Arsenal, l’art de la formation (2/2)

06
septembre
2012

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Catégorie : Europe

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Deuxième partie de l’article sur l’art du management d’Arsène Wenger et plus particulièrement sur la partie depuis 2004 à nos jours, de sylvain Wiltord en passant par RVP ou encore Chamakh.

2004-2007 : Une nouvelle génération

Fin 2004, certains cadres sont sur le déclin. Bergkamp n’a plus ses jambes de 20ans, Wiltord et Pires atteignent la trentaine, Viera commence a se lassé et Wenger entame sa huitième saison sur le banc du club. Il décide progressivement de rajeunir son équipe. Van Bronckhorst, 28ans et Pennant, 23, n’auront jamais convaincu et sont transférés (Barcelone et Birmingham), Wiltord (30ans) ne verra pas son contrat renouvelé et file a Lyon, Kanu (28 ans), quitte le club gratuitement lui aussi. Au total, Arsenal ne récupère qu’un petit million d’euros, sur les quelque 38 millions investis, autrement dit, une sacrée perte, surtout au vu des performances de ces mêmes joueurs dans les années qui suivent. Qu’à cela ne tienne, Wenger recrute le jeune ailier de Séville José Antonio Reyes, l’Ivoirien Emmanuel Éboué de Beveren (Belgique) et le talentueux Robin Van Persie a Feyenoord. Tous les trois ont 21ans au passage…

En 2005, c’est au tour de Viera (28ans) de plier bagage, il retourne en Italie, à la Juventus, contre 20 M€ (acheté 5 M€ dix ans plus tôt). Arsenal réinvestit la somme en signant le jeune Alex Song de Bastia (19 ans), Emmanuel Adebayor (22ans), auteur d’une saison très prometteuse a Monaco, et d’Alexander Hleb de Stuttgart (24ans), talentueux meneur de jeu. Cette année-là, Arsenal laissera le titre aux hommes d’Alex Ferguson.

Changement réussi, puisqu’Arsenal perd en finale de Ligue des Champions en 2006, mais séduit par son jeu rapide et fluide, et son effectif composé de jeunes joueurs très prometteurs.

Arsène Wenger continu son changement l’année qui suit. Robert Pires (32 ans) est laissé libre et signe en Espagne (Villareal), l’emblématique Ashley Cole se laisse tenté par les millions du néo-riche Chelsea et est transféré contre 7,5 M€, et Reyes n’arrive pas a s’adapter en Angleterre, et repart a l’Atletico Madrid contre 12 M€. À l’inverse, Arsenal recrute à Sao Paulo le jeune prodige brésilien Denilson (18ans), et son compatriote du Dinamo Zagreb Eduardo (24 ans). Et pour ne rien changer a ses habitudes, Wenger fait venir un jeune français de l’AJ Auxerre, Bakary Sagna (24ans).

2008-2010 : Début des soldes…

Comme en 2000, Barcelone fait une razzia sur Londres. Ils repartent avec Thierry Henry et Alexander Hleb contre 45 M€. C’est la fin d’une icône. Thierry Henry, l’éternel buteur qui aura marqué l’histoire du club s’en va. On pense même que Wenger ne s’en remettra pas. L’année suivante, en 2009, Arsenal perd deux cadres, encore, cette fois-ci au profit d’un concurrent direct, Manchester City. Ils échangent Kolo Touré et Adebayor contre un chèque de 47 M€.

Ces quatre ventes vont rapporter gros au club : les quatre joueurs ont été achetés pour 42 M€, ils repartent pour plus du double ! Une sacrée affaire pour les finances du club, un peu moins pour Arsène Wenger, qui n’a plus remporté de championnat depuis 2004, et dont la côte commence à baisser.

Tant pis, Wenger réinvestit la moitié de la somme reçue et va chercher en 2008 Samir Nasri a Marseille (21 ans), Andrey Arshavin (28 ans) au Zenith et le très peu connu Thomas Vermaelen de l’Ajax (24 ans) en 2009. En 2010, Laurent Koscielny (24 ans), défenseur de Lorient est recruté, et Chamakh est chipé a Bordeaux en fin de contrat. Débute alors une nouvelle ère pour Arsenal, Wenger doit reconstruire…

2011-2012 : Deuxième démarque

2011 est marqué par l’éclosion du richissime club de Manchester City. N’hésitant pas à verser de véritables fortunes à ses joueurs, le club séduit. Il séduit à tel point que même les plus emblématiques craquent. Exemple est fait avec Samir Nasri et Gaël Clichy, tout deux vendus pour 36 M€. Wenger semble effondré, ne pouvant, et ne voulant pas lutter face aux millions. Il réclame alors le fair-play financier, pour mettre tout le monde sur le même niveau, et ainsi espérer pouvoir concurrencer ses rivaux. Mais la plus grande désillusion vient de son tout jeune meneur de jeu, à qui Wenger avait confié l’équipe. Le jeune Cesc Fabregas veut gagner des titres, et pour ça, rejoindre son club formateur, le FC Barcelone, qui enfile les titres comme des perles. Wenger essayera de le retenir, mais en vain, Fabregas est transféré au Barça contre 34 M€, soit dix fois plus qu’il n’a été acheté.

Arsenal tente alors un recrutement audacieux, en signant Per Mertesacker du Werder Brême, André Santos de Fenerbahce, Arteta d’Everton ou Gervinho de Lille. Wenger paraît avoir changé sa politique de recrutement, en choisissant des joueurs plus expérimentés, ayant plus de temps de jeu. Une stratégie qui s’avère coûteuse, mais qui s’impose comme la seule permettant d’avoir une équipe formée dès leur arrivée au club.

Cette année, en 2012, le capitaine des Gunners, surprend tout le monde, en signant chez le rival éternel, Manchester United. Arsenal accepte de céder Alex Song au Barça, se libérant d’un poids difficile, le joueur étant dur a géré. Ils les remplacent par Giroud, Cazorla et Podolski. À l’image de l’année dernière, on préfère des joueurs déjà formés, facilitant leur intégration.

Arsène Wenger, une philosophie en danger ?

S’il était réputé pour sa capacité à dénicher les jeunes potentiels, Arsène Wenger semble avoir totalement changé de politique. Ces deux dernières années, on a pu noter que les joueurs arrivant au club étaient déjà « aguerris » et ne manquait pas d’expérience. À titre de comparaison, entre 1996 et 2010, la moyenne d’âge des joueurs achetés était de 22ans. Depuis deux ans, cette moyenne a sensiblement augmenté à 26ans.

Wenger, dont le dernier titre remonte a huit ans semble menacé, et a besoin de résultats très vite. Et c’est peut-être pour cela qu’il ne peut plus perdre de temps dans la formation des joueurs.

Arsenal symbolise le club « formateur » de stars par excellence. Le club s’appuie sur une philosophie de recrutement peu onéreux pour des ventes qui dépasse le double de l’achat. Parmi les plus célèbres, on y trouve Overmars, recruté pour 7 M€ et revendu 39 M€, Fabregas acheté 3,5 M€ et revendu 34 M€, ou encore Kolo Touré, acheté à peine 200 000€ et revendu 18 M€, soit presque 100 fois plus !

Il faut aussi dire que cette politique échoue fréquemment aussi. Arsenal s’est aussi cassé les dents sur des joueurs qui semblaient prometteurs, mais qui n’ont pas réussi à percer comme Reyes (-13 M€), Eduardo (-7 M€) ou encore Arshavin (-10 M€)…

 

Auteur : Maxime Coutant

Ex-Footballeur mais toujours autant assidu ! Admiratif du beau jeu et de la technique.

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