Barrages : 99% de chances de ne pas aller au Brésil

18
novembre
2013

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Catégorie : Coupe du Monde 2014 / Editos / Équipe de France

On voudrait y croire, mais le barrage aller nous a déjà enterrés. On garde espoir, mais on passerait pour un dégénéré. Le match retour vaudra le détour.

On espère se tromper. Réellement. Mais la déroute en Ukraine n’est pas un simple accident de parcours. Les lacunes observées à Kiev n’incitent en rien à l’optimisme et enterreraient presque déjà les espoirs du Mondial brésilien. A moins d’un exploit…

Depuis 2006, l’Equipe de France tourne en rond. Malgré les sélectionneurs, les joueurs et les adversaires. Le tas de ruines post-Coupe du Monde allemand devient de temps à autre quelque chose d’un peu bancal, mais l’effondrement n’est jamais très loin. Nos Bleus vont de déception en déception sans jamais avoir un semblant d’équipe capable enfin de se sublimer dans des matchs à enjeux. La faute à quoi ? L’état d’esprit, la rage de vaincre et l’envie de se battre disparaissent à mesure que le talent intrinsèque de chaque joueur de l’équipe augmente. Un beau paradoxe. On se retrouve en fait avec une armée de généraux talentueux mais qui vont chacun faire leur petite gué-guerre de leur côté. Les Ukrainiens avaient peut-être que des soldats, mais leur motivation était elle, sans faille. C’est bien simple, la France a joué un match amical, les locaux un barrage pour aller à une coupe de Monde.

On voudrait y croire, mais le barrage aller nous a déjà enterrés. On garde espoir, mais on passerait pour un dégénéré. Le match retour vaudra le détour.Le manque d’envie à l’aube d’un Mondial est affligeant. Mais surtout incompréhensible. On a vu, avec tristesse et abattement, une équipe sans allant, désemparée dans un stade chauffé à bloc et sans doute agacée par l’esprit rugueux des Ukrainiens. Mais cela n’excuse en rien l’attitude nonchalante de certains, qui ont éclipsé les quelques bons efforts de certains (Giroud notamment). La frappe de Nasri dans son face à face est bien significative de cette absence de révolte : molle, sans envie et trop tendre, sa « passe » au gardien n’avait rien d’une occasion qui peut potentiellement emmener à une Coupe du Monde. Qu’il tire au-dessus, fort sur le gardien mais qu’il y mette la conviction bon sang ! On peut aussi s’interroger quant au faible engagement dans les contacts (allez, soyons indulgents pour Pogba et Matuidi) ainsi que des ballons systématiquement balancés à Ribéry comme si lui seul pouvait trouver la solution. Alors, qu’ironie de l’histoire, le onze de départ était résolument offensif. Le Bavarois canalise certes toutes les attentes, mais avec quatre joueurs à vocation offensive, il n’est pas normal de tout lui déléguer. On passera le manque d’inspiration criant sur les phases offensives, hallucinant de médiocrité avec des joueurs aussi côtés et performants (!) dans chacun dans leurs clubs. Il manquerait donc une âme, de l’idée, de l’envie… Et un leader. Personne n’était là pour prendre la parole après les buts. Personne n’a su trouver les mots pour remotiver cette équipe qui sombrait. Le bateau coule, le capitaine est absent, l’équipage suffoque déjà dans cette double-confrontation.

Si rater le Mondial au Brésil serait évidemment préjudiciable (économiquement et moralement), il n’en serait que plus salvateur. Ne dit-on pas qu’une équipe se crée aussi dans les pires moments et que les liens se soudent dans la douleur ? N’a-t-on pas coutume de dire que la génération 98 est née un soir de novembre au Parc des Princes où Kostadinov vint nous priver des USA ? Reconstruire sur un tas de ruines n’est-il pas plus facile que sur des fondations bancales ? Au vu de tout ces éléments à charge, il est difficile voire utopique de croire en un retournement de situation. Le talent est là, mais tout le reste est encore à façonner, et aucun balbutiement ne sera toléré mardi soir. On espère évidemment, au plus profond de nous-même, vivre un moment historique qui réconcilierait le public et nos Bleus. On souhaite tous que les Bleus sortiront enfin l’exploit qui marquera son époque. Qui nous rendra enfin fier. Bref, qu’ils nous fassent tous pleurer. Et de joie cette fois-ci.

Auteur : Fabien Burgaud

Fabien : motivation le journalisme sportif. Supporter du FCN et amoureux du football.

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