Barcelone : Et maintenant ?

06
mai
2013

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Catégorie : Europe

Barcelone, la fin d'un cycle ?

Comme l’année dernière, le Barça stoppe son aventure européenne au stade des demi-finales. Mais contrairement à l’élimination contre Chelsea en 2012, celle contre le Bayern ne souffre d’aucune contestation possible. Humiliés à l’aller et au retour, les Blaugrana paraissent en fin de cycle.

Souvenez-vous au printemps dernier quand un Chelsea ultra-défensif ramène un match nul inespéré du Camp Nou et se qualifie pour la finale de la Ligue des Champions… Les premiers mots qui venaient à la bouche des spécialistes étaient «accident», «déconvenue» ou encore «malchance», tant la supériorité du Barça était criante. Chelsea se contentant de défendre, presque héroïquement, à l’image d’un Didier Drogba au four et au moulin et d’un Petr Cech, écœurant dans son rôle de dernier rempart.

Et quand on regarde le début de saison 2012-2013, tout laissait à penser que cet affront avait très vite été lavé et que les Catalans allaient facilement reprendre leur place, celle de roi d’Europe. Quinze victoires en seize matchs de Liga, le rouleau compresseur rouge et bleu était reparti de plus belle.

Mais à partir du mois de Janvier 2013, la mécanique s’est enrayée, avec comme point de départ la défaite contre la Real Sociédad, la première de la saison en championnat. Rien d’alarmant quand on regardait l’avance au classement en championnat.  Mais l’humiliation en coupe d’Espagne face au Real Madrid vient étayer ce postulat.

Le constat est encore plus criant en Ligue des Champions. Ce parcours jusqu’en demi-finale, tout à fait honorable, est en fait un camouflet. Car le Barça n’a pas gagné la moitié de ses matchs dans la reine des compétitions cette saison. Après avoir négocié tranquillement la phase de poule, dans un groupe plutôt clément (Celtic Glasgow, Benfica et Spartak Moscou), les Catalans ont éprouvé bien des difficultés à arriver à ce stade des demi-finales. Sur les six matchs du second tour, le Barça n’en a remporté qu’un seul, contre le Milan AC, en huitième de finale retour (4-0). Sinon, c’est une défaite à l’aller en Italie (2-0) et deux nuls contre le Paris SG en quart de finale (2-2, 1-1). Quant à la suite, on la connait…

Qui pour relancer la machine la saison prochaine ?

Suite à cette double débâcle est venue l’heure de tirer les conclusions. Et les termes employés ne sont plus les mêmes que l’an dernier à la même époque. Une défense très friable, des cadres vieillissants et fatigués, une possession de balle stérile et surtout une Messi-dépendance. Tous ces constats font de Barcelone une équipe redevenue comme les autres. Après cinq ans à avoir évolué au-dessus tout le monde, le Barça redescend sur terre. De «changement de cycle» à «fin d’une époque», en passant par «mort d’une génération», on aura tout entendu en l’espace d’une semaine au sujet de cette équipe. Brutal. Mais sans doute nécessaire…

Mais même si c’est réellement la fin d’une histoire, pas de quoi s’inquiéter non plus. L’institution Barça est assez puissante pour écrire une nouvelle page de son histoire, et ce, dès la saison prochaine. Mais pour cela, il faudra renouveler certaines choses.

