Une attaque retrouvée mais toujours pas d’équipe type

16
octobre
2013

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Catégorie : Coupe du Monde 2014 / Équipe de France

2 matchs 2 victoires 9 buts inscrits. Ça faisait longtemps que les Bleus n’avaient pas tant séduit. Pourtant rien n’est acquis et le mondial est encore loin

Deux matchs, deux victoires et neuf buts inscrits. Ça faisait longtemps que l’équipe de France n’avait pas tant séduit ses fans. Mais attention, même si elle nous a gratifiés de deux bonnes performances, rien n’est acquis et le mondial est encore loin. Point par point, APP revient sur les enseignements de ces deux rencontres internationales.

Le 4-2-3-1 plutôt que le 4-4-2

Après avoir longtemps tâtonné pour savoir quel schéma tactique était le plus approprié pour l’équipe de France, Deschamps semble avoir fait son choix.  Exit le 4-4-2, ce sera le 4-2-3-1. Il en ressort donc que Benzema et Giroud ne seront jamais alignés ensemble. L’attaquant d’Arsenal s’en fait une raison : «Je pense que je serais un menteur si je disais qu’on est meilleur en 4-4-2», a-t-il annoncé à la presse, lucide. Ce schéma utilisé face à l’Australie et la Finlande offre beaucoup plus de solution dans l’animation offensive, avec un seul attaquant axial, deux ailiers et un milieu créateur à la baguette. Ce dernier poste sera occupé par Valbuena ou Nasri.

Derrière le duel Giroud-Benzema, une attaque retrouvée

Ces derniers temps, Deschamps a décidé de faire confiance à Giroud pour occuper la pointe de l’attaque. Depuis trois matchs, le longiligne avant-centre, étincelant depuis le début de saison à Arsenal a été préféré à Benzema. En manque de réussite face à la Olivier Giroud, Karim Benzema, la concurrence fait rageBiélorussie, il a répondu présent face à l’Australie avec un doublé et face à la Finlande en provoquant le but contre son camp d’un défenseur. Benzema, transformé en joker de luxe, a fait le métier lors des deux dernières rencontres avec un but à chaque fois. Le madrilène a par la même occasion mis fin à une période de 1222 minutes sans buts sous le maillot Bleus.

Tous deux décisifs, aucun ne peut donc prétendre à une place de titulaire en puissance. Et derrière ce «duel» pour l’occupation du poste, c’est toute une attaque qui s’est retrouvée. Apathique offensivement depuis quelques matchs, l’équipe de France a inscrit pas moins de treize buts en trois matchs. Le tout, avec sept buteurs différents.

Pas d’équipe type, mais une colonne vertébrale

S’il  a trouvé son schéma de jeu, DD n’a pas encore d’équipe type. Reparti de zéro ou presque en 2012 après avoir remplacé Blanc, le sélectionneur tâtonne encore. A ce jour, avoir onze joueurs qui se dégagent sans aucune contestation possible relève de l’utopie. Mais petit à petit, l’ancien entraîneur de Marseille à au moins trouvé une colonne vertébrale. Certains joueurs se sont imposés naturellement pour former le cœur du jeu, l’épine dorsale des Bleus. Dans les buts, Lloris, le capitaine a définitivement relégué Mandanda au rôle de faire-valoir.  En défense centrale, Varane, laissé au repos face à la Finlande dans un match sans enjeux parait indéboulonnable malgré son jeune âge. Même constat pour Pogba qui devrait être aligné en compagnie de Matuidi ou Cabaye pour former la paire de récupérateur. Et offensivement, Ribéry, dans une forme olympique est le dépositaire du jeu français et est irremplaçable.

Une Ribéry dépendance ?

Le joueur du Bayern Munich vise le Ballon d’Or, c’est une certitude. Son palmarès de la saison dernière (triplé Ligue des Champions, Championnat d’Allemagne, Coupe d’Allemagne) le place clairement parmi les favoris. Il ne lui manquait plus que reproduire ses Franck Ribéry, indispensable aux Bleus ?performances munichoises sous le maillot de la sélection française. C’est chose faite ! Avec quatre buts et sept passes décisives en neuf matchs, l’ancien marseillais est le principal atout de l’attaque des Bleus. A chaque fois, c’est lui qui lance les siens avec un penalty contre l’Australie et un missile en lucarne contre la Finlande. Sans lui, la France n’en serait peut-être pas là aujourd’hui. La question de son absence pour quelconques raisons peut donner des sueurs froides à Deschamps.

