des exigences du haut niveau et s’est infligé un régime strict, à base de musculation et de course. La trêve terminée, il revient transformé, éclabousse les U19 de sa sérénité avant d’être appelé dès le mois de septembre en CFA, qui faisait face à une cascade de blessures en défense centrale. Alternant entre U19 et CFA toute la première partie de saison, il voit ses efforts récompensés début 2015 avec une intégration dans le groupe professionnel.

Son patronyme est pour la première fois imprimé sur une feuille de match le 14 janvier, en Coupe de la ligue face au FC Nantes. C’est d’ailleurs face aux Canaris qu’il connait sa première titularisation parmi l’élite, le 31 janvier à la Beaujoire. Impressionné par la Tribune Loire ? Que nenni, le garçon réalise une prestation de qualité, sans fioritures et impressionne, notamment Andrew Gibney, journaliste freelance et papa de French Football Weekly : « il n’a montré aucun signe d’anxiété lors de ses débuts. Il est présent dans les impacts, tout en étant rapide et à l’aise dans les airs et techniquement ». Il terminera la saison avec 8 apparitions, un contrat professionnel et une convocation à l’Euro avec les U19 de l’Equipe de France. Preuve de sa notoriété naissante, plusieurs personnalités l’évoquent sur le petit oiseau bleu. Mieux, il devient une cible privilégiée de Julien Cazarre dans J+1.

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pavard coup du foulard

Trébucher. Se relever.

Le début de l’exercice 2015-2016 reflète la fin de la précédente. Benjamin est titularisé lors des deux premières journées face au Paris Saint-Germain (0-1) et à l’AS Monaco (0-0). Les portes de l’Equipe de France Espoirs s’ouvrent à lui dans la foulée. Un bon présage pour la suite de la saison ? Pas forcément, les résultats des Dogues s’effondrent, leurs ambitions et la tête de Renard avec, et Benjamin disparait du 11 de départ, sans réelle explication. Ou presque. Certains avancent des problèmes de comportement, dont des sorties en boîte de nuit les veilles de match. Le joueur a démenti depuis. Ajoutée à cela l’arrivée d’un nouvel entraîneur, qui le découvre, et les rumeurs de prêt ne se sont pas fait attendre. Là-aussi, le joueur dément, répétant sur Twitter son attachement au club. Une mise à l’écart qui l’a peut-être incité à se remettre en question et qui semble porter ses fruits. Pour preuve, depuis le début de l’année civile, il semble avoir retrouvé grâce aux yeux d’Antonetti, qui lui offre du temps de jeu à Benjamintes reprises, sur le côté ou en milieu axial.

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Bavard CFA

Polyvalence, ou plutôt polyvalille

A droite, à gauche, dans l’axe, au milieu, le natif de Maubeuge a évolué à plusieurs postes depuis ses débuts professionnels. Ne nous détrompons pas, à cet âge, la priorité reste de jouer, le plus possible, tout en gardant la tête sur les épaules – loin d’être évident lorsqu’on connait une telle progression et que l’on quitte le Domaine de Luchin pour son chez soi. Si les techniciens de l’équipe fanion semblent encore hésiter, ceux qui l’ont eu sous leurs ordres sont pourtant formels : son meilleur poste, c’est défenseur central. Stéphane Adam, coach de la réserve lilloise la saison passée le percevait comme un joueur « de la trempe de Marko Basa, avec une relance, une science du placement, une sérénité et une élégances rares ». Si sa polyvalence a rendu service au LOSC, elle pourrait devenir une tare à long terme. Selon Andrew Gibney, « cette faculté d’adaptation pourrait le desservir. Pour son intérêt et celui du club, il faut le fixer à un poste pour l’aider à s’y développer ».

Malgré un talent indéniable, Benjamin a encore beaucoup de chemin à parcourir et tout autant à apprendre. Nombre d’espoirs se sont cassé les dents malgré de belles promesses. L’importance de l’entourage, qui doit trouver un équilibre entre compliments et remise en question, le caractère du joueur, qui se doit de garder confiance en lui et démontrer sa volonté de jouer sans se vexer si ce n’est pas le cas, et de nombreux autres facteurs viendront jalonner la carrière de l’oncle Ben. Espérons pour lui, et pour le LOSC, qu’elle soit pleine de réussite.

Aparté capillaire. Et ses cheveux alors, d’où ils viennent ? Un hommage à Diana Ross, Marouane Fellaini ou Afida Turner ? Aucunement. S’il admet beaucoup apprécier “son frère de chevelure” David Luiz sur LOSC.fr, Pavardinho n’entretient pas sa chevelure pour lui ressembler. Il l’a toujours arboré, comme en témoigne ce cliché.

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pavard jeune

 

Auteur : Kevin Jeffries

J'ai grandi en regardant jouer les plus grands, de Dagui Bakari à Matt Moussilou en passant par Larsen Touré. Et pourtant, j'aime le beau jeu.

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