À commencer par les joueurs. La force de l’équipe, ce petit plus par rapport à un Real, par exemple, est la stabilité. Hormis Jordi Alba, arrivé l’été dernier, tout le monde est en place depuis deux ou trois ans au minimum. Certains sont même là depuis une décennie. C’est le cas de Xavi ou Puyol. Ces deux tauliers, aussi importants soient-ils, n’ont plus leurs jambes de vingt ans et cela commence à se ressentir. Puyol enchaine les blessures et Xavi n’a plus son rayonnement d’antan. Il va donc falloir apporter du sang neuf pour les faire souffler. Au rayon des départs, les spéculations vont déjà bon train. Villa, qui n’a jamais retrouvé son niveau qui était le sien avant sa grave blessure et dont les relations avec Messi ne sont pas au beau fixe devrait aller voir autre part si l’herbe est aussi verte. Arsenal lui fait les yeux doux depuis longtemps. Pareil pour Fabregas. De plus en plus décevant à chaque sortie sous le maillot Blaugrana, il ne sera pas retenu. Alves a également des envies d’ailleurs. Quant à Thiago Alcantara, il ne se contentera pas toute sa vie d’un rôle de doublure de Xavi et Iniesta.

Vilanova encore sur le banc l'an prochain ?

Vilanova : stop ou encore ?

Côté recrue, du très lourd devrait arriver. Et c’est là le plus grand chamboulement de la politique du FC Barcelone. Préférant toujours intégrer des petits jeunes de la Masia, les dirigeants se sont rendu compte que cela n’était pas suffisant. Des joueurs de l’extérieur avec l’expérience du très haut niveau sont nécessaires pour relancer la machine. Un défenseur, un milieu et un attaquant devraient poser leurs valises en Catalogne. Et peut-être un gardien, si Valdes, qui refuse de prolonger son contrat allait voir ailleurs. Pour le remplacer, Handanovic, portier de l’Inter Milan est le choix numéro un. On parle aussi de Reina, Lloris ou Ter Stegen, le jeune prodige de Mönchengladbach.  Pour ce qui est des joueurs de champ, il va falloir casser la tirelire. Pour suppléer Puyol en défense centrale, on parle de Matt Hummels, le roc allemand de Dortmund, mais aussi de Thiago Silva, capitaine du PSG et considéré comme le meilleur défenseur du monde. La recrue phare de ce Barcelone version 2013-2014 pourrait être un attaquant venu tout droit du Brésil, en la personne de Neymar. Attendu en Espagne pour la fin de la coupe du Monde 2014 dans son pays, son arrivée devrait être avancée d’un an. Son association avec Messi promet de valoir le détour.

L’autre chantier qui devrait alimenter les médias du pays concerne le poste d’entraineur. Tito Vilanova a déjà émis son souhait de continuer. La réciproque est-elle vraie? Pas sur… Gravement malade, l’entraineur catalan a manqué une partie de l’année 2013. Son absence a coïncidé avec la baisse de régime de son équipe. Il n’est pas évident que les dirigeants barcelonais reprennent ce risque la saison prochaine. Vilanova souffre aussi de la comparaison avec son prédécesseur et ancien mentor, Pep Guardiola. Jamais il n’aura le charisme et l’aura de l’ancien milieu défensif de la Dream Team. Son arrivée correspond aussi au déclin de l’équipe barcelonaise. Même s’il va remporter incessamment sous peu le titre de champion d’Espagne, il a pas mal de détracteurs en Catalogne. Et peut-être que le renouveau du club passe par son éviction. Les dirigeants ne se sont pas encore penchés sur son cas. Et tant qu’ils n’auront pas pris de décision, les spéculations iront bon train. Aucun nom de successeur n’a encore fuité, mais on peut penser à ceux qui sont déjà sortis pour la succession de Guardiola en fin de saison dernière. Marcelo Bielsa en tête. El Loco n’est plus vraiment en odeur de sainteté du côté de Bilbao. Tempérament bien trempé, philosophie de jeu portée vers l’avant, CV bien garni, il a toutes les caractéristiques nécessaires pour satisfaire à ce poste.

Mais Vilanova n’est pas encore parti. Comme tout compétiteur, il a sans doute envie de laver l’affront subit face au Bayern Munich. Et sinon, c’est qui déjà qui sera sur le banc du Bayern la saison prochaine? Ah oui, un certain Pep Guardiola.

Auteur : Antoine Raguin

Antoine, aspirant journaliste, amoureux de football et de sports en général et nostalgique de Zizou.

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