Cette omniprésence de Ribéry, conjugué à l’absence de titulaire indiscutable au poste d’ailier droit fait pencher le jeu à gauche. Ce déséquilibre rend le jeu des Bleus beaucoup plus prévisible et si une équipe réussi à isoler correctement Kaiser Franck, le rendement de l’attaque pourrait en pâtir…

Une absence de leader charismatique

Ribéry est donc le leader technique de cette équipe. Mais quid du leader mental ? Qui pour remonter les troupes, passer une soufflante ou insuffler un sentiment de révolte quand cela ne va pas ? A priori personne. Le munichois, suite de ses récents déboires sous le maillot tricolore (Knysna, Zahia, mauvaises performances,…) n’a pas la légitimité pour prétendre à ce poste. Même constat pour Evra, capitaine déchu de la Coupe du monde 2010. Lloris est un capitaine par défaut : sa timidité et surtout son poste sur le terrain ne jouent pas en sa faveur. Les autres ne sont pas des titulaires en puissance (Debuchy, Cabaye) ou ne veulent pas vraiment du brassard (Abidal).

L’avènement de Pogba et Varane pourrait à l’avenir changer les choses, mais encore trop jeunes et inexpérimentés, le costume pourrait être trop grand pour eux. Vu leurs performances, cela pourrait rapidement évoluer.

Non tête de série pour les barrages

On s’en doutait un peu. C’est sur depuis mardi soir. L’équipe de France ne fera pas partie des quatre têtes de série lors du tirage au sort des barrages, lundi prochain. Parmi les huit barragistes, la France présente le cinquième meilleur classement FIFA, seulement un point derrière l’Ukraine, quatrième barragiste le mieux classé. Ce statut de non tête de série compliquera la tâche des français qui devront se défaire du Portugal, de la Croatie, de la Grèce ou de l’Ukraine. A qui la faute? Selon la fédération française c’est à cause de l’UEFA qui a un mauvais système de calcul des têtes de série. Les Bleus, qui étaient dans un groupe de cinq équipes au lieu de six, ont joué deux matchs officiels de moins et s’estiment lésés. La FFF a d’ailleurs entamé un recours auprès de la plus haute instance européenne de football pour que ce mode de calcul soit modifié. Mais la FIFA n’a rien voulu savoir, rien ne changera.

Mais, alors que tout le monde savait depuis longtemps que la France devrait passer par les barrages, pourquoi aller jouer des matchs amicaux ultra-compliqués face au Brésil et l’Uruguay ? Cette tournée sud-américaine s’est soldée par un fiasco : deux défaites, zéro but inscrit et des places de perdues au classement FIFA. C’est sans doute là que s’est jouée la place de tête de série en barrages…

L’opinion publique aime de moins en moins nos Bleus

Depuis Knysna, l’équipe de France jouit d’une cote de popularité au ras des pâquerettes. Encore aujourd’hui, Selon un sondage, 82% des français expriment haut et fort leur désamour envers l’équipe de France. Pas sympathiques, trop payés, individualistes, grossiers ou encore pas talentueux, le français lambda n’a aucune honte à égratigner son joueur de foot. Autrefois considéré comme une source d’identification, le footballeur est aujourd’hui la personne à ne pas copier, et ce, malgré les nombreuses campagnes de communication de la FFF visant à recréer un lien de proximité avec les supporters.

Même si la véracité de ce sondage est sans doute à remettre en cause, car trop orienté pour être juste, le désamour de la population française  envers ses footeux est trop important pour ne pas s’en inquiéter.

Halte à l’enflammade !

On vous voit venir de loin, bande de chenapans : «Neuf buts en deux matchs, l’équipe de France est lancée, c’est sûr, elle va se qualifier tranquillement en barrages et faire une superbe coupe du Monde»! STOP ! Restons calme. Il n’y a aucune raison de chanter sur les toits. La Finlande et l’Australie sont loin d’être des terreurs de la planète football. Aussi, malgré le festival de buts, le jeu n’a pas toujours été au rendez-vous. Notamment contre les Finlandais, où, en début de deuxième mi-temps, l’égalisation était proche à plusieurs reprises. La défense centrale Koscielny-Abidal n’a pas non plus rassuré dans ces moments de flottements.

Tant de raisons (et bien d’autres encore) pour rappeler que le mondial est encore loin. Avant, il y a les barrages, qui ne s’annoncent pas être une partie de plaisir. Oui, aller voir les brésiliennes en bikini sur les plages de Copacabana n’est encore qu’un doux rêves que la troupe de Deschamps ferait bien de réaliser.

Auteur : Antoine Raguin

Antoine, aspirant journaliste, amoureux de football et de sports en général et nostalgique de Zizou.

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