Arnaud Bonnin (CANAL+) : “Travailler sur l’Équipe du Dimanche, un vrai plaisir”

07
octobre
2013

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Catégorie : Interview

ARNAUD SERRE 3

Appliqué, talentueux et discret, le journaliste Arnaud Bonnin (27 ans) constitue avec Nicolas Tourriol, Frédéric Roullier, Clément Cotentin ou encore Amandine Morhaïm, la relève du service des sports de CANAL+. Spécialiste de tennis et de football pour la quatrième chaine, il a accepté de se livrer pour Au Premier Poteau. Exclusif. 

“Comment as-tu débuté dans le milieu ?

Je faisais une licence à Sciences Po Toulouse, et je doutais encore de mes aspirations professionnelles. J’ai donc commencé dans un petit magazine mensuel auvergnat (je suis originaire de la région), où j’ai été stagiaire pendant huit mois. Mon premier vrai contact avec la profession. Je suis ensuite entré en Master au CFJ, donc j’ai pu faire des piges à l’Equipe TV, notamment lors de la deuxième année. Puis j’ai participé au concours « Le Grand Match » …

… que tu as remporté. Tu en étais d’ailleurs le premier lauréat. En quoi consistait-t-il ?

Oui. En fait, c’est un concours qui permet aux étudiants en Master 2 des 13 écoles de journalisme en France d’entrer à Canal+. La première étape consiste en la réalisation d’un reportage. Pour la seconde, tu vas dans les locaux de la chaîne cryptée pour faire des tests de présentation, du «desk», etc. De toutes ces épreuves ressortent quatre finalistes, qui passent devant un jury composé de Cyril Linette, de la directrice des ressources humaines de Canal+, et d’un parrain qui change tous les ans. Et qui dans mon cas, était Hervé Mathoux. J’ai remporté le concours, et j’ai pu signer un CDD d’un an dans la rédaction sport de Canal+, qui au bout d’un an est devenu…un CDI ! Dire qu’une semaine après avoir terminé l’école, j’avais un contrat… Je me rends bien compte de ma chance !

Tu en parles encore avec Rémi Vorano ou Frédéric Roullier (lauréats 2011 et 2012 et tous deux journalistes Canal+, ndlr) ?

Oui ! Aussi avec Rudy Flochin (vainqueur 2010). Déjà, je leur rappelle fréquemment que je resterai à jamais le premier vainqueur, quoi qu’ils fassent (rires). On travaille d’ailleurs ensemble dans la même cellule de la rédaction des sports, celle du reportage. On bosse ensemble sur Intérieur Sport, l’Equipe du Dimanche en passant par le Canal Football Club…. On a donc tous, de très bonnes relations.

Le tennis est donc ton sport préféré, d’après ce que j’ai compris.

Oui, j’y joue depuis que j’ai 7-8 ans. J’y ai joué de façon très intensive jusqu’à 16-17 ans, en faisant beaucoup de tournois dans les catégories jeunes. Mais j’ai choisi de privilégier mes études, ne me trouvant pas assez performant pour poursuivre une carrière professionnelle. Mais je continue de jouer, et je suis énormément l’actualité de la balle jaune. Forcément (rires).

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Tu as donc co-présenté Wimbledon sur CANAL+ (en plateau avec Isabelle Ithurburu). C’était une première pour toi sur la chaîne premium ?

Oui, double première ! Avant j’assurais surtout les continuités plateau sur Sport+, puis sur Canal+Sport pour les rendez-vous tennis. Donc double, car c’était la première fois que je faisais de la co-présentation, et c’était ma première « prestation » sur la Premium. Par contre, voici une confidence : au départ, Isabelle devait présenter l’émission en solo. Je devais plutôt apparaître de temps à autre, pour apporter la palette ou des éléments plus techniques. Il y aura deux raisons qui expliqueront cet ajustement : la première étant qu’il était plus agréable pour le téléspectateur d’avoir deux personnes à l’écran, vu le plateau qui avait été choisi. Isabelle Ithurburu a aussi reconnu que vu qu’elle maîtrisait moins le tennis (même si elle a beaucoup travaillé par ailleurs), il était mieux que je sois tout le temps présent. Notre duo fonctionnant plutôt bien, il a perduré.

Et, en plus Marion Bartoli s’impose…

… et je reconnais qu’on a vraiment eu de la chance. Après la première semaine, quand on voit Nadal et Federer qui sortent, Tsonga qui abandonne, on a vraiment eu peur de s’ennuyer lors de la seconde. Et puis il y a eu l’épopée Bartoli. Son travail physique avant la quinzaine et la complicité de son jeu avec le gazon ont fait la différence, tout simplement. Elle a parfaitement joué le coup, en maîtrisant parfaitement la pression et ne sous-estimant pas les rookies du circuit. Cela a vraiment été une belle fin de tournoi, si on prend également en compte le triomphe de Murray. La finale victorieuse de la Française contre Lisicki est d’ailleurs la meilleure audience d’un match de tennis féminin sur CANAL+.

