APP au stade : Olympique de Marseille-Athletic Bilbao

11
mars
2018

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Catégorie : APP a vu / Dossiers supporters

om-bilbao-drapeau

Ne dépassant jamais les 30 000 personnes, l’affluence du Stade Vélodrome faisait pâle figure au moment de recevoir des matchs européens. Bien que les équipes affrontées par l’OM en ce début de compétition ne laisse pas rêveur, force est de constater que ces dernières sont au niveau de l’OM au vu des résultats obtenus en phase de poules.

Mais depuis cette bien morne campagne de poules d’Europa League, la situation du club phocéen a bien changé. Sérieux prétendant au podium (voire plus) en Ligue 1, vainqueur 3-0 de Braga à domicile en seizièmes de finale, c’est donc avec une certaine hauteur que les Marseillais s’apprêtent à affronter Bilbao.

Une atmosphère sereine avant un match au Vélodrome ? Certainement pas. Car au-delà de ces joyeux constats arithmétiques, l’OM sort d’une série de 4 matchs sans victoire dont 2 cinglantes défaites contre l’ennemi parisien et un match nul acquis bien difficilement face à Nantes.

C’est donc dans cette ambiance quelque peu ambiguë que l’Olympique de Marseille reçoit l’Athletic Bilbao, l’un des rares clubs à avoir eu le bonheur d’être coaché par Marcelo Bielsa.

Moqué et tancé par la faiblesse de son affluence en Ligue Europa, le peuple marseillais se ressaisit quelque peu et c’est plus de 35 000 spectateurs qui sont annoncés en ce soir de huitièmes de finale de Coupe d’Europe.

Il est 20h00, la nuit est tombée, les compositions d’équipes également. Le stade se remplit. Les joueurs s’échauffent et les premiers chants s’élèvent du virage. C’est par le truchement d’un chaleureux « PUTA BILBAO » rythmé que le Virage Sud donne le ton d’une soirée endiablée.

21h05, le coup d’envoi est donné, les olympiens se savent attendus. Mais alors que les derniers spectateurs n’ont pas encore pris place, Maxime Lopez brise le milieu bilbayen d’une accélération limpide puis se retrouve au cœur d’un une-deux avec Flo Thauvin qui servira sur un plateau Lucas Ocampos ouvrant le score d’un extérieur subtil. A l’autre bout du stade, les Ultras du Virage Sud mettent quelques secondes supplémentaires pour voir le ballon franchir la ligne et ainsi déclencher le premier pogo de cette sublime soirée.

1-0.

Festive, l’ambiance tourne au volcanique quelques minutes plus tard. Sautant comme un seul homme dos à la pelouse, les membres du Commando Ultra ont à peine le temps de se retourner pour voir la sublime volée de Payet crucifier Herrerin et emporter le stade dans un élan de folie indescriptible.

2-0.

Mais au terme de quarante cinq minutes de pur bonheur, l’arbitre portugais de la rencontre, dans un foutoir inénarrable, et après de longues palabres avec les joueurs de Bilbao, se déjuge et accorde un pénalty au vétéran (et transparent) Aduriz. Bien loin de rafraîchir l’ambiance, ce joyeux bordel décuple les hurlements et plonge la surface olympienne dans une nuées de cris et de sifflets dotant le décor d’une rage enivrante.

2-1.

Au retour des vestiaires, la pression est palpable tant le score n’a rien de rassurant pour des marseillais devant se déplacer dans la « Cathédrale » de l’Athletic Club une semaine plus tard.

Dix minutes plus tard, Payet s’appuie sur Thauvin et offre un ballon délicieux à Ocampos qui fouette suffisamment le ballon pour pousser Herrerin à la faute et faire rouler péniblement la balle sur le poteau puis dans les filets, avec une vitesse si faible que le souffle du Virage Sud fut coupé le temps que le cuir achève sa lente procession.

3-1.

La suite, les mots manquent pour la décrire, les images aussi peut-être, tant les chants et les drapeaux bleus et blancs prédominent dans mon esprit durant les minutes restantes. Comme si la ferveur du virage avait pris le pas sur tout autre élément, y compris le scénario du match.

Pour finir, c’est tout un peuple qui a remercié ses vaillants soldats une fois le temps de la communion venu. C’est une belle bande de copains d’un soir, qui aura sauté, insulté, poussé, crié, sans relâche, pendant 97 minutes d’une rare intensité et d’un bonheur inégalable.

Jusqu’au prochain match au Vélodrome, évidemment.

Merci au Commando Ultra 84 pour son ambiance incroyable et à tous les supporters présents qui ont permis de frôler les 40 000 personnes et d’enfin donner fière allure à ce stade en Coupe d’Europe.

Liberté Pour Les Ultras !

Auteur : Evan Risch

Marseillais d'adoption, amoureux de Bielsa et du QI foot de Valère Germain

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