Au Stade: APP était à Allemagne/Italie

05
juillet
2016

Auteur :

Catégorie : Euro 2016

APP était au stade pour Allemagne/Italie et vous raconte tout. Dantesque, incroyable, épique... C'est peu de dire qu'on a kiffé !

Il est passé 23h00 sur Bordeaux, il fait nuit noire et l’une des plus grandes légendes du football mondial de ces vingt dernières années a les yeux rivés vers le coin du stade où l’on se trouve refusant de voir ce qu’il se passe dans son dos. Dans son dos justement, la fourmi Insigne s’avance vers le géant Neuer, les reflets de l’action en cours retransmis sur l’écran géant au-dessus des cages illuminant le toit du Matmut Atlantique. APP était au plus beau match de l’Euro, celui qui a mis aux prises la plus belle équipe du tournoi contre la meilleure équipe du tournoi. C’était dantesque, c’était tragique, c’était l’essence du football et on vous le raconte !

.

APP était au stade pour Allemagne/Italie et vous raconte tout. Dantesque, incroyable, épique... C'est peu de dire qu'on a kiffé !

.


« Ta-da-la-dum-doum-da », il est huit heures du matin, gare St Charles (Marseille) et le riff de la SNCF qui a réveillé la flamme créatrice de David Gilmour tarde à réveiller quoi que ce soit chez nous. « Le train Intercités à destination de Bordeaux Saint Jean partira voix H… » Good, on va pouvoir finir notre nuit dans le train.

Avant-match

Surprise pour l’auteur de ces lignes, habitué à vous faire des « Au Stade » sans budget en accrochant à l’arrache un bus à dos pesos pour arriver au stade Siles de La Paz, il voyagera en première classe. La compagnie ferroviaire, partenaire de l’Euro, nous a en effet invité au quart de finale de notre choix.  Sensation un peu bizarre, c’est qu’on s’habitue à voyager en vagabond…

Arrivé à Bordeaux, quelques six heures plus tard, maillot de la Fiorentina époque Batistuta sur les épaules. L’occasion de faire le tour de la ville et de se faire apostropher (gentiment) une petite dizaine de fois par des italiens. Puis me prend l’envie d’avoir à nouveau quinze ans pour aller vanner les supporters des Girondins sur des forums à la con qui ont empesté mon adolescence à base de blague sur la saleté de la ville de Marseille. Sérieusement, vous osez vanner ? Oui, oui, je sais, la grêve… Toujours une bonne excuse. Sinon ville sympa, Bordeaux.

La SNCF a décidé de faire les choses bien et nous a invité en sus à un petit cocktail d’avant match. A boire et à manger gratuit, on rentrera donc même dans le stade le ventre plein. Inédit, vol. 2. Mieux encore, on est déposé en bus devant le stade..

APP était au stade pour Allemagne/Italie et vous raconte tout. Dantesque, incroyable, épique... C'est peu de dire qu'on a kiffé !

.

Le Stade

20h30. Arrivé au stade Matmut Atlantique. Enfin, arrivé, pas encore. C’est qu’il faut passer la très tatillonne sécurité du stade qui va jusque dans nos porte feuilles vérifier qu’il ne se trouve rien de dangereux. Lorsque l’on a été biberonné à la sécurité version Vélodrome (même en config Euro), ça fait tout drôle.

.

APP était au stade pour Allemagne/Italie et vous raconte tout. Dantesque, incroyable, épique... C'est peu de dire qu'on a kiffé !

.

Un petit aparté pour souligner ma surprise devant l’esthétique assez originale du stade vue de l’extérieur. Les sempiternelles vues aériennes à la télé du nouveau stade de Bordeaux ne rendent pas hommage à l’architecture extérieur avec ces centaines de pilonnes fins soutenant le toit. A l’intérieur par contre, c’est assez « nouveau stade » banal. Carré quoi.

Bref, on entre enfin dans le stade. Dans un coin du stade, juste en face des cages qui verront l’apogée de la tragédie prendre place. Les Italiens terminent leur échauffement. La ligne de trois Chiellini/Bonucci/Barzagli déjà en rang serré.

Les hymnes retentissent. Et croyez nous : c’est pas pareil au stade. Les Italiens bien qu’en infériorité numérique dans les tribunes poussent joliment leur enthousiasmant « Fratelli d’Italia »   avant que les allemands passent à l’unisson au plus lyrique « Deutschlandlied ».

Comme s’il fallait encore rajouter du symbolisme à cet avant-match, une minute de silence est prévue pour rendre hommage aux victimes de l’attentat de Dacca et plus particulièrement aux neufs italiens. La Squadra est unie dans la rond central, le stade entier plutôt que d’observer le silence applaudit, les champions du monde applaudissent eux aussi volontiers. Une raison de plus de se battre.

.

APP était au stade pour Allemagne/Italie et vous raconte tout !

.

Le Match

Le match débute enfin. Enfin, débute t-il vraiment ? Pas sûr, les allemands ont décidé d’enquiquiner les italiens en calquant leur système de jeu. Les espaces sont clos, la supériorité technique allemande fait parfois croire à un éventuel décalage mais celui-ci est toujours bouché par l’état d’esprit italien. En fait, cette première MT se résume surtout, pour nous, à observer le grand Chiellini récitait sa partition de meilleur défenseur du monde. Ses rapides coup d’œil en arrière avant d’effectuer une intervention, son positionnement par rapport notamment à De Sciglio, sa manie de systématiquement demander un autre ballon pour jouer les touches…

Fin des quarante-cinq premières minutes. Un premier acte pas fou mais intense tactiquement.

