Au rythme de Ronnie

27
février
2018

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Catégorie : Am. Sud / L'art du football

Ronnie

Génie du ballon rond pour certains, artiste incompris pour d’autres, Ronaldinho a bercé les années 2000 et illuminé certains matchs d’un simple geste technique dont il avait le secret. Hommage à la carrière du brésilien tout en musique pour les plus mélomanes d’entre nous.

Dansons sous la pluie

Ronnie fait ses débuts au Grêmio Foot-Ball Porto Alegrense. Pas vraiment un hasard puisque, comme la chanteuse populaire Elis Regina, le brésilien est originaire de la capitale de l’État du Rio Grande do Sul. A l’heure de la démocratisation du football télévisuel, les plus gros clubs européens ne tardent pas à faire les yeux doux au prodige brésilien. Cependant il confirmera son talent sur les terrain brésilien en martyrisant des adversaires (pensée à Dunga) sans doute heureux de le voir s’échapper pour l’Europe à l’aube du XXIème siècle.

Águas de Março est une composition d’Antônio Carlos Jobim et dont l’interprétation avec Elis Regina est devenu un classique de la « bossa nova » brésilienne. Elle évoque la période de précipitation qui sévit fin mars sur les terres brésiliennes.

 

 

Immigration des temps modernes

Ronaldinho débarque au Paris Saint-Germain de façon quelque peu controversé. En effet en 2001 le PSG n’étant pas le mastodonte qu’on peut connaître aujourd’hui, la décision de rejoindre la capitale française surprend les observateurs. Pourtant le brésilien va devenir la star incontestée du Parc des Princes. Quelque peu esseulé dans cette formation qui ne peut assumer un tel talent technique, Ronnie laissera un souvenir impérissable au football français malgré une histoire qui se termine moyennement avec son entraîneur Luis Fernandez.

Comme Ronnie, Oxmo Puccino est un immigré dans la capitale française, bien qu’il y soit arrivé à l’âge d’un an dans son cas. Et tout comme le brésilien il va éclabousser Paname de son talent. Son titre Perdre et Gagner, issu de l’album Lipopette Bar, illustre parfaitement ce qu’a représenté l’expérience parisienne pour le fantastique brésilien.

 

 

Idylle barcelonaise

Promu au rang de star après son passage au PSG et son sacre mondial avec la Seleção, Ronnaldinho cherche dorénavant une équipe avec laquelle il pourra étoffer son palmarès européen. Dans l’objectif de remporter les plus grands titres, Ronnie s’engage avec le F.C. Barcelone où il va désormais côtoyer le gratin européen. Durant les trois premières années le brésilien va fréquenter les cieux avec en point d’orgue la fameuse ovation du Santiago-Bernabéu un soir de clasico. Elie Barth rapporte au lendemain de la déroute madrilène que « les 80 000 spectateurs ont alors mis en sourdine les quolibets adressés à leurs héros à terre pour applaudir l’attaquant brésilien » (1).

Le groupe barcelonais Giulia y Tellarini est convaincu qu’on continuera à aimer une personne dont on est tombé amoureux même si elle venait à changer dans leur titre Loko Amor issu de l’album L’Arrabbiata. Soyez en persuadé, Barcelone est toujours amoureuse de Ronaldinho.

 

 

Le ballet de San Siro

Menant un train de vie exubérant, Ronnie ne pu échapper aux problèmes physiques lié à son hygiène de vie ce qui précipita son départ du F.C. Barcelone. Cependant le ballon d’or 2005 garde une très bonne cote d’un point de vue marketing et c’est le Milan A.C. De Silvio Berlusconi qui se positionne en tant qu’opportuniste. Peu épargné par la presse people et considéré cramé par la plupart des observateurs, le brésilien va éclairer un Milan A.C. vieillissant. Malgré qu’il soit flagrant que le natif de Porte Alegre ne puisse plus tenir l’intégralité d’une rencontre sous haute intensité, le génie lui n’a pas disparu. Toujours aussi créatif dans sa façon de voir le football, les supporters milanais viennent en espérant avant tout admirer un geste du Gaúcho sur la pelouse de San Siro.

La Symphonie fantastique, Op.14, H 48.2 composée par Hector Berlioz et interprétée par la Chicago Symphonie elle-même dirigée par le milanais Claudio Abbado rappel toute l’élégance et la virtuosité du spectacle offert par le soliste brésilien.

 

 

Retour de l’enfant prodigue

Alors que la pression médiatique en Europe est pesante pour Ronnie, il décide de rentrer au Brésil malgré les ponts d’or qui lui auraient été offert en Chine ainsi que dans les pays du Golfe. Ce retour au Brésil c’est aussi l’assurance d’arriver en terre conquise pour lui et de s’assurer un climat favorable dans lequel évoluer. La star se mue alors en divinité que ce soit pour le Clube de Regatas do Flamengo ou bien le Clube Atlético Mineiro. Dans ce dernier il garnit même son palmarès d’une Copa Libertadores en 2013. Ses deux dernières piges, au Mexique tout d’abord puis suivi d’une tentative à Fluminense, sont pour le moins anecdotique. Une chose est certaine pour Ronnie si, comme tout sportif de haut niveau, son physique a eu raison de lui, son génie reste quant à lui immortel.

Oxóssi (tiré de l’album éponyme) est une de ces sambas chanté par Aline Calixto qui nous fait instantanément voyager au Brésil. Cette divinité africaine lié à la chasse et dont le culte est très persistant au Brésil peut facilement nous faire penser à un gamin de Porto Alegre qui est devenu une idole dans son pays.

 

 

(1) Ronaldinho éclipse les stars du Real Madrid, Elie Barth, Le Monde – le 22.11.2005

Auteur : Leo Dellier

La passion a débuté au stade Léon Bollée, elle demeure intacte aujourd'hui.

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