Barça-Real 2010, un chef d’œuvre signé Guardiola

14
janvier
2018

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Catégorie : Europe

barca-real

Le 29 novembre 2010, se joue le Classico Barça-Real devant 98 000 personnes au Camp Nou. Ce match entre les deux plus grands clubs au monde, les deux plus grands entraîneurs du moment et les deux plus grands joueurs au monde va tourner au récital blaugrana. Le Barça de Guardiola est au sommet de son art et la Manita infligée au Real ce soir-là restera à jamais dans l’histoire.

Lorsque Pep Guardiola prend la tête du FC Barcelone, en 2008, il vient avec l’idée de faire renaître le Barça de Cruyff dans la continuité du travail de Frank Rijkaard. Son Barça ne met pas longtemps à se mettre en place, mais l’aboutissement de tout son travail arrive lors de la saison 2010-2011. Débarrasser d’Henry et Eto’o puis d’Ibrahimovic dont les profils et egos n’ont pas leur place dans son projet, Guardiola possède cette saison-là l’équipe dont il a toujours rêvé. De son côté Mourinho entame sa première saison à Madrid et retrouve Guardiola après la demi-finale de C1 épique l’année précédente contre l’Inter Milan du coach portugais.

Les vainqueurs l’écrivent…

Venu à Barcelone avec l’intention de battre le Barça, le Mou ne pourra rien faire. L’équipe de Pep Guardiola est beaucoup trop forte et personne n’aurait pu rivaliser cette nuit-là. Dès le coup d’envoi, les blaugranas mettent en place leur jeu de position avec une qualité technique et tactique exceptionnelle. Le Real n’arrive pas à toucher le ballon, complètement baladé sur la pelouse du Camp Nou. Messi, dans sa position de faux 9, se balade sur le terrain, offrant sans arrêt des solutions à ses partenaires et créant le décalage à chaque passe. Ultra-dominateur, le Barça prend l’avantage au bout de dix minutes suite à une action collective où tous les joueurs, à commencer par la relance du gardien Victor Valdes, participent au jeu et conclue par Xavi sur une passe puissante d’Iniesta. La soirée s’annonce longue pour les madrilènes. Loin d’être rassasiée, la Pep Team continue de dérouler son jeu fait de longue, très longue, séquence de possession. C’est sur une d’entre elles que viendra le deuxième but à la 18ème minute, Pedro concluant un toro à 11 contre 11 de plus d’une minute. Le trio Busquets-Xavi-Iniesta contrôle d’une main de maître le milieu de terrain, multipliant les une-deux, une-deux-trois si cher à Guardiola. Les blaugranas se trouvent les yeux fermés, Pedro fixe à droite, remet à Xavi dans l’axe qui prend appui sur Iniesta pour ensuite changer côté gauche sur David Villa. Villa fixe son défenseur et centre pour Pedro qui a continué son action jusqu’à la conclusion. Le Barca est en train d’écrire l’histoire en réalisant un match s’y aboutit en terme de jeu, de résultat et d’atmosphère dans un Camp Nou qui sent qu’il se passe bien quelque chose de spécial, ovationnant même une passe en retrait de 25 mètres pour faire ressortir le ballon à la suite d’un énième une-deux-trois.

Les vaincus racontent l’Histoire

L’arbitre donne un quart d’heure de répit aux merengue, mais les barcelonais ne leur en accorderont pas une de plus. Leo Messi, jusqu’ici très présent à la construction mais pas décisif, va soigner ses stats en délivrant une première passe décisive à David Villa qui croise sa course avec la Pulga et ajuste Casillas d’une frappe croisée dans le petit filet. 3-0 à la 55ème et même 4-0 trois minutes plus tard sur un caviar de Messi pour Villa encore une fois. Le Barça récupère le ballon dans sa moitié de terrain, sur la droite. Messi se débarrasse de son marquage direct et repique dans l’axe au niveau du rond central, crochetant Lassana Diarra au passage, avant de faire une passe en profondeur de 40 mètres au ras du sol que Villa transforme en passe décisive. Le match est plié, le Real attend avec impatience que le match se termine. Mais Puyol et ses partenaires en ont décidé autrement. Le score acquis, Barcelone déroule son jeu de position à travers les enchaînements de passes entre le trio Busquets-Xavi-Iniesta et Messi. Dans le temps additionnel, Jeffren inscrira le cinquième but sur un centre de Bojan pour permettre à Gérard Piqué et à tout le Camp Nou de lever la main au ciel en signe de Manita. Le match arrive à son terme, mais n’aurait pas pu se clore sans un traditionnel coup bas de Sergio Ramos. En toute fin de match, Messi se faufile entre Diarra et Ramos qui le découpe par-derrière avant de pousser Villa au sol en se relevant. L’arbitre sort le rouge et Ramos rentre aux vestiaires en avance, ne manquant pas de mettre un petit coup au visage de Xavi au passage…

Le match se conclut sur cette échauffourée provoquée par Ramos, mais le spectacle aura été immense. Venu remettre au goût du jour le Barça de Cruyff, Guardiola aura réussi son défi ce soir-là et toute la saison par ailleurs. Ce Barça-Real restera dans l’histoire du football comme celui de 1994 où le Barça de Cruyff s’était déjà imposé 5-0 face au Real. La boucle est bouclée. Cruyff avait révolutionné le FC Barcelone en tant que joueur puis entraîneur, Guardiola a fait de même. Le milieu Busquets-Xavi-Iniesta, le positionnement de Messi en faux 9, Pep révolutionne le football durant ses années à Barcelone, n’oubliant pas au passage de transmettre son savoir à Xavi ou Iniesta comme Cruyff lui avait transmis 15 ans auparavant. On a plus qu’à attendre le Barça de Xavi dans les années à venir…

Auteur : Dylan Houeix

Rédacteur Au Premier Poteau pour servir Edinson Cavani.

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