Le deuxième repart sur d’autres bases. Les italiens semblent remettre de l’intensité. Giaccherini trouve deux fois des espaces entre Kimmich et Howedes. Mais cette première impression est vite contrariée par l’incroyable récital allemand à venir. Le tank allemand se lance véritablement à l’attaque de la citadelle italienne. Les champions du monde ne gardent rien sous la semelle et se donnent à 200%. Les hommes de Conte ne voient désormais plus le ballon que l’instant d’un dégagement, d’une pichenette pour mettre en corner ou encore d’un arrêt extraordinaire de la semelle en plein vol.

.

APP était au stade pour Allemagne/Italie et vous raconte tout. Dantesque, incroyable, épique... C'est peu de dire qu'on a kiffé !

.

Cette équipe allemande est impressionnante dans tous les compartiments du jeu même Gomez touche finalement des ballons et en fait bon usage. Ce qui devait arriver arriva. Même lorsque votre défense est composée de Barzagli/Bonucci/Chiellini et protégée par Buffon, elle doit craquer face à cette Mannschaft. Gomez s’arrache, ouvre pour Hector qui centre pour Ozil, 1/0.

Le pire c’est que les allemands n’ont pas fini, ils continuent sur le même rythme. A ce moment-là, on se dit que les italiens sont morts et enterrés. Ceux qui passent devant notre zone du terrain ont les bras ballants, la tête baissée à la recherche d’un second souffle et sans doute aussi de leur moral… Et là, le miracle se produit.

Dans un mini-creux physique, les allemands reculent un petit peu pensant avoir déjà fait le boulot et démoralisé les italiens. Pourtant d’on ne sait où, la squadra retrouve de l’allant avec toujours Giaccherini capable de faire des différences sur son coté. Puis la conquête du ballon se fait plus féroce chez les azzuris. Ont-ils laissé passer la tempête ? Ils n’avaient sans doute pas les moyens de faire autrement. Mais toujours est-il qu’après le terrible ouragan allemand, la maison italienne est toujours debout et va même finir par revenir. Centre de Florenzi, grossière faute de main du pourtant parfait Boateng jusque là. Pénalty, le magnifique pied droit de Bonucci transforme : l’impossible d’il y a quelques minutes vient de se produire.

.

.

A ce moment précis, nous sommes sur un petit nuage, les mots « incroyable », « extraordinaire » ne cessent de revenir dans nos bouches en guise d’analyse définitive de ce match. La surprise sera donc relative de trouver des compte rendus mesurés dans la presse au lendemain du match. Le fait est, que du stade, voir la machine allemande était fou. Voir l’Italie trouver des ressources pour revenir l’était encore plus. Voir ces grands champions s’étriper au niveau auquel on les attend était « incroyable », « extraordinaire ». Le vrai haut niveau tactique, technique et mental. Plus le scénario dantesque.

Chaque ballon, chaque passe réussie, chaque récupération est le résultat d’un travail acharné demandant un effort extraordinaire à ces protagonistes. Juste avant le corner qui entrainera ensuite le pénalty, Florenzi était passé devant nous semblant à peine tenir sur ses jambes mais avec une détermination intacte. Et vous voulez nous faire croire que ça ce n’est pas un grand match ?

Les prolongations se poursuivent sur cet air d’apocalypse pour l’une des deux équipes. Aucune des deux ne méritent de sortir. Les allemands ont été tellement bons, les italiens tellement persévérants. L’intensité psychologique est à son apogée, le plaisir suit forcément pour nous. Puis viennent les tirs aux buts.

Vous connaissez la suite, les symboles se répètent : le meilleur gardien du monde contre le plus beau. Puis Zaza, le poteau, l’espoir d’un coté puis de l’autre, Darmian, Neuer, Hector, la course du gardien du Bayern, les larmes de Gigi. Quelle magnifique tragédie !

.

APP était au stade pour Allemagne/Italie et vous raconte tout. Dantesque, incroyable, épique... C'est peu de dire qu'on a kiffé !

.

Bien sûr, notre cœur avait été volé par ce diable de Conte qui avait transformé la Squadra en merveille de football collectif pourtant comment ne pas être admiratif de cette Mannschaft ? La bataille de Bordeaux a été remporté à l’arrache par l’Allemagne qui doit désormais se préparer avec une armée décimée à affronter l’hôte français. Les italiens sortent de l’Euro mais laisseront un souvenir impérissable à tous les amoureux de football. APP en première ligne avec la satisfaction éternelle de les avoir vus au cour d’un match épique. Il est l’heure de rentrer, finalement l’Euro c’est pas si mal… #DestinationEuro qu’ils disaient !

Auteur : Mourad Aerts

Joue en troubadour sur tout le front de l'attaque. Amoureux du foot et de ce qu'il représente partout dans le monde

Vous avez aimé cet article ? Partagez-le !

Les derniers articles de la catégorie Euro 2016

Plus dans Euro 2016
Aujourd'hui, c'est Charles Chevillard qui nous raconte ses souvenirs d'Euro !
Souvenirs d’Euro… Avec Charles Chevillard

En ce jour sans football c'est Charles Chevillard (@CharlesCHT)  qui va nous raconter ses souvenirs et nous parler de l'Euro...

gascoigne-angleterre-1996
Souvenirs d’Euro… Avec Guy Truite

Nous entrons déjà dans la dernière semaine de l'Euro 2016 et après avoir vécu la belle qualification française en demi-finale, nous...

Islande par-ci, Islande par-là et si finalement cette équipe était comme ton amour de vacances ?
L’Islande, cette amourette de vacances

Dans quelques heures l’équipe de France affrontera donc l’Islande, la surprise de cette compétition (avec le Pays de Galles dans...

Fermer