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Comment expliques-tu donc cette soudaine retraite ?

Il n’y a pas plus travailleuse qu’elle. Et comme pendant longtemps personne n’a cru en son potentiel, elle connaît le sens de ce mot mieux que beaucoup de gens. Elle tout simplement en avoir marre. C’est d’ailleurs dommage car elle a une intelligence tennistique et une coordination de corps au-dessus de la moyenne. Cela se voit sur ses retours : elle lit particulièrement bien les trajectoires, et en fait elle prend la balle beaucoup plus vite que les autres grâce à ça, ce qui lui permet de compenser une faiblesse certaine question vitesse de course. Donc le Bartoli-bashing, c’est vraiment facile…. Elle n’était surtout pas là par hasard, donc on aurait dû plus se réjouir d’avoir une telle championne en France. Mais sa carrière semblait malheureusement lui coûter beaucoup, beaucoup d’énergie.

Je ne sais pas si Isabelle Ithurburu est spécialiste, mais dans le cadre de la quinzaine londonienne elle s’en est remarquablement tirée.

Elle ne l’était pas forcément. Mais par ailleurs, je trouve que ce qui était intéressant dans notre duo c’était qu’on était très complémentaires : elle est habituée à la machine Premium, elle est hyper à l’aise, et moi ce qui pouvait me manquer c’était l’aisance ; mais sur le fond, je savais que j’allais pouvoir me débrouiller, et même si elle a travaillé, elle ne maîtrise pas au détail près la discipline. En plus, elle n’a pas cherché à monopoliser l’antenne, ni à faire d’ego. Elle m’a laissé la place dont j’avais besoin pour m’exprimer, je lui en suis d’ailleurs très reconnaissant. C’est grâce à ça que cela s’est bien passé je pense.

En parlant de journaliste sportive, Agathe Roussel a été la grande absente de cette édition à l’écran.

Absente à l’écran… mais indispensable à tout le fonctionnement de cette quinzaine ! Vraiment, car c’est elle qui a piloté l’émission. C’est aussi elle qui a poussé pour que je sois présent à l’écran, et qui avait ce vœu là. Donc je lui dis merci. Je comprends que ses interviews londoniennes aient pu manquer à l’antenne. Et quand on parle d’aisance, eh bien ! Elle maîtrise son truc. Elle est tellement facile qu’on le lui a d’ailleurs parfois reproché. Après, il y avait des besoins au niveau des postes à responsabilités donc elle est désormais rédactrice en chef adjointe de l’omnisport. Ce qui est drôle, c’est que même les joueurs semblent la regretter.

Fais-tu du commentaire de temps à autres ? Et pour quels sports ?

Pour le tennis, oui.  C’est le seul sport que je commente : j’ai fait pour le moment les tournois de Montréal, de San José et de Cincinnati. Ce n’est tout de même pas mon activité principale. J’adore le reportage, domaine dans lequel je suis le plus actif. Quand tu peux te déplacer au Groenland sur le très particulier championnat de foot local, au Kurdistan pour la coupe du monde des pays non reconnus par la FIFA (la Viva World Cup, ndlr) … Moments rares et assez exceptionnels! Mais je préfèrerais même peut-être… la présentation : j’aime bien ce stress, cette concentration, cette adrénaline et le « jeu » que ça peut représenter. Après comme je n’ai pas encore commenté de matches vraiment grisants… Peut-être une finale d’ATP 250, mais il me semble que c’était un match moyen. Donc peut-être que je pourrais changer d’avis un jour.

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Personnellement, je t’avais découvert via divers reportages dans l’Equipe du Dimanche, il y a déjà un an ou deux. Cela en est donc terminé ?

Cette année, ce sera moins le cas je pense. Car je travaillerai surtout l’émission mensuelle d’investigation d’Astrid Bard cette saison. Comme ce sera plutôt des formats longs, ça prendra déjà pas mal de temps. Et si du temps se dégage, je serai plutôt sur le Canal Football Club ou Intérieur Sport. On essaie aussi à l’EDD d’avoir un reporter par pays, de façon plus identifiée : Marc Sauvourel pour l’Angleterre, Rémi Vorano sur l’Italie et Rudy Flochin sur l’Allemagne. Mais ça reste un programme que j’aime bien, pour le ton de Thomas (Thouroude) bien sûr, et faire des reportages pour cette émission c’est vraiment sympa. J’avais notamment travaillé sur le reportage This is London en fin de saison passée et j’avais vraiment apprécié.

Quelles sont les prochaines échéances tennis sur C+ ?

Trois grands tournois : Paris-Bercy et Shanghaï, et le Masters (qui élira domicile à Londres cette année). On est assez fiers de posséder dans notre catalogue Paris-Bercy, qui est un des évènements phares de la discipline en France. On travaillera donc à le mettre en valeur au mieux.”

Propos recueillis en exclusivité pour Au Premier Poteau par Bruno AHOYO

Auteur : Bruno Ahoyo

Journaliste. Belge. J'adore le sport, l'histoire, la culture et les médias.

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